11/11/2007

Jean-Jacques Viseur (190707)

Entretien publié dans l'hebdomadaire "La Libre Match", le 19 juillet 2007

Jean-Jacques Viseur : « En matière d’éthique, Charleroi a déjà trois ou quatre ans d’avance sur les autres communes de Wallonie»

 

571046-696908Lorsqu’il reçoit à son domicile de Jumet, il prend un plaisir certain à montrer sa grande bibliothèque où, amoureusement, il a rangé la collection complète de La Pléiade : des centaines de livres écrits par les plus grands noms de la littérature française et étrangère. Proust, Malraux, Gide, Baudelaire, Montherlant, Saint-John Perse, Green, Yourcenar, Char, Gracq, lonesco, Hemingway, Kafka, Faulkner, Lorca… Impossible de les nommer tous. Et c’est Giraudoux que Jean-Jacques Viseur a choisi de citer récemment alors qu’il présentait le nouveau collège des échevins de Charleroi ! Atypique autant qu’inattendu, le nouveau bourgmestre de Charleroi a hérité d’une passion de la littérature transmise par sa mère, l’écrivaine Marie-José Viseur. Et à y regarder de plus près, sa trajectoire est d’ailleurs assez romanesque. A 7 ans, comme il s’en confie pour la première fois à La Libre Match, le petit Jean-Jacques en culottes courtes allait attendre son papa, Gustave, sur un vieux banc de l’hôtel de ville. Le siège est toujours là, mais plus le père de Viseur, dont la carrière de secrétaire communal a été cassée, fin des années 1970, par… André Van Cauwenberghe, le père de Jean-Claude. En 2007, peu de temps avant de ceindre l’écharpe maïorale, c’est Jean-Jacques Viseur qui vient de barrer la route à… Philippe Van Cauwenberghe.

 

- La Libre Match. Désormais, paraît-il, vous avez le sentiment d’être le « Paolo Maldini » de la politique communale de Charleroi ». Tout va bien ?

 

- Jean-Jacques Viseur. Très bien, je vous rassure. Cette comparaison avec le capitaine de l’AC Milan, un joueur que j’admire, me va très bien, en effet. Il est âgé et moi aussi : j’ai 60 ans. Toutefois, il est encore très présent sur le terrain, avec l’envie de jouer et une particularité : il ne cherche pas à être le plus brillant comme un jeune de 20 ans qui voudrait prouver sa valeur. Non, il préfère organiser l’équipe, donner des « assist ». Il joue collectif et, de cette manière, il met en valeur le talent des autres. Pour prendre une autre référence, je citerais aussi le Général de Gaulle, qui disait que « l’ambition personnelle est une passion enfantine ». Quoiqu’il arrive, je ne me présenterai pas aux prochaines élections en 2012, même pas à une position de combat si d’aventure mon parti me le demandait : je ne joue pas pour moi ou pour un parti, mais pour Charleroi. Mon ambition est de souder ce nouveau collège qui est révolutionnaire à plus d’un titre.

 

- Parce que sa mise sur pied sanctionne la fin de l’ère Van Cau ?

 

- Nous voulons, en effet, une vraie rupture, une césure totale, avec le passé. Toutefois, ce collège se démarque aussi par la présence de personnes jeunes et, parmi elles, de cinq femmes, pas moins. C’est une première en Wallonie. Dès à présent, cette nouvelle équipe ressent une très grande cohésion. Et c’est bien de cela dont Charleroi a besoin. En tant que doyen, j’insiste auprès de tous les échevins : « Pendant trois ou quatre ans, ne faisons pas de politique partisane… Vous aurez  encore un an pour revendiquer vos différences avant les élections communales. Jusque là, le défi est tel que nous sommes forcés de reconstruire Charleroi dans la solidarité la plus grande ».

 

- Qu’appréciez-vous particulièrement dans vos nouvelles fonctions ?

 

- Bien sûr le fait qu’au niveau local, on voit rapidement les effets des décisions que l’on prend. Mais ici, ce qui est encore plus passionnant, c’est qu’on est à l’an zéro de Charleroi. Après ce qui s’est passé, il y a une fierté et une dignité à retrouver, une crise à surmonter qui présente de nombreuses facettes : économique, sociale, morale… Pouvoir jouer un rôle dans cette renaissance, que peut-on rêver de mieux en politique ?

 

- Vous avez le sentiment de vivre un moment historique ?

- Un tournant, certainement. Mais pas seulement sur le plan politique. En termes de mentalité aussi. Nous sortons d’une période où régnait un machisme très désagréable au sein du conseil communal. Il n’y pas si longtemps, une mandataire Ecolo devait faire des interventions sous les lazzis les plus grossiers de membres du collège… J’en avais parlé au bourgmestre : « Ce n’est pas possible de traiter une femme comme cela !». Il s’était contenté d’un « Moi, je n’ai rien dit ». Et l’affaire était classée. Dans cette ville, des femmes journalistes ont été traitées de « pétasses ». Je veux rompre totalement avec ce passé. C’est pour cela aussi que l’équipe a été rajeunie et féminisée.

 

- N’êtes-vous pas le premier surpris de ce qui vous arrive ?

 

- Honnêtement, il y a trois mois, si un devin m’avait prédit que je deviendrais bourgmestre de Charleroi, je lui aurais conseillé d’aller consulter un psychiatre. Mais, vraiment, je ne vis pas cela comme un aboutissement. Je n’avais jamais rêvé à cette haute responsabilité. Même pas en me rasant le matin…

 

- Comme le maçon, vous êtes maintenant au pied du mur…

 

- C’est clair. Je suis dans une position où je ne peux absolument pas décevoir. Je considère que j’ai une obligation de résultat. Mais, attention : il n’y a pas de « sauveur » en politique ! C’est même dangereux de penser en ces termes-là dans une démocratie. Le pouvoir est un jeu d’équipe.

 

- Vous allez réconcilier les Carolos avec leurs responsables politiques locaux ?

 

- D’abord, les Carolos doivent se réconcilier avec eux-mêmes ! Avec leur ville. Il faut qu’ils reprennent confiance, qu’ils aient conscience que Charleroi est une métropole. Qu’ils n’aient plus peur que l’on se moque d’eux quand ils en sortent. Bref, qu’ils se sentent à nouveau Carolos et fiers de l’être. Ici, la fusion des communes, fin des années 1970, a été ratée. Il n’y a pas eu une identification comme celle constatée dans la Cité ardente où les gens ressentent tous ce sentiment d’être Liégeois.

 

- Mais les relations avec le monde politique ?

 

- C’est évident qu’il faut les moderniser. Celles-ci ne peuvent plus être articulées autour d’avantages, de faveurs que l’on donne et que l’on reprend… Fini le temps où certains payaient leur parking et d’autres pas ! Je veux restituer à l’autorité publique son rôle majeur : celui d’être le garant de l’égalité des Carolos devant la loi. Par ailleurs, le collège améliorera radicalement les services dans deux domaines : la sécurité et la propreté. A partir de là, on procédera à un véritable redéploiement urbain parce que cette ville n’a plus connu de grand projet urbanistique depuis quarante ans.

 

- Vous voulez faire de Charleroi « une ville modèle ». C’est très ambitieux…

 

- Pas du tout ! On a des idées et des atouts. Charleroi va être vraiment transformée. De toutes les villes européennes, on est celle qui a le plus d’espace consacré à la voiture. Eh bien, on va enterrer la voiture ! Par ailleurs, 80 % du sol carolo appartient au public : c’est dire que l’on pourra mettre en œuvre un véritable plan de développement urbain sur une superficie extraordinaire. On va attirer tous les urbanistes et les meilleurs architectes d’Europe ! Charleroi sera un terrain d’expérimentation et, bientôt, une ville modèle. Avec des bâtiments publics totalement isolés, parfaitement intégrés dans l’environnement, nous aurons valeur d’exemple. On doit faire de cette ville un idéal d’architecture du XXIe siècle. C’est un cercle vertueux qui commence : nous allons avancer en termes de sécurité, de propreté et de développement urbain, et les particuliers vont revenir s’installer et investir à Charleroi. Si nous avons 10 000 habitants de plus, dans les classes moyennes, nous devenons une ville riche.

 

- Mais les prix de l’immobilier vont augmenter. Les couches de la population moins favorisées risquent alors de vivre une crise du logement…

 

- Il faudra accompagner ce redéploiement urbain d’une politique sociale importante. Possédant beaucoup de foncier, on sera en mesure d’assurer une mixité d’habitats qui permettra de ne pas exclure les habitants à revenus plus faibles.

Pour l’heure, Charleroi se distingue aussi par de très mauvais chiffres en termes de réussite scolaire. Généralement, parents sans diplôme = enfants sans diplôme… En cette matière, je suis très heureux que l’échevine de l’enseignement soit issue de l’immigration. Et c’est vrai qu’elle aura du boulot car tous les chiffres sont au rouge. C’est chez nous qu’il y a le plus de jeunes qui sortent de l’enseignement secondaire sans diplôme, que le taux de fréquentation de l’université est le plus faible. Ce n’est pas une fatalité. On va mettre les acteurs du secteur ensemble et trouver des solutions. Par exemple, dès la deuxième maternelle, on fera l’inventaire des enfants à problèmes, c’est-à-dire de ceux dont l’environnement familial demande un soutien. Il faut aussi repérer ceux qui, à 4 ou 5 ans, ne sont pas à l’école… Sans contrainte, mais par un travail social rassurant et informatif, on va aider toutes les familles en difficulté avec le milieu scolaire à rejoindre le circuit. Dans ce domaine aussi, je veux que la politique de Charleroi, dans quelques années, soit citée comme un exemple à suivre. Je veux redonner le sentiment à la population qu’il y a un ascenseur social qui fonctionne et que l’école est son moteur.

 

- Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de ne pas avoir le profil d’un municipaliste ? Au-delà de votre carrière d’avocat, vous avez été ministre des finances, président du C.a. de l’U.c.l., un ponte des mutualités chrétiennes, mais en ce qui concerne une carrière politique locale, c’est nada ou presque…

 

- J’entends bien l’objection, mais on ne peut faire fi du contexte. Je deviens bourgmestre de Charleroi dans un moment exceptionnel. Après une crise qui a été extrêmement lourde, il est apparu que j’étais la personne la mieux placée pour rassembler la nouvelle équipe et la faire gagner. Et puis, je vous le répète, j’ai été touché de plein fouet par le virus communal. Après six mois, j’en suis arrivé à peiner quand je dois encore un peu m’occuper de matières fédérales !

 

- Vous auriez dû vous y mettre plus tôt alors…

 

- Si je ne l’ai pas fait, c’est en raison d’une très mauvaise expérience. Il y a bien longtemps, mon père était le secrétaire communal de la ville de Charleroi. Il a été écarté injustement de ses fonctions, alors qu’il avait les titres requis, des compétences de haut niveau reconnues par tous… Cela fut une blessure que, familialement, on a fort ressentie. Et donc, cela m’a un peu… Enfin, pas un peu ! Cela m’a tout à fait éloigné de la vie politique communale. Avec cette expérience malheureuse, j’ai compris très tôt que la politique politicienne pouvait écraser les hommes. Mon père était un universitaire très calé dans le droit administratif. Il s’était illustré pendant la guerre en aidant la résistance. Plus tard, pendant la guerre scolaire, il avait aussi résisté à certaines pressions pour ne pas inscrire ses enfants à l’école officielle. C’était un démocrate qui se battait pour ses idées tout en respectant celles des autres. Sa réputation dépassait très largement les murs de Charleroi : il était considéré comme l’un des meilleurs juristes municipalistes du pays. Et donc, il a été cassé. Comme cela, du jour au lendemain. Il s’est retrouvé sans rien. Pour ne pas plonger dans la dépression, il a modestement commencé à tenir la comptabilité du cabinet d’avocat dans lequel j’œuvrais à l’époque. J’avais presque 30 ans. Lui, il en avait 60… Je me rends compte que c’est exactement l’âge que j’ai moi-même aujourd’hui.

 

- Et vous voilà bourgmestre de Charleroi. Un clin d’œil du destin ?

 

- Ce n’est pas le seul ! Je vais présider les séances du collège dans une pièce de l’hôtel de ville où se trouvait autrefois le bureau de mon père. C’est fascinant. Est-on là pour remplir les vœux du père sans le savoir ? Je voudrais préciser quelque chose de très important : si j’ai vu souffrir cet homme que j’adorais, je n’ai jamais eu l’esprit de revanche. Simplement, à un moment de mon existence, je me suis dit : « Si je fais de la politique, je la ferai à un autre niveau… » Et puis voilà, je suis tout de même là !

 

- Même sans l’avoir cherchée, c’est une « revanche »…

 

- Je ne veux pas le prendre comme cela. Maintenant, c’est vrai qu’un proche vient de m’écrire : « Le seul regret qu’on ait, c’est que tes parents ne voient pas cela »… Cela m’a touché, c’est exact. Mon père, on l’a vraiment cassé. Pour des raisons politiques. A l’époque, c’est le père de Jean-Claude Van Cauwenberghe – qui était 1er échevin – qui a fait le sale boulot : « C’est dommage pour vous, vous devriez  garder le poste parce que c’est vous qui avez vraiment les compétences, mais la politique a ses raisons… ».

 

- Le grand-père Van Cau écarte votre père et, aujourd’hui, c’est vous qui avez exigé le départ de son petit-fils du collège en raison de son état d’inculpé… C’est une vraie saga, l’histoire politique de cette ville…

 

- J’en conviens. On se croirait presque dans une tragédie grecque ! Pourtant, si j’ai dit non à Philippe Van Cauwenberghe, cela n’a rien à voir avec un règlement de comptes lié au passé. D’ailleurs, c’est bien cela, la tragédie grecque : ce sont les dieux qui vous placent dans des situations tourmentées que vous n’avez pas choisies.

 

- Dans une récente interview accordée à La Libre Match, Philippe Van Cauwenberghe ne chantait pas vraiment vos louanges…

 

- C’est normal. Je peux l’accepter.

 

- Il déclarait : « J’ai découvert une capacité de duplicité extraordinaire du CDH et, en particulier, de Jean-Jacques Viseur. C’est blanc et, du jour au lendemain, cela devient noir ». Ajoutant, dépité : « Je croyais qu’on travaillait entre honnêtes hommes »…

 

- C’est excessif et tout ce qui est excessif… Ma position est très claire : j’ai toujours reconnu que l’infraction qui lui est reprochée n’est pas liée à des actes de gouvernance. Je pense aussi que les éléments d’un futur non-lieu sont sans doute réunis. Dans le même temps, si Philippe Van Cauwenberghe a eu le nombre de voix qu’il a eu et la position qu’il a occupée, objectivement, c’est grâce au nom de son père. Alors, il y a tout de même une logique dans ce qui se passe. Lorsque le courant est porteur, que le nom est considéré par le public, tout est plus facile. Mais on ne peut vouloir décemment profiter d’un tel avantage sans accepter l’éventuel revers de la médaille quand la situation s’inverse. Un homme, un clan dirigé par le père de Philippe, a tenu à bout de bras un système à Charleroi et ce système est en train de s’effondrer. Pour l’heure, le poids du nom pèse évidemment et plus de la même manière qu’auparavant…

 

- Il fallait tuer le fils Van Cau pour sauver Charleroi ?

 

- Il ne fallait pas le tuer ! Simplement, Philippe, à l’instar de son père, devait faire un pas de côté. Dans quelques années, si la politique l’intéresse vraiment, il pourra revenir. Il est jeune et n’est certainement pas dans le besoin. S’il revient, bien sûr, c’est Philippe Van Cauwenberghe qui devra apparaître. Plus le fils de Jean-Claude… Durant cette dernière crise, c’est évident, Philippe n’avait pas assimilé qu’à un certain moment, dans l’intérêt de Charleroi, dans l’intérêt de son parti aussi, son destin personnel passait au second plan. Ce que d’autres mandataires socialistes ont pourtant très bien compris…

 

- Et pour l’intérêt de son fils, Jean-Claude Van Cauwenberghe ne devrait-il pas se retirer totalement de la vie politique de Charleroi ?

 

- C’est évident. Depuis le début, c’est ce que beaucoup pensent. Le père fait un tort immense au fils. Plus il est là, plus il le défend, plus il l’écrase. Si seulement Jean-Claude Van Cauwenberghe avait eu la grandeur de reconnaître, non pas une responsabilité pénale, mais une responsabilité politique… S’il avait dit clairement : « Je me suis trompé, j’ai mal contrôlé mes gens », on n’en serait certainement pas là. Tout de même, c’est lui qui a choisi Eric Lecomte comme secrétaire communal ! C’est lui aussi qui a choisi Despiegeleer pour occuper des fonctions d’échevin. Etc… Il aurait du dire : « Dans l’intérêt de Charleroi, je prends sur moi toute la responsabilité politique de cette affaire ». Immédiatement, son fils aurait été exonéré. Comme le Roi Lear de Shakespeare, Jean-Claude Van Cauwenberghe a lourdement trébuché au moment de vouloir léguer son royaume à ses créatures. Il peut continuer à crier à l’injustice, dire que l’histoire lui rendra raison mais, en se braquant, quel service rend-t-il à la ville de Charleroi et à son fils ? Moi, je n’ai aucune hostilité à l’égard de Philippe ! Il devrait réfléchir : l’ombre de son père lui a été bien plus dommageable que ma personne. Qu’il comprenne que ce qu’il vient de vivre lui permettra de se reconstruire une carrière où il ne devra rien à personne.

 

- Dans votre bibliothèque, il y a, semble-t-il, les plus grands noms de la littérature…

 

- J’ai la collection complète de « La Pléiade » ! C’est mon père qui l’a commencé et moi, j’ai continué. Toutefois, ma passion pour la lecture vient de ma mère qui était écrivain, poète. Elle a publié sous le nom de Marie-José Viseur. Je n’ai pas toujours tout compris car ce qu’elle écrivait était très surréaliste. En me donnant le goût de la littérature et de l’histoire, elle m’a conduit à appréhender la dimension épique et lyrique de la société. C’est comme cela que l’on en arrive à citer « L’Electre » de Giraudoux à l’Hôtel de ville de Charleroi, comme je l’ai fait récemment. Ce doit être une première !

 

- Avec vos 762 voix de préférence, vous n’êtes pas le bourgmestre le plus populaire de Wallonie…

 

- J’ai eu parcours totalement atypique, j’en suis conscient. Après une carrière d’avocat, je suis devenu député parce que Philippe Maystadt le voulait. Ensuite, je suis monté dans le gouvernement fédéral parce qu’il le voulait aussi et le reste de ma carrière politique a été l’image de cela. La rançon d’un tel parcours, c’est que je n’ai jamais été populaire. Mais il n’y pas que ce critère. On parle de mes 762 voix. En 1958, Gaston Eyskens, qui est pour moi certainement l’un des meilleurs premiers ministres que nous ayons eus, dans un parti qui faisait alors une majorité absolue, ne récoltait que 2 000 voix de préférence !

 

- Oseriez-vous un pronostic sur la durée de vie du nouveau collège de Charleroi. Il y a déjà eu tellement de surprises…

 

- Cette fois ci, c’est la bonne ! On ne peut pas se permettre des crises aussi graves tous les six mois. L’intérêt commun des Carolos est que nous réussissions. Ce sera un élément de cohésion.

 

- Le même principe reste d’application : inculpation équivaut à démission ?

 

- Oui, mais nous avons pris de telles précautions que cela ne devrait plus arriver. Plus aucun échevin n’est concerné par la gestion passée. En plus, ces six derniers mois, on a mis de nombreux outils de bonne gouvernance en place. On a un secrétaire communal qui est la rigueur même, un comité d’audit, un nouveau service des marchés. A cet égard, je voudrais vraiment rendre hommage à mon prédécesseur, le socialiste Léon Casaert : il s’était engagé sans réserve dans le processus de rénovation. C’est quelqu’un qui a été broyé. Il est arrivé en 2000 dans un système où on lui a dit : « C’est toujours comme cela que l’on a fait ». En droit, il est peut-être coauteur. Moralement, il ne l’est pas. Je prends le pari qu’il sera acquitté. Il faut donc imaginer ce que cet homme a vécu par rapport à la démarche très honnête dans laquelle il s’était engagé. Malgré tout, il a tenu à m’exprimer son soutien pour mon nouveau mandat. Je dis « Chapeau ! ». Humainement, il a de l’épaisseur, cet homme-là.

 

- Après avoir été le mauvais exemple, Charleroi deviendra aussi un « modèle » en termes d’éthique ?

 

- J’en ai vraiment la conviction : la foudre est tombée, maintenant on reconstruit du neuf… En matière d’éthique, on a déjà trois ou quatre ans d’avance sur les autres communes de Wallonie. Finalement, rien que de très normal : c’est toujours là où les accidents les plus graves ont eu lieu que l’on prend les mesures de précaution les plus grandes. Je vous parlais de « L’Electre » de Giraudoux. C’est un texte magnifique qui nourrit l’espoir. L’un des personnages demande à un mendiant : « Comment cela s’appelle-t-il quand le jour se lève et que tout est gâché, et que tout est saccagé et qu’on a tout perdu et que la ville brûle ? ». Le vagabond lui répond : « Cela a un très beau nom. Cela s’appelle l’aurore ».

 

 

 « Je suis passé à deux doigts de la mort »

 

- La Libre Match. Vous avez combien d’enfants ?

- Jean-Jacques Viseur. Trois. Le premier, François, a fait le droit de l’environnement. Le second, Michel, vient d’être proclamé bio-ingénieur, et le troisième, Pierre, doit encore choisir une orientation. Aucun des trois ne semble vouloir faire de la politique !

-Vous les avez dégoûtés ou quoi ?

- Je pense qu’ils ont mesuré tout le poids de l’activité politique. On ne se rend pas compte – bien sûr, c’est vrai aussi dans d’autres professions – que cela implique des sacrifices familiaux parfois très lourds à porter.

- Trop lourd ?

Oui. En 2004, j’ai eu un « AVC », clairement lié au surmenage de négociations éprouvantes au régional. Je suis passé à deux doigts de la mort. J’ai bien senti chez mes enfants et ma femme, non pas des reproches, mais une interrogation :

« Est-ce ce que cela vaut la peine de sans cesse dépasser les limites et, finalement, de jouer sa vie comme cela ? ». Désormais, je ne reste pas à une réunion cinq minutes de trop. La troisième mi-temps, je ne veux plus la faire !

14:41 Écrit par michelbouffioux dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : charleroi |  Facebook |

02/07/2007

Olivier Chastel (310507)

Entretien publié dans l’hebdomadaire belgo-français « La Libre Match », le 31 mai 2007.

Olivier Chastel : «Un retour aux urnes serait la meilleure solution»

ChastelphotoIntronisée dans la foulée des "affaires" pour "gouverner autrement", la tripartite PS-CDH-MR n'aura duré que six mois. Et voici qu'à quelques jours à peine des législatives, la cité carolo, sa mauvaise réputation et son interminable liste de casseroles, plus fondamentalement aussi le thème de l'éthique en politique, reviennent au centre du débat électoral. L'homme qui, une nouvelle fois, a mis le feu aux poudres s'appelle Olivier Chastel. Avec son collègue Philippe Sonnet, un fin stratège en politique qui est aussi son conseiller, il vient de claquer la porte du collège des échevins carolos. Côté francophone, ce sera sans aucun doute l'évènement-clé d'une campagne électorale qui était restée très morne jusque là. "Je suis certain d'avoir pris la bonne décision", dit Chastel.

La Libre Match. Voilà, c’est fini. Vous n’êtes plus échevin de la ville de Charleroi. En un seul mot, quel est votre état d’esprit alors que vous préparez vos caisses?

Olivier Chastel. Soulagé!

Mais encore?

J’ai ressenti les dernières manoeuvres de communication du PS pour créer la confusion dans la population à propos de la démission de l’échevin Jean-Pol Demacq comme une véritable trahison. C’est la goutte qui a fait déborder le vase. De trop nombreux événements avaient déjà alourdi le climat dans la majorité à Charleroi et ils avaient contribué à rendre très difficile le travail de fond auquel nous nous employions depuis le 4 décembre. Malgré cela, le MR avait fait preuve d’une loyauté exemplaire et spontanée. Nous attendions une même loyauté de la part du PS et ce que nous avons reçu, c’est un coup de couteau dans le dos!

Lors de la conférence de presse annonçant votre dé mission, vous sembliez avoir les larmes aux yeux...

On n’abandonne pas un travail entrepris aussi facilement. Mais je suis certain d’avoir pris la bonne décision. Je suis intimement persuadé que Charleroi avait besoin de cet électrochoc. Par la faute du Parti socialiste, on allait revivre une banalisation de l’infraction. Quand j‘ai entendu Elio Di Rupo dire qu’il n’y avait rien de neuf dans ce dossier et qu’il ne devait donc pas y avoir de conséquences, j’ai bien compris que le PS ne prenait pas conscience de la gravité de la situation. Quand j’ai entendu un collègue échevin du PS, M. Massin, dire qu’il devait d’abord analyser le dossier avant de se prononcer sur ce que devait faire M. Demacq, je me suis dis qu’il n’y a pas de rupture par rapport au passé dans ce parti. Lors de l’élaboration du pacte de majorité, les échevins socialistes ont signé un document par lequel ils s’engageaient à démissionner sur le champ en cas d’inculpation. Entendre de la bouche d’Elio Di Rupo d’un côté, d’un échevin socialiste dit rénovateur de l’autre, ce genre de considérations, m’a démontré, en vingt-quatre heures, combien le fossé était grand entre eux et nous.

Disons les choses sans langue de bois: n’était-il pas naïf d’espérer arriver à quelque chose de positif pour Charleroi en entrant dans un collège notamment composé de trois échevins PS issus de l’ancienne majorité socialiste absolue?

Je vais répondre franchement: oui, nous avons commis une erreur de naïveté! Nous avons été naïfs de croire la parole du PS qui nous garantissait qu’il n’y aurait plus de problèmes de justice aux conséquences graves pour la ville. Au moment de la négociation de cette majorité, nous aurions dû être plus fermes sur la présence au sein du collège de ceux qui avaient exercé des responsabilités sous la législature précédente. Au lendemain des élections communales, nous avons accordé notre confiance au PS quand il a choisi ses échevins. Nous l’avons maintenue quand, après l’inculpation du bourgmestre Jacques Van Gompel, il a fallu remanier l’équipe avec l’intervention de M. Di Rupo lui-même. Ce que nous venons de vivre nous montre que nous nous sommes trompés.

Ces derniers événements ne sont-ils pas du pain béni pour les écolos, seul parti démocratique de la ville à ne pas s’être embarqué dans ce navire qui prend l’eau?

Ce n’est du pain béni pour personne.

Quel est le processus de réflexion qui vous a conduit à dire, dans un premier temps, que vous alliez continuer dans la tripartite qui dirigeait la ville et puis, dans un second mouvement, deux jours plus tard, d’annoncer votre démission et celle de votre collègue Philippe Sonnet?

D’abord, il faut savoir que Jean-Jacques Viseur et moi, samedi dernier, nous avons dû négocier pendant quatre heures avec les socialistes pour obtenir la démission de Jean-Pol Demacq!

Ce dernier n’en voulait pas?

Dans un premier temps, non. M. Demacq estimait n’avoir pas grand chose à se reprocher et je peux le comprendre. Les chefs d’inculpation précisent globalement qu’il a manqué de réaction lorsque l’ancien collège s’est lancé dans des procédures douteuses. Il n’empêche: nous avions convenu qu’une inculpation, quelque soit son motif, équivalait à une démission.

Pourquoi alors a-t-il fallu discuter de cela pendant quatre heures?

Parce que ce débat a été émaillé de multiples suspensions de séances demandées par la majorité socialiste qui était, de son propre aveu, en liaison permanente avec M. Di Rupo et son entourage. Et qu’à ce niveau supérieur des instances socialistes, la consigne était très claire tout faire pour éviter que M. Demacq démissionne pendant la campagne électorale.

En contradiction avec l’accord de majorité?

C’est très clair, oui. Quand nous sommes entrés en réunion, samedi matin à 10 heures, Jean Jacques Viseur (CDH) et moi, nous avons tout de suite dit au bourgmestre que pour surmonter cette énième crise, il faudrait une attitude sans équivoque. La première phrase de Léon Casaert a été d’une toute autre nature: «En ce qui nous concerne, on ne voit pas très bien pourquoi M. Demacq démissionnerait ! ». Il a fallu trois heures de discussion, un long cheminement, étape par étape, pour arriver à la démission. D’abord, M. Demacq voulait tout de même terminer l’année scolaire. Il imaginait réunir un conseil communal pendant les vacances afin d’officialiser sa démission à ce moment-là.

Pour quelles raisons?

Il voulait faire les remises des prix dans les écoles! On lui a dit non. Stade suivant: il voulait démissionner au conseil communal du 25juin en continuant son mandat jusque là pour «régler un certain nombre de problèmes». On lui a signifié que c’était impossible éthiquement ; qu’on ne pouvait délivrer un tel message négatif à la population. On ne pouvait imaginer qu’il continue, après son inculpation, à participer au collège, à des manifestations publiques, qu’il prenne encore des décisions pour compte de son département. Et finalement, à 13 heures, M. Demacq nous a rédigé sa lettre de démission, un acte uni latéral et sans délai. On a encore discuté pendant une heure sur la question de la redistribution des compétences au sein du collège. Viseur et moi, nous étions arrivés à nos fins. J’étais rassuré et, le samedi après-midi, c’est dans cet état d’esprit que j’ai participé à une conférence de presse avec le bourgmestre et l’échevin des finances. Ce n’est que quelques heures plus tard que j’ai compris que le PS nous avait poignardé dans le dos. Le CDH autant que le MR d’ailleurs...

De quelle manière?

Je me suis rendu compte en écoutant des commentaires que me faisaient des journalistes et au travers d’une dépêche Belga que le mes sage était brouillé. La presse semblait vouloir annoncer que Demacq resterait provisoirement en fonction, qu’il continuerait dans l’intérêt de l’enseignement carolo d’exercer son mandat jusqu’à la fin de l’année scolaire, qu’il présenterait sa dé mission au conseil communal du 25juin... Dès lors, je me suis demandé qui était allé communiquer ce genre d’information alors que nous avions été très clairs en conférence de presse. J’ai téléphoné à l’auteur de la dépêche Belga qui m’a révélé que c’était un communiqué officiel de la ville sur papier à en-tête, au nom du collège, qui avançait toutes ces contre-vérités!

Qui est l’auteur de ce vrai-faux « communiqué»?

Au moment où je vous parle, je ne le sais toujours pas! J’ai pourtant essayé de contacter le bourgmestre et son entourage que l’on sait performant puisqu’il a été désigné par M. Di Rupo... Personne n’a su m’expliquer pourquoi, alors que nous étions en discussion pour imaginer la sortie de cette crise, quelqu’un a profité des nombreuses suspensions de séances, dans le dos de Jean-Jacques Viseur et de moi-même, pour rédiger un communiqué de presse et le publier au nom du collège. C’est de la trahison ! Le communiqué a été diffusé une heure avant la fin de la négociation. Et on y explicitait l’inverse de ce à quoi nous allions aboutir!

Comment décodez-vous cette stratégie du « communiqué parallèle»?

C’est une stratégie de campagne électorale du PS. Ce parti a voulu brouiller le message au tour de l’« affaire Demacq », afin de minimiser l’impact de la démission et de l’inculpation de l’un de ses échevins. Le PS a fait en sorte que la population de Charleroi n’y comprenne plus rien. Samedi, vers 18heures 30, j’ai découvert le contenu du communiqué. C’est là que j’ai pris conscience de ce travail de sape et de désinformation; du piège électoral qui avait été tendu par les socialistes. A ce moment-là, je voulais déjà faire un esclandre. Mais le dimanche, je me suis rendu compte que la situation était encore plus grave que cela...

C’est-à-dire?

Comme tous les dimanches matins, je me suis promené sur le marché de Charleroi. Quel contraste dans l’accueil des gens par rapport aux dimanches précédents! C’était affolant. Effectivement, ils ne comprenaient plus rien et les questions critiques fusaient: «Demacq ne dé missionne pas tout de suite ? », «Vous êtes tom bés sur la tête ? », «Vous le laissez en fonction jusqu’à la fin de l’année scolaire? ».

Comme si le MR était prêt à avaler n’importe quelle couleuvre pour rester au pouvoir à Charleroi?

Exactement ! Toute une série de commentaires allaient dans ce sens-là. Sur ce marché, j’ai rencontré ma collègue Véronique Salvi (CDH). Je lui ai fait lire ce communiqué de la ville dont elle n’avait aucune connaissance. Elle était effondrée et scandalisée. Elle m’a dit alors qu’elle comprenait mieux l’hostilité des gens sur le marché... Le piège du PS avait parfaitement bien fonctionné. Alors, je me suis dit que des milliers d’autres personnes à Charleroi avaient dû être abusées par la manoeuvre des socialistes. Qu’elles devaient être révoltées en ayant perçu comme message que le pouvoir communal semblait accepter sans broncher une inculpation de plus d’un échevin... Et que toutes les familles politiques de Charleroi réagissaient en ce sens de manière soudée, sans trop s’émouvoir, puisqu’on laissait à M. Demacq la possibilité de terminer l’année scolaire. Pour moi qui me suis inscrit dans un combat pour retrouver l’éthique et l’efficacité à Charleroi, c’était parfaitement insupportable. Comme je vous l’ai dit, avant de prendre attitude, j’ai essayé d’avoir plusieurs fois le bourgmestre au téléphone pendant ce long week-end, mais sans succès. En fait, le seul responsable politique socialiste qui m’a répondu, c’est Jean-Pol Demacq lui-même. Je lui ai visible ment révélé l’existence du communiqué. Il m’a dit: «Si j’avais participé à la rédaction d’un tel texte, je ne pourrais plus te regarder en face. C’est exactement l’inverse de ce à quoi je m’en gage dans ma lettre de démission ». Quand il a découvert que ce communiqué était sorti alors que nous étions encore en cours de négociation, il m’a dit qu’il ne voyait qu’une possibilité: une intervention d’une autorité supérieure à Casaert.

Autrement dit, le communiqué aurait été inspiré par le boulevard de l’empereur?

Je pense en effet que c’était clairement une stratégie électorale diligentée par les instances supérieures du PS.A Charleroi, je vous le rap pelle, Léon Casaert et son entourage ne répondent qu’à Elio Di Rupo...

Dans le même temps, vos adversaires politiques ne cessent de répéter que votre démission n’est pas votre décision, mais celle de Didier Reynders...

C’est faux. Si Didier Reynders m’avait de mandé de démissionner contre ma volonté, je ne l’aurais pas accepté. Philippe Sonnet et moi, nous avons consulté nos mandataires communaux. Après l’exposé de la chronologie des faits, ils ont ressenti une telle trahison qu’ils nous ont très clairement demandé de démissionner. Pour être tout à fait clair, sachez qu’en entrant en réunion au siège du MR avec nos mandataires, Philippe Sonnet et moi, nous n’avions pas cette intention! Nos mandataires nous ont convaincu que c’était l’intérêt de Charleroi de poser un acte fort. En allant vers la maison de la presse pour annoncer cette décision, j’ai appelé Didier Reynders. Il m’a répondu: «Es-tu certain de la décision qui a été prise ? ». Je veux dire par là qu’il n’a donné aucun ordre. Il était plutôt sur pris, mais il a respecté le débat démocratique au sein du MR de Charleroi.

Sans le PS, il n’est pas possible de former une majorité pour gouverner Charleroi. Dès lors, ne se trouve-t-on pas désormais dans une impasse?

C’est ce que prétendent certains en criant à «l’irresponsabilité» des échevins MR. Moi, je vois que le CDH n’est pas du tout embarrassé de travailler avec le partenaire socialiste dans ces conditions. Ils ont une majorité. Si le CDH estime devoir mettre son éthique et ses convictions de côté pour continuer avec le PS sans rien changer, c’est son problème. Son cas de conscience à lui.

André Antoine (CDH) a clairement dit aussi qu’il faudra un troisième partenaire pour reformer un pacte de majorité à Charleroi...

C’est le seul CDH à dire cela! Et c’est de nouveau une façade électorale! Qu’a déclaré Joëlle Milquet dès le lundi soir? «Nous restons! ». Le CDH est très accroché à son siège d’échevin. Et pour cela, il en arrive à cautionner les manoeuvres du PS après en avoir été scandalisé. Ce parti, comme à son habitude, est capable de toutes les contorsions pour avoir un petit bout de pouvoir! Pour que l’on ne parle plus de tout cela jusqu’aux élections, la majorité résiduelle a décidé de mettre la ville en affaires prudentes. On fait miroiter qu’après le scrutin, dans le calme revenu, toutes les familles démocratiques reviendront autour de la table, que le MR pourrait même revenir dans la majorité... Tout cela n’est que stratégie électorale ! Nous le savons de mandataires CDH: dans ce parti, on connait déjà les noms des échevins qui nous remplaceront. Leur stratégie consiste à mettre le voile pendant les dix jours qui nous séparent de l’élection. Ensuite, mais ensuite seulement, vous verrez que tout sera limpide! D’ailleurs, le PS est beaucoup plus clair sur ce point. Il a déjà annoncé la couleur en laissant entendre que le pacte de majorité modifié le conduira à gouverner avec le seul CDH. Bien évidemment!

Et si on vous propose tout de même, de revenir?

Dans les circonstances actuelles, c’est niet. Mais nous avons énoncé lundi plusieurs conditions indispensables pour accepter une éventuelle discussion d’ouverture. Une communication sans ambiguïté sur la démission de Demacq. Que le collègue décide collégialement de la redistribution des compétences de cet échevin démissionnaire; que la majorité prenne conscience de la véritable ampleur de la situation dans la quelle se trouve l’administration communale de Charleroi : sans une administration motivée, performante et bien gérée, aucune politique ne peut être mise en place.

Vous pourriez donc envisager de retravailler avec des personnes comme MM. Casaert et Parmentier, qui ont appartenu à l’ancienne majorité socialiste absolue?

Non, aujourd’hui, je ne commettrais pas la même erreur.

Si c’est pour revenir, ce serait donc sans Casaert?

Oui.

Un retour aux urnes serait-il souhaitable?

Ce serait la meilleure solution. On nous a déjà volé les élections en octobre 2006 puisque l’appareil judiciaire s’était calmé durant le mois de septembre qui précédait... Pour inculper Jacques Van Gompel au lendemain du scrutin communal alors qu’il était tête de liste ! On ne m’enlèvera pas de l’idée que si le judiciaire avait suivi son cours normal, le résultat de ce vote au rait été bien différent. Oui, je pense que la situation exceptionnelle que connaît Charleroi aujourd’hui mériterait un remède exceptionnel. Que l’on consulte une nouvelle fois l’électeur !

 

 

19:54 Écrit par michelbouffioux dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : charleroi, affaires, ethique |  Facebook |