17/05/2007

Elio Di Rupo (210396)

Entretien publié dans l'hebdomadaire belge "Télémoustique", le 21 mars 1996

Visite à domicile : Elio Di Rupo : «A vrai dire, je suis un maniaque»

Dans les années '90, je publiais une série d'articles dans l'hebdomadaire Télémoustique intitulée "Visite à domicile". Le principe en était le suivant : "On les voit à la télé, on les lit dans les journaux. Mais qui sont-ils vraiment? Où et comment vivent-ils quand ils ne sont pas sous les feux de l’actualité?". Intéressant à relire quelques années plus tard...

Di Rupo2Plusieurs fois ministre, actuel vice- Premier du gouvernement Dehaene, celui qu’on appelle par fois “le Petit Chose” de Morlanwelz en a fait du chemin. Lui qui n’avait qu’un seul pantalon mille fois rapiécé pour aller à l’école, lui qui regarda la télé pour la première fois à 12 ans (“Chez un voisin, un peu moins pauvre que nous’) et qui découvrit la mer à 16 ans lors d’un séjour en colonie...

 

Est-ce que vos origines italiennes ont déterminé ce que vous êtes aujourd’hui?

Elio Di Rupo. — Pas vraiment. J’avais à peine un an quand mon père est mort. Cela a créé une sorte de rupture par rap port à l’Italie. Ma mère est restée veuve avec sept enfants. Pour des raisons financières, elle a dû accepter que trois d’entre nous soient placés dans un orphelinat. Celui-ci se situait à un gros kilomètre de là où nous habitions. A Morlanwelz. On s’y rendait souvent. Cette proximité a influencé notre éducation. L’assistance publique a fait que les enfants Di Rupo ont baigné dans une culture belge. A la différence d’autres Italiens de Belgique qui ont vécu dans des environnements plus dos.

Vous n’êtes donc pas déchiré entre deux cultures?

E. R. — Je n’ai jamais éprouvé ce sentiment. A vrai dire, je suis ravi d’être Belge et d’avoir en même temps des racines italiennes. Je pense que cela se marque sur le plan de la sensibilité.

Comment cela?

E. R. — A mon avis, cela a une influence réelle en termes d’éveil à l’art, à la musique, à l’esthétique. Il suffit de voir l’Italie pour comprendre. Son soleil, sa beauté architecturale et naturelle.

Qui étaient vos parents?

E. R. — En Italie, ils étaient paysans. Ils labouraient des terrains qui appartenaient à un seigneur. C’était fifty-fifty. La moitié des récoltes pour le propriétaire. Il fallait survivre avec ce qui restait. La misère. Presque le Moyen Age.

Comment ont-ils abouti en Belgique?

E. R. — Le fruit du hasard. Ils auraient tout aussi bien pu se retrouver en Argentine! Il se fait qu’ils ont obtenu des papiers leur permettant de venir en Belgique. Et que cela coûtait moins cher de venir ici...

Que savez-vous de leurs premières années dans notre pays?

E. R. — L’arrivée en Belgique fut un véritable choc de cultures. En plus, s’ils avaient abandonné la pauvreté, ils tombaient ici au bas de l’échelle. Dans un milieu extrêmement sale. On les a installés dans ces baraques en roofing et en bois qui avaient servi précédemment à détenir des prisonniers de guerre. C’était très dur aussi parce que mon père quittait le travail de la terre pour celui de la mine... Quand il est mort, ma mère s’est retrouvée totalement seule. Délaissée de tout de le monde. On a survécu grâce au système de sécurité sociale belge qui était déjà remarquable à l’époque.

Vu l’histoire de vos parents, ça doit vous gêner quand le gouvernement restreint les possibilités d’accueil des réfugiés?

E. R. — C’est différent. Mes parents sont arrivés ici dans le cadre d’une convention internationale. La Belgique était demanderesse de main-d’oeuvre. L’Italie voulait du charbon à bon marché. Il ne faut pas confondre des personnes qui ont bougé dans le cadre d’un contrat et les réfugiés économiques d’aujourd’hui.

Mais vos parents avaient tout de même un peu ce profil-là, non?

E. R. — Non. Quand les Italiens de cette génération sont arrivés, ils étaient accueillis sur le quai de la gare par la mutuelle du charbonnage avec des interprètes. C’était même extrêmement paternaliste. On leur disait à quel syndicat ils devaient s’affilier. Ils étaient attendus. Ce n’est pas la même chose aujourd’hui. Il y a d’une part les réfugiés politiques et on continuera à les accueillir. Mais par ailleurs, la Belgique est incapable d’absorber tout le flot des réfugiés économiques. A moins de mettre en péril nos propres citoyens.

Revenons-en à votre parcours. Donc ce qui est le plus déterminant dans votre personnalité, c’est votre origine sociale, la pauvreté...

E. R. — Pour le moins! C’est vrai que lorsque je me retourne et que je fais le point sur mes origines sociales, je me dis que là se trouve le moteur de mon action. Quand j’étais adolescent, j’avais le sentiment que je pouvais quelque peu modifier le cours des choses... Aujourd’hui, quand c’est vrai ment difficile, je me dis: mais pourquoi me suis-je embarqué dans cette galère!

Quelle galère?

E. R. — Je veux parler de ma fonction politique. C’est extrêmement difficile.

Qu’est-ce qui vous pèse le plus?

E. R. — La quantité de travail. Nos concitoyens ne mesurent pas du tout ce que cela représente. C’est hallucinant. Je commence tous Les jours à 7 heures du matin et je finis régulièrement à 22, 23 heures. Impossible, sauf rares exceptions, de trouver l’espace pour des moments conviviaux avec des amis. En plus, il y a la pression constante, la responsabilité des actes que l’on pose.

Vous êtes parfois fatigué? A la télé, les hommes politiques ont toujours l’ait en pleine forme !

E. R.- C’est que la fonction politique se nourrit de cet élément médiatique: il faut tou jours paraître en forme!

Faut-il être spécialement “brillant” pour devenir ministre?

E. R. — Il faut être relativement compétent... Enfin, j’espère que ce ne sera jamais le critère majeur. Des citoyens tels des ouvriers mineurs, des agriculteurs, un poète comme Vaclav Havel doivent pouvoir accéder au pouvoir. Il doit y avoir de la place pour les non-spécialistes de la politique.

Donc, Il suffit d’être “relativement compétent”?

E. R. — Bon d’accord, ce n’est pas si simple. Il est vrai que les problèmes ne se règlent pas avec une baguette magique. Je le vois dans mon département: si on n’a pas un certain niveau de maîtrise du sujet, on va tout droit à l’échec. Quand Bernard-Henri Lévy lance des critiques sur la méconnaissance des dossiers par les politiciens, il a tout à fait tort.

Vous faites beaucoup de voix aux élections. La recette?

E. R. — Un travail colossal. Une présence importante dans la population. Des relations par service social interposé. Et puis la communication. Nous l’évoquions tout à l’heure. C’est un aspect fondamental à une époque où on ne juge plus ‘es hommes politiques sur le fond de leur actes mais sur la présentation de ceux-ci. A la limite, on se demande parfois si le fond de ce qu’on fait a encore une quelconque importance pour l’opinion! C’est pour cela qu’il faut paraître toujours en forme...

A quel âge êtes-vous entré en politique?

E. R. —Je devais avoir 17 ans.

Qu’est-ce qui a provoqué le déclic?

E. R. — Un enseignant. Mais c’est aussi une question de nature. On est rebelle ou on ne l’est pas. Achille Chavée disait qu’il était un Sioux qui ne marcherait jamais en file indienne. J’aime bien cette phrase. Quand on est jeune, on va assez naturellement vers la gauche et la contestation. Enfin, j’espère que c’est encore le cas aujourd’hui! Donc à cette époque-là, j’ai pris goût à certaines lectures. Karl Marx m’attirait plus que d’autres auteurs.

Vous parliez du rôle d’un enseignant?

E. R. — C’est vrai. Cet homme m’a dit un jour des choses extrêmement importantes. Il a éveillé en moi une certaine confiance.

Il vous a révélé à vous- même en quelque sorte?

E. R. — En fait, durant la phase de puberté, j’ai eu énormément de difficultés. De 11 ans et demi à 13 ans et demi, mon existence fut un enfer. Je pense que je souffrais à l’époque de maladies psychosomatiques à cause des problèmes sociaux de ma famille. J’étais très malade. Je n’ai pas été à l’école pendant quasiment un an. Puis, je suis sorti plus ou moins tout seul de cet état, mais le véritable déclic a eu lieu quand ce prof de chimie m’a un jour appelé dans son bureau.

Qu’est-ce qu’il vous a dit?

E. R. — “Tu sais, Di Rupo tu vaux quelque chose“. Je n’oublierai jamais. C’était la première fois que quelqu’un me disait que je valais quelque chose.

Pourtant, votre mère vous aimait.

E. R. — Bien entendu... C’était autre chose. Elle me protégeait. Elle m’encourageait à travailler. Mais elle ne savait ni lire, ni écrire. Elle me faisait recommencer mes cahiers lorsqu’ils étaient tachés, mais puisqu’elle ne savait pas lire, je pouvais écrire n’importe quoi. Elle me donnait son accord quand la propreté du cahier qui semblait acceptable. C’était un soutien fondamental sur le plan affectif. Mais e le ne pouvait me faire prendre conscience de mes capacités.

C’est donc ce professeur...

E. R. — Ecoutez. Quand j’étais gosse, j’étais un petit gros. Quasiment plus large que long. Parfois on riait un peu de moi. J’en souffrais. Alors, les quelques mots de cet adulte qui prit le temps de me parler entre quatre yeux déclenchèrent une véritable révolution intérieure. Un déluge de réflexions. Aussi, j’estimais que je ne pouvais pas le décevoir. Donc, je me suis mis à étudier intensément. A partir delà, j’ai été sauvé. Je n’ai plus jamais arrêté de travailler avec acharnement.

Le travail comme thérapie, en quelque sorte?

E. R. — Et d’autant plus que j’avais un énorme retard culturel à combler. A la maison, il n’y avait pas de livre. Seulement le catalogue Unigros parce que maman pouvait acheter à crédit.

La lumière qui apparaît dans le chahut de l’adolescence, cela explique votre sympathie pour Rimbaud?

E. R — Oui. Chez lui aussi, le déclic s’est fait pendant l’adolescence. Il a découvert la mer à 16 ans. Moi aussi. En colonie, à Middelkerke. 16 ans, je ne sais pas si vous vous rendez compte! Ce sont mes frères qui travaillaient déjà qui m’avaient offert le séjour.

C’est vrai que vous avez regardé la télé pour la première fois à 12 ans?

E. R. — Eh oui! On n’avait pas de poste. A partir d’un certain moment, on est allés chez une voisine dont le mari était porion. Cela veut dire qu’il avait un peu plus que les autres, Il avait acheté une télé. Un événement majeur. On allait voir les matches de foot, Zorro, Les Incorruptibles. La voisine installait des chaises et les gosses venaient. Comme au cinéma. On recevait même des biscuits. Une femme d’une générosité exceptionnelle. Des moments inoubliables.

On peut dire que vous n’étiez pas sur les rails dès l’enfance?

E. R. — Alors là, pas du tout! J’ai dû grappiller des morceaux de fer à droite et à gauche pour me construire mes propres rails.

Dans le monde que vous fréquentez maintenant, n’êtes-vous pas parfois un peu irrité de rencontrer au tant de gens pour lesquels la vie est un long fleuve tranquille?

E. R. — Je ne reprocherai jamais à quelqu’un d’avoir eu plus facile que moi. Mais c’est vrai que je suis agacé quand ces personnes qui ont toujours été sur les rails n’en tirent pas profit pour se montrer quel que peu généreuses. Pour faire quelque chose d’utile et de constructif pour la société.

Et la gauche caviar, ça vous laisse de marbre?

E. R. — Je connais pas mal de gens qui n’ont vécu que dans des milieux extrêmement huppés. C’est déjà bien s’ils ont fait l’effort d’intellectualiser les choses. De toute manière, l’histoire sociale montre que ce sont souvent des intellectuels issus de milieux bourgeois qui ont fait bouger la société. Ce qui m’énerve, c’est quand ils veulent m’expliquer la pauvreté.

Cela arrive parfois?

E. R. — Bien sûr! Je ne répète pas mon histoire à tous vents. Et puis, avec mon noeud papillon, on a peut-être l’impression que je suis un prince issu d’une famille noble italienne. Donc, on est parfois surpris quand on découvre mon parcours.

Pourquoi arborez-vous toujours le noeud papillon?

E. R. — C’est peut-être le reflet de ma personnalité. Etre sérieux, sans se prendre au sérieux. Ce que j’aime aussi dans le noeud papillon, c’est que pour moi il est un peu synonyme de jour de fête.

Donc, c’est la fête tous les jours!

E. R. — Oui, c’est vrai. Au plus profond de moi-même, même s’il y a des difficultés, des moments où je râle très fort, je me dis finalement que tous les matins du monde sont sans retour. Chaque jour mérite d’être vécu.

C’est évidemment plus facile quand on en a les moyens. Pensez-vous que le minimex (environ 20.000 francs) est suffisant pour permettre aux plus démunis de vivre décemment?

E. R. — C’est un montant raisonnable. En tout cas, si on relativise les choses en regardant ce qui a pu exister auparavant et ce qui existe encore dans d’autres pays. Alors là manifestement, nous sommes à la pointe de la protection sociale.

Oui, en relativisant mais...

E. R. — Cela suffit-il pour vivre si on n’a que ce montant-là? Je ne le crois pas. Si on n’a pas une famille ou d’autres liens de solidarité, c’est clair que ce n’est pas possible. Ne serait-ce que pour prendre un petit appartement, il faut une dizaine de milliers de francs. En plus, on ne se nourrit pas uniquement de matières premières! Je ne suis pas de ceux qui croient que parce qu’on est pauvre, on ne peut pas regarder la télé ou boire une chope.

C’est donc un constat d’échec que vous faites là?

E. R. — Pas du tout. Le statut du minimex, ce n’est pas cela qui est important. Ce qui l’est, c’est de sortir les gens du minimex.

On ne va pas dans ce sens-là. les minimexés sont de plus en plus nombreux!

E. R. — Par mon parcours, je suis dans le gouvernement celui qui a sans doute la fibre la plus sociale! Mais c’est clair que dans la situation belge actuelle, nous ne pouvons faire plus. Qu’est-ce que voulez? Voilà un pays qui a dépensé sans compter pendant vingt ans. Les générations des années ‘80 et ‘90 ont dû payer l’addition et aujourd’hui, on touche enfin à un résultat. On a des perspectives à moyen terme. Cela n’existait pas il y a dix ans! Donc, si on pouvait augmenter le minimex tout de suite, on le ferait... L’essentiel, c’est de faire reculer la pauvreté.

Encore une fois, dans les faits, les minimexés sont de plus en plus nombreux!

E. R. — Mais le problème n’est pas spécifiquement belge! C’est international. La Belgique a le taux de pauvreté le plus bas du monde. Entre 6 et 7 %. Bien entendu, 1 % c’est 1 % de trop...

On dit que le gouverne ment ne gouverne pas vraiment. Que c’est le marché qui dicte la marche. Vous seriez prisonniers de contingences budgétaires, économiques, européennes...

E. R. — Que l’on soit tenu par un carcan budgétaire, c’est vrai. Que le marché nous dicte sa loi, c’est exagéré. Mais évidemment, quand on gouverne un pays aussi petit que la Belgique, c’est difficile de ne pas en tenir compte. On a moins de poids que l’Allemagne ou la France. Nous sommes ouverts aux quatre vents de la finance internationale et nous ne déci dons pas de la croissance économique que nous aurons. On peut infléchir, mais c’est la conjoncture internationale qui domine. La marge de manoeuvre est réduite...

Au point qu’un change ment de coalition gouverne mentale, avec la participation des libéraux, ne changerait pas grand-chose à la politique menée?

E. R. — ils n’auront pas beaucoup d’autres possibilités. A moins, bien entendu, de casser la sécurité sociale...

Avez-vous un modèle en politique?

E. R. — Non. Mais il y a des personnalités que j’apprécie. J’aime bien lire des biographies sur Pierre Mendès France. J’ai lu récemment un ouvrage sur Léon Blum. Quant à un modèle sur lequel je calquerais mon comportement, là c’est non.

Que pensez-vous de Mitterrand?

E. R. — Je ne fais pas partie de ceux qui le jettent déjà dans la poubelle de l’histoire.

Un parcours comme le sien, c’est pour le moins troublant, non?

E. R. — Troublant, oui. Mais je crois aussi que beaucoup de gens aujourd’hui gagnent leur vie en le noircissant. Il a tout de même fait des choses considérables. Notamment en matière européenne. On oublie cela et aujourd’hui il est plutôt de bon ton de rechercher ses enfants illégitimes... Plus on gagne de l’argent en disant du mal de lui, plus j’ai tendance à vouloir le comprendre.

Croyez-vous au destin?

E. R. —Je crois en tout cas qu’il y a des carrefours dans la vie. Par exemple, quand j’étais représentant étudiant, j’ai eu à discuter avec Pierre Descamps qui était à l’époque président des libéraux. Je me reverrai toujours dans ce bureau où nous devions rester dix minutes et où finalement nous avons passé deux heures. Au bout du compte, il m’a proposé de militer chez les libéraux...

Etes-vous vous-même surpris pas votre parcours?

E. R. — Oui, c’est évident.

Aviez-vous un plan de carrière?

E. R. — Pas vraiment. Evidemment quand on entre en politique on pense à son avenir éventuel dans ce domaine. Je me souviens m’être dit aux en virons de 17-18 ans que devenir ministre, ce devait être le sommet de ce qui pouvait arriver à un être humain.

Aujourd’hui, vous pensez encore cela?

E. R. — Non. Le sommet, c’est soit être écrivain soit compositeur. En tout cas c’est plus déterminant pour la société que d’être ministre. Il faut faire avec ce que l’on a!

Vous êtes très ambitieux?

E. R. — Je sais que j’ai souvent été perçu comme tel. Mais je ne crois pas l’être plus que la moyenne des gens. En fait, j’ai toujours bossé beaucoup. Quand je suis entré dans les cabinets ministériels en 1980, j’étais docteur en chimie et je pouvais travailler à l’université de Berkeley. J’ai opté pour une carrière politique parce que je trouvais cela plus puissant que la dimension scientifique. Je l’ai fait en professionnel. Je me suis investi douze à quatorze heures par jour. J’ai travaillé tous mes dossiers. Je n’ai rien laissé au hasard. A vrai dire, je suis un maniaque. L’expérience m’a montré que c’est la marche à suivre.

N’avez-vous pas envie de prendre une année sabbatique? De voyager, de lire tout ce que vous n’avez pas encore lu?

E. R. — L’idéal, ce serait de pouvoir prendre de temps en temps une période de repos d’une semaine ou de quinze jours. C’est clair que quand je vais à Rome pour un Conseil (européen - NDLR) et que je n’ai même pas le temps de voir une toile d’un peintre que j’aime, cela m’agace.

On vous voit toujours avec le sourire, vous arrive-t-il de pleurer?

E. R. — Oui bien entendu. Ce la m’est arrivé au décès de ma mère... Mais aussi parfois pour des raisons très nettement plus futiles. Par exemple, en regardant l’un ou l’autre film émouvant à la télé, il m’arrive d’essuyer discrètement une larme.

Alors, ce sourire, il est tout à fait naturel?

E. R. — Ben oui! Mais vous savez, mes amis me reprochent de ne plus sourire! Quand je passe à la télé, ils ont l’impression que je tire la tête. Faut dire que les nouvelles qu’il faut annoncer n’y prêtent pas souvent!

Avez-vous l’ambition de devenir Premier ministre?

E. R. — On ne pose pas des questions pareilles aux hommes politiques! Ils vont tous vous dire que non et ils pensent peut-être tous que oui.

Va-t-on inévitablement vers une nouvelle réforme de l’ Etat en 1999?

E. R. — Non. Peut-être vers des ajustements. Mais objectivement, le pays pourrait vivre sans que l’on se pose de nouvelles questions institutionnelles.

Et les hommes politiques?

E. R. — Certains hommes politiques! Je suis tout de même de ceux qui ont jeté le moins d’huile sur le feu.

Vous vous entendez bien avec quelqu’un comme José Happart?

E. R. — On a de bonnes relations personnelles. Je ne partage pas toutes ses options politiques.

En quoi irait-il trop loin?

E. R. — Et si on parlait d’autre chose que de politique?

Vous vous êtes fait une réputation par votre “parler vrai” mais aujourd’hui vous êtes parfois un peu “langue de bois” !

E. R. — On me le reproche. Mais comment voulez-vous que je fasse? Je suis vice-Pre mier ministre! Bien sûr que parfois j’ai envie de rentrer dans le lard, de dire ouverte ment les choses. Mais alors, je serais comme un éléphant dans une usine de porcelaine.

Est-ce qu’il vous arrive de vous engueuler avec Jean Luc Dehaene?

E. R. — On s’engueule de temps en temps, oui.

Vous vous dites des gros mots?

E. R. — On a des codes. Je ne suis pas du genre à dire des jurons. Quand on n’est pas d’accord, on se quitte sur un “on va y réfléchir’

Si vous n’aviez qu’une seule chose encore à réaliser dans votre carrière politique?

E. R. —Je donnerais du boulot à tous les jeunes. C’est une de mes grandes obsessions: ce n’est pas possible qu’une société progresse avec des jeunes qui ne croient plus dans l’avenir. Or, on n’est pas loin de cette situation de rupture... •

 

 

LE TOUR DU PROPRIETAIRE

Voilà une bien belle bâtisse. Faut-il parler d’une maison de maître ou d’une maison bourgeoise?

E. R. — Je n’aime ni l’une ni l’autre de ces appellations!

On a tous ses contradictions!

E. R. — Ouais. Allez, je dirais plutôt maison de maître. Cela son ne mieux.

C’est votre résidence principale?

E. R. — Oui. C’est une maison que j’ai louée à mon frère avant de la lui racheter. A cette époque, elle était très dégradée. J’ai réalisé beaucoup de travaux, mais si je devais vous montrer tout ce qui ne va pas, je n’aurais pas fini.

Qu’est que vous aimez particulièrement dans cette maison?

E. R. — J’adore ses volumes importants, ses boiseries. Mon petit bout de jardin de 60 m2 entouré de hauts murs qui me permettent de rester à l’abri des regards indiscrets lorsque je suis en tenue légère. La proximité du centre-ville.

C’est votre seul logement?

E. R. — J’ai aussi un petit kot d’étudiant à Bruxelles. C’est là que se trouvent tous mes livres d’art. J’en ai une centaine. Ma passion. •

16:15 Écrit par michelbouffioux dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

Commentaires

DEMANDE POURIEZ VOUS M AIDER A CONTACTER M DI RUPO PERSONELEMENT
POUR UNE RAISON URGENTE ET DRAMATIQUE POUR UNE PERSONNE SANS ABRI AVEC TROIS ENFANTS EN BAS AGE MERCI D AVANCE

Écrit par : M HONORE | 13/03/2008

injustice bjr, j'habite Boussu depuis ma naissance. c'est une ville de 20.000 habitants environs, hornu qui a fusionner avec boussu et ce que je remarque petit a petit on enlèves tout de boussu pour le transfèrer a hornu, plus de grand magasins les petits commerçant disparaissent, le cpas partie, bientot la police et j'en oublie encore. il fut un temps je faisait partie d'un groupement pour jeunes et là aussi on faisait tout pour hornu rien pour boussu a hornu il y a 4 maisons de jeunes et passée 20 clubs tout confondu. et a boussu rien. les jeunes de boussu ce révolte car on les respect pas surtout la politique d'hornu, normal le bourguemestre et les échevins sont d'hornu. j'ai écrit des lettres aux politiciens il me répondent qu'ils vont faire le maximum pour aider ses jeunes mais je vois rien arriver. que tout disparait petit a petit plus rien a boussu quand il fut un temps ou on pouvait y vivre

Écrit par : Corsico Gaetano | 15/03/2009

demande j'aimerai contacter M Di Rupo personellement pour les raisons que je vous ais dis

Écrit par : Corsico Gaetano | 15/03/2009

FAILLITE DEBLANDER A pourriez vous ou je pourrait trouver le journal des années 1995 -1996-1997 de la faillite des établissement Debander Arile Nissan CUESME

Écrit par : culot | 23/06/2009

premier ministre ce serait bien, un prmeir francophone après si longtemps, mais selon moi, après l'expérience Leterme, il faut laisser Dewever aller lui-même au casse pipe. Elio Di Rupo ne mérite pas cela...

Écrit par : baugnée | 16/06/2010

Bonjour Michel,

Je t'avais contacté il y a quelque temps concernant les victimes d'abus sexuels dans l'Eglise vu que je suis dans le "dit"lot (je t'avais rencontré chez Marie,rue de la Sapinière à Boitsfort, mais tu ne te souviens sûrement pas de moi). Tu viens d'écrire un article concernant Joël Devillet...je suis quelque peu consternée car il a utilisé toutes les informations que je lui ai transmises et qui devais restées dans la plus stricte confidentialité,ce qu'il m'a certifié par écrit. Je voulais te demander s'il s'est fait payer pour ces déclarations...Après Georges Frisque, voilà que lui aussi s'y mettrait?...Peux-tu me répondre à ce sujet ( mon contact 02 850 62 86 0485 466 736)
Bien à toi,
M.Boelens

Écrit par : BOELENS | 30/06/2011

En 12/2006, contact avec avocat pour plainte harcèlement contre direction. 21 mai, 2 recommandés: 1) démisse des mes fonctions d'agent provincial, 2) mise à la pension prématurée et définitive. Président de la cgsp refuse de me soutenir, cpas de Bertrix refuse indemnisations car possibilité de pension(privation du droit de recours) cinq mois sans aucun revenus, même aide d'urgence(médicaments sur prescription). Dossier transféré à Mr Courard, ministre de la fonction public. A Arlon, en charge de mon dossier, Md Dewez,secrétaire du bourgmestre d'Hotton, Mr Courard, mutée le temps du divorce de ce dernier, donc bien informé. Malgré qu'il soit parfaitement informé des manipulations des courriers qui m'ont été ou pas envoyés, il entérine la décision du conseil provincial ! 2010, dépôt de plainte pour licenciement abusif, jugement le 30 janvier 2012 à Arlon. 2008 à 2011 à Ougrée, domiciliée dans un logement social dont le pésident n'est autre que Alain Oncklincx, retenue par la société de ma prime ADEL, pas de chauffage malgré le convecteur à gaz de la prime MEBAR, problème de pression ? Jamais résolu par la société, facturation de travaux jamais exécutés( entretien chaudière:25€ à 30€ l'an), pas d'alarme incendie,... Expulsée par la juge de paix de Seraing, pour non-payement de loyers, 4h20' d'attente dans le prétoire, pas d'avocat de la partie demandresse, la juge prétent qu'il est passé et que je ne me suis pas manifestée ! Je montre les preuve de payement, je m'adresse à la greffière et lui fait remarquer qu'il reste un dossier non réclamé par un avocat," est-ce le mien?", "oui". Condanmée par défaut et expulsée de mon domicile.
Cordialement, Anne Couturier

Écrit par : Couturier Anne | 30/12/2011

En 12/2006, contact avec avocat pour plainte harcèlement contre direction. 21 mai, 2 recommandés: 1) démisse des mes fonctions d'agent provincial, 2) mise à la pension prématurée et définitive. Président de la cgsp refuse de me soutenir, cpas de Bertrix refuse indemnisations car possibilité de pension(privation du droit de recours) cinq mois sans aucun revenus, même aide d'urgence(médicaments sur prescription). Dossier transféré à Mr Courard, ministre de la fonction public. A Arlon, en charge de mon dossier, Md Dewez,secrétaire du bourgmestre d'Hotton, Mr Courard, mutée le temps du divorce de ce dernier, donc bien informé. Malgré qu'il soit parfaitement informé des manipulations des courriers qui m'ont été ou pas envoyés, il entérine la décision du conseil provincial ! 2010, dépôt de plainte pour licenciement abusif, jugement le 30 janvier 2012 à Arlon. 2008 à 2011 à Ougrée, domiciliée dans un logement social dont le pésident n'est autre que Alain Oncklincx, retenue par la société de ma prime ADEL, pas de chauffage malgré le convecteur à gaz de la prime MEBAR, problème de pression ? Jamais résolu par la société, facturation de travaux jamais exécutés( entretien chaudière:25€ à 30€ l'an), pas d'alarme incendie,... Expulsée par la juge de paix de Seraing, pour non-payement de loyers, 4h20' d'attente dans le prétoire, pas d'avocat de la partie demandresse, la juge prétent qu'il est passé et que je ne me suis pas manifestée ! Je montre les preuve de payement, je m'adresse à la greffière et lui fait remarquer qu'il reste un dossier non réclamé par un avocat," est-ce le mien?", "oui". Condanmée par défaut et expulsée de mon domicile.
Cordialement, Anne Couturier

Écrit par : Couturier Anne | 30/12/2011

je voudrais bien dire a monssieur elio di rupo que ses un prometeur de bonjour il i a quelque mois je lui ai demander de maider pour une chaise roulante electrique je ne c plus marcher et je ne c pas me la peyer mois meme il ma repomdu qui allai sen occuper mai il nen a rien fait il baime mieuw soccuper des etranger que des belgeet ma femme ne c pllus la pousser elle a 60anset mois66 ans

Écrit par : gerard | 20/06/2012

Monsieur Bouffioux,

Comme vous semblez à même de joindre le Premier, je me permets de faire appel à vos compétences à l'effet d’attirer l'attention de ce dernier sur la situation que je vis actuellement, sujet pour moi de graves préoccupations, voir d’inquiétudes quant à l'avenir.
Je suis traducteur (néerlandais, anglais, français) spécialisé dans les matières bancaires au sens large, et financières internationales, en ce compris l'investissement et ce que ce dernier implique comme connaissances économiques (principalement macro) et géopolitiques. Je traite également des documents à caractère juridique...
J'ai 57 ans et ai traversé divers problèmes de santé ce 8 dernières années. Bilan, je suis sans occupation professionnelle à la suite d'un accident cérébral don je me suis à présent remis. Mais 6 mois d'hospitalisation m'ont privé de ma clientèle. En d'autre termes, je me trouve devant le problème de reconstituer une clientèle.
Ceci étant, je ne désespère pas de trouver un emploi, même à mon âge. Mais vous connaissez comme moi la situation que nous vivons tous enfin presque tous) sur le plan économique. L'égalité des chances, l'encouragement (?) du travail de ceux qu'on appelle "les seniors" me paraissent, j'ai la franchise de vous le dire, constituer des vœux pieux, donc sans traduction dans les faits. A quoi s'ajoute la mentalité des patrons qui placent la barre de plus en plus haut et pour qui une l'engagement d'une personne de 45 + n'a plus de pertinence pour une série de bonnes ou mauvaises raisons; je laisse chacun juge...Sans compter la course animant toute entreprise qui se respecte, dans le cadre du "tout à l'argent", notre nouveau maître dans la réalité, hélas. Que sont devenues les valeurs qui nous étaient essentielles et qui auraient dû le rester.
Voilà. Je ne m'étendrai pas d'avantage sur la santé d'une société en pleine déliquescence. Je tenais simplement à attirer votre attention et, par votre truchement, celle d'Elio Di Rupo.
Merci d'avoir pris le temps de me lire et pour ce que vous pourrez faire, le cas échéant.
Bien à vous,
Olivier Van Cauteren

Écrit par : Van Cauteren Olivier | 14/08/2012

Monsieur vous parler d emplois mon époux travaille dans une boulangerie familliale a Saive commune de blégny dans la province de Liege, et ce depuis dix sept ans ,le patron le paye un salaire minimum et aujourd huit apres avoir rembouré son matelat de gros billets il se met en faillite alors que la boulangerie fais une tres bonne production,c est une boulangerie qui produit une marchandise reputée de qualité, pour gardé cette qualité et la tradition dans un village qui se meurt les ouvrier veulent reprendre cette entreprise ,cela leur permetterais de garder leurs emplois ,leur dignité car ils refusent de vivre aux crochet du systeme a savoir les allocations de chomage voir le cpas ,mais voila ils n ont que leur courage et beaucoup de volonté et tres peu d argent puisque c est le patron qui le possede ,s il vous plait si vraiment vos dires sont sinceres et que vous vouler sauver les emplois je crois que c est le moment de faire un geste pour aidé ses ouvriers et surtout évité que ce village perde un des deux commerce qui lui reste,a savoir une petit superrette et cette boulangerie,bien sur hormis le bistrot qui lui aussi se meurt .

Monsieur j ignore si vous liré mon appel a votre aide mais mon admiration pour vous me donne espoir et par avance je vous remercie

Écrit par : JONET DEBROUX | 02/09/2012

BONJOUR, JATTEND TJ. VOTRE REPONCE A MON INTERVETION (PAS D' AUGM. SALAIRE MAIS BLOCAGE DES PRIX) 3 ENV.

RE RE RE CITE
B.A.V.

Écrit par : martyniouk | 17/09/2012

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