05/01/2007

Nouvelle culture politique? (281206)

Enquête publiée dans l'hebdomadaire "La Libre Match", le 28 décembre 2006

 

Administration du Parlement wallon

Une affaire de (quelques) familles

 

stgille2«Entre Wallons, toujours on fraternise. On fait le bien sans que jamais on le dise», clame l’hymne de la Région wallonne. Force est de constater que certains mandataires politiques, au sud du pays, applique le «Chant des wallons» un peu trop à la lettre… Enquête sur les conditions de recrutement du

personnel administratif statutaire du parlement wallon. Où il apparaît que de nombreux choix d’engagement sont dictés par des critères politiques et familiaux (fils, fille, frère de…) plutôt que par la recherche de compétence.

Un audit au greffe du parlement wallon ? Ce serait bien souhaitable alors que plusieurs membres de cette administration témoignent de leur «démotivation face des pratiques népotiques d’une autre âge qui minent l’efficacité du travail et créent des injustices flagrantes en termes de promotion des agents». Encore faudrait-t-il que les partis de la majorité (PS,CDH) mais aussi de l’opposition (MR) décident de remettre en cause un système dont ils profitent allégrement. On peut toujours rêver…

 

«Pourquoi je ne travaille plus au greffe du parlement wallon ? J’espérais rester là plus longtemps mais je n’avais pas la bonne carte. En clair, je n’étais pas «la mère, la fille ou la sœur de…»… Bon, cela ne sert à rien de mettre mon nom dans votre magazine. Je n’ai pas envie d’avoir d’ennuis».

 

«A la longue, c’est démotivant. Ici, normalement, les fonctionnaires ont une carrière plane : ils montent automatiquement en grade tous les cinq ans ou tous les six ans, selon leur rang dans la hiérarchie. Mais certains d’entre nous, ceux qui ont de la famille, des amis ou des relations au parlement connaissent des carrières éclair. J’en connais qui ont gagné jusqu’à 10 ans dans leur avancement. C’est cela la Wallonie du plan Marshall ? Moi ce que je vois, c’est plutôt des pratiques népotiques d’un autre âge!».  

 

«De toute manière, on a intérêt à adopter un profil bas. Il n’y a pas de syndicat au greffe. Le secrétaire général, le bureau et le président du parlement sont tout puissants. Tant en termes de nominations que de promotions. On ne sursaute même plus quand on voit arriver un «fils de… » dans le personnel. Et cela même si on lui crée une fonction sur mesure où si cette personne – ce n’est pas toujours le cas- s’avère totalement incompétente. Du style, une secrétaire qui n’a aucune notion de traitement de texte, vous voyez ce que je veux dire…».

 

Bienvenue au greffe du parlement wallon, le centre névralgique de la démocratie «made in Wallonie» où, en toute discrétion au cours de ces dernières semaines, nous avons rencontré plusieurs «agents statutaires». Comme en témoignent les quelques citations qui ouvrent cet article, le moral de ces fonctionnaires est au plus bas : «On balance entre ras-le-bol et résignation. De toute manière, quand on a des gosses, une maison à rembourser, mais aussi un bon salaire et divers avantages, on apprend vite à ne pas trop ruer dans les brancards», résume laconiquement l’un d’entre eux.

 

«Cela leur fait des obligés qui, évidemment, ne vont jamais cracher dans la soupe»

 

Quelques petits rappels d’histoire et d’architecture institutionnelles ne sont pas inutiles pour évaluer de l’importance du lieu dont nous parlons. Institué, il y a 26 ans (Art.1er de la loi spéciale de réformes institutionnelles du 8 août 1980), le parlement wallon est composé de 75 députés élus directement au suffrage universel. Contrairement à ce que pourrait laisser supposer un certain poujadisme ambiant, ceux-ci ne manquent pas de travail : exercice du pouvoir législatif au travers de propositions et d’adoptions de décrets, vote du budget du gouvernement, contrôle permanent de l’exécutif via des interpellations ainsi que des questions écrites et orales, réunions en séance plénière et de multiples commissions…

 

Une grosse machinerie qui, pour fonctionner correctement, a bien besoin de l’appui d’une centaine de fonctionnaires : ce sont les «agents statutaires» du greffe. Essentielles à la bonne marche de la vie parlementaire, leurs missions sont aussi très diverses : les fonctionnaires du greffe dressent acte des délibérations de l'Assemblée et tiennent le procès-verbal de séance. Ils prennent note de tout ce qui se dit dans les diverses commissions. Ils assistent le Président du parlement en toutes circonstances. Ils assurent la convocation et l’organisation pratique de toutes les réunions, l'impression et la diffusion des documents, ils gèrent les archives… Bref, sans eux, rien ne pourrait se faire !

 

A la tête de cette armada de scribes, de secrétaires, de huissiers, d’informaticiens et autres comptables se trouve le «greffier». C’est le big boss, un personnage réputé être aussi puissant que le président du parlement. Il a vue sur tout ce qui se passe dans le saint des saint de la démocratie wallonne et, contrairement aux élus, son mandat n’est pas mis en balance tous les cinq ans. Actuellement, c’est un membre du PS qui assume cette haute fonction. L’homme s’appelle Jean-Claude Damseaux et il a été nommé par le parlement en séance plénière… Contrairement à tous ses subordonnés qui, eux, ont été engagés par un autre organe, nettement plus restreint, composé de 9 personnes seulement. A savoir ? Le «bureau» du parlement…

 

«C’est explicitement prévu par l’article 46 alinéa 2 de la loi spéciale du 8 août 1980 : ‘le bureau nomme les membres du personnel du parlement wallon à l'exception du greffier’», décode un agent du greffe. Précisant, quelque peu désabusé : «En d’autres termes, 9 personnes sont souveraines en matière de recrutement. N’ayant de comptes à rendre à quiconque, elles en profitent allègrement pour placer des relations amicales, politiques ou autres au greffe. Cela leur fait des obligés qui, évidemment, ne vont jamais cracher dans la soupe. Ce système qui incite au clientélisme et au népotisme est aussi ancien que le parlement wallon lui-même… Seul les Ecolos, durant les législatures où ils ont été présents au bureau, ont procédé d’une autre manière. Lorsqu’une personne pouvait être engagée sur leur quota politique, ils mettaient une annonce dans le journal et ils organisaient un concours. Pour tous les autres, CDH, MR, PS, l’engagement s’est toujours fait à la tête du client, la compétence n’étant qu’un atout subsidiaire». 

 

Qui sont les membres de ce bureau «tout puissant» en matière de recrutement ? Il s’agit de députés wallons désignés par l’assemblée parlementaire. A savoir un président, trois vice-présidents et des secrétaires. Et, cela va de soi, la composition de cet organe est le reflet immédiat des rapports de force politiques au sein de l’assemblée. Actuellement, cela donne ceci : José Happart (PS), président; Véronique Cornet (MR), 1ère vice présidente ; Michel Lebrun (CDH); vice président, Charles Janssens (PS), vice président; Et 5 «secrétaires» : Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), Jean-Pierre Dardenne (MR), Paul Ficheroulle (PS), René Thissen (CDH), Paul Furlan (PS). Ce groupe accueille aussi en son sein le secrétaire général ou greffier, Jean-Claude Damseaux (PS).

 

Des cas concrets ? En voici…

 

Le décor étant planté, qu’en est-il de la crédibilité des accusations de favoritisme et de népotisme formulées par les quelques agents statutaires du greffe que nous avons pu rencontrés ? Plusieurs semaines d’enquête nous permettent  -malheureusement pour une institution qui devrait se montrer exemplaire en termes d’éthique- de répondre qu’elle est totale ! Des exemples? En voici quelques-uns seulement car le cas du patient est si préoccupant qu’il en devient impossible de décrire ici tous les symptômes de la maladie… Bien que nous disposions d’informations très précises, nous ne citerons que des prénoms car le propos de cet article n’est pas d’attaquer des gens à titre personnel, mais de démonter un système qui est contraire aux principes élémentaires de bonne gouvernance.

 

- Chantal, mère de… : Il y a quelques semaines, son engagement en temps que huissier réceptionniste a été entériné par le «bureau». Pas d’examen, bien sûr, mais une belle carte de visite : Chantal est la maman de Jean-Charles Luperto (PS), député au parlement wallon où, cela ne s’invente pas, il préside la Commission relative à l’Emploi… Cet homme qui monte dans les rangs socialistes est depuis peu le nouveau bourgmestre de Sambreville. Patricia, une autre personne qui travaillait au greffe depuis un certain temps avec un contrat de remplacement lorgnait sur la place. Il est vrai que Patricia avait été recrutée du temps où son soutien à elle, l’ex-bourgmestre de La Louvière Willy Taminiaux (PS), était encore membre du «bureau». Mais, après la démission de Jean-Claude Van Cauwenberghe de la ministre-présidence de la Région wallonne, il y a quelques mois, Taminiaux a quitté le «bureau» pour faire place à son camarade carolo (ndlr : Il est vrai que la fonction de «membre de bureau» confère certains avantages, comme une voiture avec chauffeur que Van Cau avait perdu en quittant l’Elysette). Patricia est donc, en quelque sorte, une victime collatérale des «affaires» mais ne comptez pas sur elle pour s’en plaindre d’une quelconque manière à un journaliste. C’est vrai qu’il y a toujours une solution pour ceux qui savent se taire : elle a été replacée depuis lors dans une autre administration.

 

- Bénédicte, fille de… : Avec le rang d’attaché, elle a travaillé notamment pour la commission du budget du Parlement wallon. On lui prête une belle carrière en devenir, d’autant qu’elle est proche du directeur général, Jean Kalkmann (CDH) dont elle est désormais une collaboratrice directe. Surtout, Bénédicte est la fille de Michel Lebrun, ancien ministre, député wallon et… membre du «bureau» du parlement wallon. Au minimum, papa ferait bien de se retirer si un jour il devait être question de l’avancement de la petite lors d’un prochain «bureau».

 

- Sibylle et Lionel, fille et fils de… : L’une travaille au service informatique, l’autre est rédacteur et il est occupé dans le service du CRI (Compte rendu intégral). Tous deux sont les enfants de Jean-Marie Séverin (MR), député wallon, ex-vice président du Parlement wallon, ex-ministre des Affaires intérieures et… de la fonction publique, échevin à Eghezée. Sur le site du MR, on renseigne utilement que l’une des matières de prédilection de Jean-Marie Severin est… l’emploi.

 

- Sonia, amie de… : Particularité de cette secrétaire : son mari –aujourd’hui décédé- entretenait autrefois une relation amicale de longue date avec le député wallon et bourgmestre d’Incourt, Léon Walry (PS). Son arrivée au greffe, comme celle d’autres personnes, a fait un peu de casse, parce qu’il a fallu mettre quelqu’un d’autre à la porte pour lui faire de la place… La victime de ce jeu de chaise amicale, une certaine Chantal, ne se plaint pas : tant qu’elle peut faire encore quelques intérims…

 

- Sandrine, épouse de… : Au sein du greffe, des mauvaises langues prétendent que sa place était déjà réservée plus d’un an avant qu’elle n’effectue ses débuts dans cette administration.  Par qui ? Par l’ancien président du parlement Robert Collignon (PS). Faut dire que Sandrine est l’épouse du fils de Robert, à savoir Christophe Collignon, l’homme qui aux dernières communales est passé à côté de la succession de papa dans la bonne ville d’Amay. Avec le rang de conseiller, Sandrine rempli une tâche de secrétaire de commission.

 

- Isabelle, amie de…: Nommée 1er conseiller, le 18 mai 1998. Promue au grade de directeur d’administration, le 17 janvier 2002. Nommée directeur général adjoint le 23 mars 2006, Isabelle n’a pas connu la carrière «plane», avancement automatique tous les cinq ans, de la plupart de ses collègues du greffe. Est-ce, comme nous le dit un membre du personnel, parce qu’elle est particulièrement fidèle au MR où elle est amie de très longue date avec un ponte du MR ? 

 

- Jean-Luc, fils de… : Passionné d’informatique, ce fils de l’ancien sénateur et président honoraire des questeurs du Sénat, Jean Bock (MR) s’est fait aussi recommander au greffe du parlement wallon.

- Katia, belle fille de… : la belle fille du député de l’arrondissement de Dinant-Philippeville, Guy Saulmont (MR) occupe quant à elle une place de rédacteur au compte-rendu intégral.  

 

- Xavier, fils de… : Cet agent qui travaille à la commission du budget a bénéficié en son temps du soutien d’un ministre des Affaires étrangères du temps où son père, Guy Pierrard était député wallon. «Il a cependant craint pour sa place quand son papa a quitté le MR pour rejoindre le Rassemblement Wallonie-France mais les choses se sont ensuite calmées», nous raconte l’un de ses collègues.

 

Eric, Jean-Claude et un autre Jean-Claude ont tous les trois des points communs. Ces huissiers étaient chauffeur de personnalités politiques de premier plan avant d’être recasés au greffe. Le premier de Joëlle Milquet (CDH), le second de Philippe Busquin (PS), le troisième de Charles-Ferdinand Nothomb (CDH)

 

Et ça continue encore et encore…

 

La carte amicale ou politique n’est pas la seule que l’on peut jouer pour rentrer au greffe du parlement wallon. Avoir quelqu’un de la famille dans la place est aussi un sésame intéressant pour y trouver un emploi. Ainsi, Jean-François, le fils de Jean-Claude Damseaux, le greffier himself, travaille au service informatique de cette administration dont il a d’ailleurs créé le site internet. L’agent statutaire Virginie, quand à elle, est la belle fille du directeur général du greffe, Jean Kalkmann (CDH). S’entend-t-elle bien avec Jeannine ? Cette secrétaire de première classe travaille aussi au greffe, mais elle est aussi la belle-mère de Virginie et la femme du directeur général précité. «Ce qui met Jeannine à l’abri au point de vue horaires», note perfidement un membre du personnel du greffe.

 

Autre exemple, dans le rayon «famille», celui de Murielle, un agent étiqueté PS, qui occupe une fonction dirigeante au greffe : non seulement elle y a connu une ascension fulgurante en sautant plusieurs étapes de la carrière dite «plane», mais en plus, sa sœur Sophie et son mari Albert ont pu y également trouver de l’embauche.

 

Nous aurons enfin la pudeur de ne donner aucun détail qui permettrait de reconnaître –même en interne- deux cas de promotions canapés (pas étonnantes dans ce contexte d’arbitraire total en termes de recrutement) qui nous ont été détaillés. L’ex maîtresse de… ou la sœur de la maîtresse de… se reconnaîtront.

 

«C’est un mauvais procès. Tout fonctionne bien…»

 

Dans un tel contexte, le greffe est-il, malgré tout, un outil efficace ? «Mais tout à fait! Par rapport à toutes les administrations que j’ai connues durant ma carrière politique, je trouve même que le greffe est une administration extrêmement bien rodée», assure le président du Parlement wallon, José Happart (PS). Le fait que des «fils, frère, amis de…» trouvent plus aisément à se faire embaucher dans cette administration que d’autres ne le choque pas particulièrement : «Ce qui m’importe, c’est que les personnes recrutées soient compétentes. Or, pour l’heure, je n’ai aucun reproche à faire à qui que soit dans cette administration en termes de qualité du travail fourni. Il faut arrêter ce mauvais procès. Ce n’est pas parce qu’on est le fils ou la fille de que l’on devrait être nécessairement écarté ! On recrute ici comme ailleurs.»

 

« Bien sûr», argumente encore M. Happart, on pourrait mettre en place des procédures d’examen pour faire semblant de… Cela rassurerait peut-être certains esprits chagrins mais en fait, ce serait lourd, cela coûterait cher et ce serait même hypocrite parce qu’in fine, il y aurait de toute façon un choix du politique. En plus, il faut regarder autour de soi. Des engagements qui sont favorisés par des liens familiaux, cela existe aussi dans d’autres secteurs : combien de gens travaillent à la FN ou au chemin de fer de père en fils ? Quand une famille est connue et qu’elle donne entière satisfaction, cela favorise ce genre de choses. Pour nous qui engageons, tout partis confondus, c’est important d’avoir des gens proches dans lesquels on peut avoir confiance. Et puis, ici, il n’y a pas de hauts salaires ou des gens qui puisent dans la caisse. Tout fonctionne très bien.»

 

Qu’en est-il des carrières éclaires de certains agents ? «C’est vrai qu’il y a des membres de ce personnel qui ont bénéficié d’avancements plus rapides», reconnaît le président du parlement wallon. «Mais cela s’est toujours fait sur base d’évaluations très poussées et d’un satisfecit de leurs chefs et de leurs cadres. C’est bien simple, je ne connais pas une personne dans cette administration pour laquelle je pourrais dire que le choix d’une nomination ou d’un avancement n’ait pas été judicieux. Oui, il y a des ‘fils de’, ‘des amis de’ et ‘des proches de’ dans ce service, mais ils sont aussi compétents que les autres !».

 

«Le bureau peut choisir n’importe qui. C’est le règne de l’arbitraire»

 

Pour le chef de file Ecolo au parlement wallon, Bernard Wesphael, certes «le greffe fonctionne bien et il y a une bonne dynamique». Mais, dit-il, «il faut regretter que ses moyens pour couvrir l’ensemble des travaux du parlement restent trop limités. Le cadre devrait être complété». A la différence du président du parlement, le député vert ne cautionne pas le népotisme qui se manifeste dans les recrutements : «Comme tout le monde ici, je sais que ce problème existe. Mais actuellement les Verts ne sont pas membres du bureau et lorsque nous y étions, sous la législature précédente, nous n’avons jamais participé à ce genre de pratique. Lorsqu’il s’agissait d’engager des gens dans le quota qui nous était attribué, nous avons toujours fait des appels publics suivis d’examens sanctionnés par un jury indépendant. Résultat : pas mal de personnes que nous avons choisies n’étaient pas du tout Ecolo! Il serait souhaitable qu’une telle sélection rigoureuse, basée uniquement sur des critères de compétence, soit généralisée à tous les partis.» La démotivation du personnel ? «J’ai aussi entendu ce genre de plainte», confirme le parlementaire avant de préciser, un peu dépité : «Je suis intervenu régulièrement en conférence des présidents pour que l’on mette à plat le fonctionnement du greffe. Mes collègues des autres partis me répondent gentiment qu’il y a là un vrai problème… Mais rien ne bouge ! J’y reviendrai donc encore…»  

 

Le député wallon et bourgmestre de Namur, Jacques Etienne (CDH) est nettement plus offensif : «Le travail du greffe?  Cela manque un peu de rigueur et de discipline. J’ai un peu le sentiment que tout le monde y fait ce qu’il veut… Vous avez parfaitement raison de vous interroger sur les méthodes de recrutement mises en œuvre par le bureau du parlement. Je vous confirme que dans cette administration, cela pullule de ‘fils de’, de ‘sœurs de’, de ‘tantes de’, etc…! Qu’il s’agisse de branquignoles ou de personnes qualifiées… C’est le règne de l’arbitraire : le bureau peut choisir n’importe qui, n’importe comment et sans garantie en termes de compétences. Il en va de même pour certaines promotions qui sont accordées à la tête du client. Ce système pour le moins archaïque n’existe pas dans les autres assemblées du pays. Pour moi, c’est une évidence: il faudrait dégager un accord politique pour que l’on en vienne à des procédures d’examens qui objectivent les nominations et les promotions!».

 

Voilà une sortie qui fera certainement plaisir aux collègues CDH de Jacques Etienne qui siègent au bureau du parlement wallon… Afin d’être complet, nous aurions aimé également alimenter ce débat par l’opinion d’un membre MR de ce «bureau», mais c’est en vain que nous avons contacté à plusieurs reprises le secrétariat de la députée Véronique Cornet.   

 

Egalité des chances?

Charles et Mathieu Michel, Freya Van den Bosche, Melchior Wathelet jr, Frédéric Daerden, Alisson De Clercq, Chantal Bertouille, Denis et Lucas Ducarme, Olivier Langendries, Benoît Lutgen, Vincent Despiegheleer, Gilles Foret, Alain Mathot, Laurette et Alain Onkelinx, Christine Defraigne, Benoît Bayenet, Véronique Cornet, Rik Daems, Jacques Simonet, Bernard Clerfayt, Caroline Désir, Alex Tromont, Philippe Van Cauwenberghe, Pascal Lafosse, Renaud Duquesne, Frédéric Nimal, Bruno Toback, Olivier Harmegnies, Sophie Pecriaux… Loin d’être exhaustive, cette liste de noms confirme que, depuis quelques années et tous partis confondus, les filles et fils de ténors de la politique belge sont de plus en plus nombreux à avoir pris la relève de leur papa (où, beaucoup plus rarement, de leur maman). Vivons-nous désormais dans une «démocratie représentative héréditaire» ? Soyons très clair : ce n’est pas parce qu’une personne est une «fille de» ou un «fils de» qu’elle doit être suspectée d’incompétence. De plus, la transmission de savoirs et de carnets d’adresse de père en fils, cela se fait légitiment dans tous les secteurs professionnels. On connaît aussi des dynasties d’architectes, de bouchers, d’entrepreneurs, de plombiers, de footballeurs, de journalistes… On voit mal au nom de quel principe éthique, il devrait être interdit que de telles «successions» se produisent également dans la vie politique. S’il est évident que ces «filles et fils de» ont un parcours politique facilité par leur position familiale, on peut estimer qu’ils respectent les règles du jeu démocratique puisqu’ils briguent des mandats électifs. En d’autres termes, si nos concitoyens estiment opportun de voter pour les enfants d’hommes et de femmes politiques célèbres, il n’y a pas de quoi s’offusquer. Par contre, ce qui choque dans le cas du greffe du parlement wallon, outre l’ampleur du système népotique qui y est mis en oeuvre, c’est que les «nominations familiales» et les promotions s’y exercent allègrement en dehors de toute transparence. Rappelons si nécessaire que les 9 membres du «bureau» ne sont pas les actionnaires d’une boîte privée ou d’une entreprise… familiale mais des représentants du peuple qui doivent garantir le bon fonctionnement d’une administration publique financée par les deniers du contribuable. Cela implique notamment le respect  d’une valeur démocratique essentielle : l’égalité de chances… 

 

 

13:56 Écrit par michelbouffioux dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

Commentaires

la fraternité... Mais il faut aussi parler des dessous et influences des liens qui unissent les frères et soeurs des loges maçoniques ...

Écrit par : Claeys | 10/01/2007

HEUREUX ! que tu n'aies pas perdu ta plume acerbe qui me manque tellement. Heureux que tu continues à investiger et à dénoncer ce qui ne va pas dans ce pays à la déglingue. Heureux que tous tes ennuis n'ont apparemment pas entamé ton courage.
Je te référencie dès maintenant sur mon blog. Bien moins populaire que le tien. Mais si cela peut t'apporter un ou deux lecteurs supplémentaires, j'en serais HEUREUX!
Amitiés.

Écrit par : Patrice Lambert | 20/01/2007

au priver cela est de meme voilaje travail dans un dépôt de gazp,pendant des années
les grands de cet entreprise on fait n'inporte quoi,achat de ci de la détourner meme des matières qui font partie de ce dépôt.
l'ouvrier a suivit,puis un jour le grand bos est décédé sa femme a reprit ce bien en main et a rechercher les causes
tout est bien ficellé depuis cet socièté a difficile de redémaré dut que ce personnage est en place et fait tout pour qu'il aie dérive,au sien car elle a besion de lui
mais aussi une forme de compliciter existe entre cet direction et elle.

Écrit par : philippart alain | 27/01/2007

Nepotisme sauce MR Je bosse dans une administration où tous les postes importants sont occupés par le MR qui bloque carrément tout esprit d'entreprise, d'initiative, de progrès.

Et ce que j'y vois n'est pas triste. Face aux pratiques nepotiques du MR, les affaires socialos apparaissent comme des jeux de vilains garnements sans plus.

Je veux dire par là qu'au niveau de l'éthique, le MR, c'est vraiment ce qui se fait de pire...

De façon très étonnante, les médias se sont montrés particulièrement discrets par rapport à l'affaire Reynders en 1999 (qui recommence ?). Rappelons que d'après la loi, celui ci aurait du se voir retier ses droits civils et politques !

Mais quand on a placé toute sa famille dans le monde de la justice, on ne s'étonnera pas des résultats de la non séparation des pouvoirs qui est quand même la base de toute démocratie...

Le CSJ créé pour éviter les nominations politiques et partisanes des magistrats est ultra libérale !

Merci à l'éthique" du MR et de son très démocrate président... mdr....

mais très inquiétant !

Écrit par : Le liégeois | 09/05/2007

promotion au violeur de la constitution a la RBC tu viole la constitution (jugé par le C.E) comme fonctionnaire, t'es promu de suite directeur par le MR , merçi la politisation

Écrit par : simoneti | 08/06/2007

Méthodes au PW Outre la manière d'engager le personnel du Parlement wallon, il serait bon qu'un jour on écrive un article sur la manière dont la Direction musèle le petit personnel qui souhaite travailler dans de bonnes condidions. Rumeurs, ragots, manipulations... Au PW, lorsqu'on n'est pas dans les camarades, on ferme sa gueule et on reste caché dans son bureau, sinon...

Écrit par : PPPP | 21/02/2008

Méthodes au PW Outre la manière d'engager le personnel du Parlement wallon, il serait bon qu'un jour on écrive un article sur la manière dont la Direction musèle le petit personnel qui souhaite travailler dans de bonnes condidions. Rumeurs, ragots, manipulations... Au PW, lorsqu'on ne fait pas partie des camarades, on ferme sa gueule et on reste caché dans son bureau, sinon...

Écrit par : AAAA | 21/02/2008

C'est vraiment trop marrant ! Quand on sait que le MR a placé tous ses petits soldats à la justice liégeoise et que le MR pratique le nepotisme et le clientelisme comme nul autre parti, on se rend compte à quel point il n'exite plus de presse de gauche en Belgique, de contre-pouvoir et qu'on peut dire toute et svt n'importe quoi ds la presse dont bcq de citoyens font de leurs articles des paroles d'évangile !
Triste !
On reparle des affaire Reynders, Ducarme, Jerouville, Boite, Vandenhaute, Cahay, Fournaux, etc ? Etonnament, rien sur ces affaires ! rien du tout !

Écrit par : Chris | 25/05/2008

Il ya beaucoup à étudier de them.They ont administré les services pour un temps très long et le temps de planification lié avec la bonne exécution a vraiment le truc pour wallonne.

Écrit par : microneedling | 13/05/2014

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