09/05/2006

Matches de foot truqués (27/04/06)

Article publié dans l'hebdomadaire belge "Ciné-Télé Revue, le 27 avril 2006.

Les aveux d'un joueur de D1

 

Jusqu’ici, les rumeurs les plus folles ont couru à propos du système de corruption mis en place par le Chinois Zheyun Ye. Pour la première fois, voici les aveux d’un joueur qui a touché de l’argent pour fausser plusieurs rencontres du championnat de Belgique. Rendez-vous secrets, sombres combines, menaces : l’ex-capitaine du Lierse dit tout : « Nous devions tricher pour diminuer la valeur marchande du club. Mais nous avons joué contre une très mauvaise équipe et même en le faisant exprès, on n’arrivait pas à perdre. Contre le Standard, c’était toujours 0-0 et on se demandait comment faire gagner les Liégeois » (…) Le Chinois était furieux. Il a proféré des menaces claires à l’encontre de la femme et des enfants de Van der Straeten, simulant une agression avec deux véhicules et des personnes armées de mlitraillettes qui tiraient dans le tas (…) Après Anderlecht et l’incident de l’hôtel, cela ne pouvait plus durer. Le groupe voulait arrêter de manipuler les matches. Mais le Chinois, qui avait perdu quelques millions d’euros, nous a demandé un dernier trucage».

 

«Laurent Fassotte s’insurge et dément avoir participé à une quelconque corruption. Par conséquent, il n’a rien à avouer». Bref, clair et précis. Communiqué par son avocat, Me Paul Thomas, ceci est le seul commentaire de l’ex-joueur du Lierse depuis l’éclatement de l’affaire des matchs truqués. Il date du 16 février dernier, soit au lendemain de son premier interrogatoire par la police fédérale dans le cadre de l’instruction menée par la juge d’instruction Sylvania Verstreken. A l’époque, Laurent Fassotte voulait faire part de son indignation après la publication d’articles qui avaient annoncé qu’il était en aveux d’être impliqué dans l’affaire des matches truqués par la mafia chinoise. Quelques mois plus tard, les documents que dévoile « Ciné-Télé Revue » démontrent rien n’a été inventé.

 

Le chemin du joueur de foot vers des aveux circonstanciés s’est fait en trois étapes :

 

Interrogé une première fois par les enquêteurs dans la matinée du 15 février 2006, Fassotte admet qu’il a rencontré quelque fois le Chinois Zheyun Ye, mais il nie avoir connaissance de matches truqués.

 

Dans l’après-midi de ce même 15 février, le sociétaire du Lierse concède aux policiers qu’il doit «préciser certaines choses». Il reconnaît alors que des matchs du Lierse ont bel et bien truqués à l’initiative de l’entraîneur Paul Put et avec l’accord de plusieurs joueurs, dont lui-même. Mais il refuse encore d’admettre que des enveloppes ont circulé dans le vestiaire afin de motiver les joueurs à lever le pied : «Je tiens à dire que je n’ai personnellement rien reçu du Chinois ou de quiconque pour les matches perdus. Je ne sais pas si les autres ont reçu de l’argent, mais je ne le crois pas».

 

Le 23 février, à 10 h 15, Laurent Fassotte revient devant les enquêteurs et, cette fois, il raconte tout : «En fait, je tiens à vous dire toute la vérité (…) avec le recul nécessaire». Commence alors la rédaction du procès-verbal numéroté 107927/2006, une audition particulièrement détaillée et surtout très éclairante sur les magouilles qui ont pourri le foot belge. C’est ce document exclusif que les lecteurs de « Ciné-Télé Revue » vont pouvoir découvrir.

 

Avant d’en entamer la lecture, il n’est pas inutile de préciser que, dès le mois de mars 2006, Laurent Fassotte a reçu l’autorisation de l’Union belge de Football de reprendre du service dans le club de Sprimont (Division 3). Argument invoqué :  il est « présumé innocent ». En outre, l’ex-capitaine du Lierse a entamé deux actions en justice. L’une contre l’Union belge réclamant « la cessation des poursuites disciplinaires jusqu’à la fin des poursuites pénales » et l’autre contre son ancien employeur en contestation de la faute grave qui a été invoquée par le Lierse lors de son licenciement notifié le 17 février 2006.

 

Derniers éléments : le 8 mars dernier, lors d’une audition devant la commission d’enquête de l’Union belge, Laurent Fassotte a confirmé l’entièreté de ses aveux et, à la mi-avril, son avocat a confirmé qu’il faisait partie des joueurs désormais inculpés de corruption passive dans l’affaire des matches truqués…


Afin de respecter le contenu du PV 107927/2006, nous avons volontairement conservé le langage de la déposition de Laurent Fassotte et effectué seulement des corrections orthographiques.


  — La Police Fédérale : Souhaitez-vous apporter une explication complémentaire ou une modification à votre audition précédente ?

      Laurent Fassotte :

Oui, en fait, je tiens à vous donner toute la vérité. Je tiens d’abord à dire que j’ai été le premier à être en aveu d’avoir participé au trucage de matches. Que je n’ai aucun antécédent judiciaire et que c’était la première fois que j’étais entendu par la police. Je n’étais pas préparé à répondre des faits qui m’étaient reproché. Aujourd’hui, avec le recul nécessaire et vu le déballage médiatique, je tiens à vous faire une déclaration complète.

 

Tout ceci a en fait commencé fin novembre 2004 avec une réunion qui a eu lieu dans un café appelé PERGOLA. Je me suis rendu à cette réunion à la demande de mon capitaine de l’époque VAN DER STRAETEN Yves. Yves m’a dit qu’il avait eu contact avec l’entraîneur Paul PUT et que nous devions nous rendre au café PERGOLA après un entraînement. Cela ne m’a pas plus surpris que cela car nous fréquentions cette endroit de manière habituelle. Il faut dire qu’il est à un petit kilomètre de l’endroit où on s’entraîne. Etaient présents à cette réunion VANDERSTRAETEN Yves, MITU Marius, DELORGE Laurent, KACIC Hassan, NIKOLOWSKI Igor, DEMAN Patrick et PUT Paul. En réalité, était présente la colonne vertébrale de l’équipe, ceux qui avaient le plus de charisme dans le groupe.

 

Vous devez savoir qu’à cette époque, le club était en grande difficulté financière. Nous avions des retards fréquents de paiement de salaire. Cela dépassait un mois ou un mois et demi de retard. Monsieur PUT nous explique qu’un investisseur est intéresé par le club et que cela est concret. Monsieur PUT précise que le club n’est pas loin de la faillite. Monsieur PUT ajoute que les joueurs qui sont à la réunion n’auront pas trop de difficultés à retrouver un club dans le cas ou nous serions libres sur le marché du travail, il dit enfin que des discussions ont été entammées avec le direction de l’époque sur le prix de rachat du club. Cette réunion a eu lieu la veille de LIERSE/BRUSSELS du premier tour. A cette époque, nous étions bien classés et PUT précise que la valeur est trop élevée pour l’investisseur. PUT nous fait comprendre que pour diminuer la valeur marchande du club, il ne faut plus trop prendre de points. On est alors confronté au dilemne d’accepter cette proposition qui consiste à lever le pied dans certains matches ou de refuser la faillite du club. Je tiens encore à préciser que MITU et moi avons connu la faillite du RWDM avec toutes les conséquences que cela entraîne pour les joueurs et leur famille. »

  A ce moment, y a-t-il eu des réactions au sein du groupe ?

  — Oui, bien sûr. Il y a eu un débat entre nous tous pour savoir si, oui ou non, nous acceptions. Il faut savoir qu’on nous demandait de prendre une décision immédiatement. Au départ, aucun des joueurs n’étaient favorables à cette idée. Au fur et à mesure du débat, nous devions prendre une décision à l’unanimité, ce

que nous avons fait en acceptant tous.

  — Monsieur PUT vous a-t-il parlé qu’en contrepartie de ce « service », de l’argent serait versé aux joueurs, à l’entraîneur et à l’adjoint ?

  Au départ, non. Mais il est clair que nous avons quand même fait remarquer que si nous perdions des points, cela aurait une incidence financière. PUT Paul nous dit alors qu’il va en parler à l’investisseur.

  Selon la déclaration de PUT, il semble qu’à l’issue de cette réunion, une enveloppe ait été donnée à chaque joueur présent. Et cela se serait passé sur le parking du café PERGOLA.  Quand ?

  En fait, lorsque nous avons parlé des primes de matches, PUT a dit qu’il avait déjà l’argent et de retour au terrain d’entraînement à KESSEL, PUT nous a remis une enveloppe à chacun. Je pense qu’il y avait 5.000 euros. En cas de victoire, je reçois 2.500 euros du club et 1.250 euros en cas de match nul selon mon propre contrat. Cela varie en fonction des contrats de chacun. Je suis certain que l’argent n’a pas été remis au parking du PERGOLA.

  — Avez-vous remarqué quelque chose de particulier, soit sur l’enveloppe ou à l’intérieur ?

  Il s’agissait d’enveloppes blanches. Je ne me souviens pas s’il y avait un numéro ou un nom sur l’enveloppe. Je tiens à dire que lorsque le Chinois m’adressait la parole, il m’appelait « n° 4 ».

  — Que s’est-il passé lors de ce match, puisque vous avez gagné 5-1 ?

  En fait, nous avons joué contre une très mauvaise équipe et même en le faisant exprès, on n’arrivait pas à perdre. A la mi-temps, nous menions 3-0 et entre nous, on a dit : « On continue pour arriver à gagner 5-1 ». PUT ou DEMAN, je ne me souviens plus, nous a dit qu’étant donné que nous n’avions pas levé le pied contre le BRUSSELS et donc pas rempli notre mission, nous devions le faire contre GENK la semaine suivante. Cela ne m’a pas interpellé plus que ça, car le but était de redescendre au classement progressivement et on avait encore le temps de le faire.

  Que s’est-il passé au match contre GENK ?

  Le gardien VAN DER STRAETEN ne pouvait pas être aligné pour des raisons médicales. Le problème se posait car l’entraîneur devais mettre un autre gardien qui n’était pas dans la combine. PUT nous demande alors si on doit parler à MARDULIER Cliff de la combine. Nous n’étions pas d’accord d’en parler à Cliff MARDULIER pour deux raisons ; la première par rapport à nous, pour nous protéger, et la deuxième parce que Cliff est un jeune joueur bon vivant qui ne sait pas se taire.

 

Je dois dire que le jour de cette rencontre, nous pensions que CLIFF ferait le match de sa vie pour se mettre en valeur. Nous avons été certains de cela lorsqu’il a arrêté un penalty. Après 30 ou 35 minutes Cliff a demandé à sortir, ce qui m’a paru étrange et j’étais convaincu qu’il avait quelque chose qui avait été préparé entre PUT, DEMAN et MARDULIER. Il faut savoir que lorsque MARDULIER est titulaire, c’est DEMAN qui est gardien réserve. Nous avons donc perdu ce match 3-0 alors que DEMAN était gardien. Nous avons eu une réaction envers PUT-DEMAN pour ce qui s’était passé et nous avons marqué notre mécontentement car ils nous avaient un peu trahis puisqu’ils nous avaient demandé notre avis sans le suivre. PUT et DEMAN nous ont garanti que MARDULIER ne connaissait pas le nom des joueurs impliqués.

 

Je tiens à dire que pour les matchs à domicile, nous n’étions pas d’accord de jouer ce jeu. Il est exact que nous avions convenu entre nous de ne pas remplir nos devoirs tactiques dans le cas où il fallait laisser gagner l’adversaire sans ce que ce soit trop flagrant. Je tiens à dire que nous n’avions reçu aucune instruction à ce moment-là du Chinois. Pour GENK, cela n’a pas été tout à fait nécessaire. Je tiens à dire que pour ce match de GENK, VAN DER STRAETEN n’étant pas aligné, c’est MITU qui a porté le brassard de capitaine ce jour-là. »

  VAN MEIR Eric était-il au courant de ce qui se passait ?

  Non, il était le troisième entraîneur et je ne pense pas qu’il était au courant de quoi que ce soit.

  Que s’est-il passé lors du match LIERSE/LOKEREN ?

  — Personnellement, j’étais suspendu. Nous avons gagné 2-0. Les joueurs avaient décidé de jouer les matches à domicile pour les gagner.

  Que s’est-il passé lors du match LA LOUVIERE/LIERSE ?

  — Nous avons perdu 3-2. Nous nous sommes de nouveau retrouvés avec un problème de gardien, MARDULIER étant blessé, et VAN DER STRAETEN étant malade, DEMAN a tenu la poste. A partir de ce match, nous savions que le Chinois était le fameux investisseur. Il est exact que c’est lui qui nous remettait les enveloppes et non plus Paul PUT. Nous avions effectivement levé le pied. Je tiens à dire que, début janvier, nous avions recommencé l’entraînement par un stage en Espagne. L’entraîneur et DEMAN se consulte individuellement avec chaque joueurs et là, ils m’ont confirmé que nous devions encore lever le pied pour certains matches car nous n’avions pas encore atteint le classement prévu. Là, il précise que c’était au choix des joueurs. Nous en avons parlé entre nous et nous avons décidé de choisir les rencontres. Le STANDARD était le premier de ces matches du deuxième tour.

  Que s’est-il passé lors de STANDARD/LIERSE ?

  — Nous avons perdu 4-1. VAN DER STRAETEN était dans le but et était capitaine. Après une demi-heure de jeu, c’était toujours 0-0 et on se posait des questions : « Comment arriver à ce que le STANDARD gagne ? ». A la mi-temps, le STANDARD menait 1-0. Lors de ce match, nous devions perdre avec un écart important. Nous devions montrer que notre équipe n’avait plus d’âme et que nous jouions sans en vouloir. Nous avons reçu de l’argent et je suis presque sûr que, comme à chaque fois, c’était avant la rencontre. Nous avons reçu plus que 5.000 euros, mais je ne me souviens plus de combien ni qui m’a remis l’enveloppe. A la fin de tout ceci, il m’est resté, après avoir reçu et rendu, entre 10 et 12.000 euros. Nous parlons toujours du même groupe de joueurs qui étaient présents lors de la réunion au PERGOLA.

  Que s’est-il passé lors du match EUPEN/LIERSE ?

  — Pour les matches de coupe, dont celui-là, nous avions décidé de ne rien faire. On jouait pour les gagner. Nous avons gagné celui-là 0-7.

  Que s’est-il passé lors du match LIERSE/WESTERLO ?

  — Nous avons gagné 3-0 et avions décidé de le gagner car c’était un derby.

  Que s’est-il passé lors du match GBA/LIERSE ?

  — Je ne l’ai pas joué et nous avons fait 2-2. Ce jour là, VAN DER STRAETEN sort un match extraordinaire contre toute attente car l’équipe B était alignée. En effet, ni DELORGE, ni MITU, ni KACIC, ni NIKOLOWSKI ni moi-même ne jouions. C’était un choix de déforcer l’équipe car nous devions rencontrer CHARLEROI en demi-finale de la Coupe de Belgique. Ce fait devait favoriser la perte du match contre le GBA. Nous nous sommes un peu sentis trahis par YVES. En fait, c’est à la suite de ce match que les problèmes avec le Chinois ont commencé. Il faut se rendre compte que c’est lui qui nous a demandé d’assister à la réunion, il n’avait pas participé pour deux rencontres et, ce jour-là, lorsqu’il doit accomplir sa tâche de lever le pied, il ne le fait pas. Alors qu’il était bien clair que nous étions tous d’accord — lui y compris — de lever le pied pour sauver le club. Comme nous, il a reçu une enveloppe d’argent.

 

Je pense qu’après ce match contre GBA, nous avons dû rendre l’argent que nous avions reçus lors des matches précédents, je ne saurais plus vous dire combien, mais j’ai tout remis au Chinois en mains propres. J’ai rendu tout ce que j’avais reçu jusque-là. Cela devait être +/- 40.000 euros. Je me souviens que VAN DER STRAETEN n’est pas venu en personne rendre l’argent, il l’a donné à DEMAN, je crois. Nous avons rendu l’argent dans une salle de réunion à l’étage de l’hôtel situé en face de la gare d’Anvers, près du zoo. Le Chinois a pris la parole, il était très fâché. C’est la troisième ou quatrième fois que je le voyais. Le Chinois était furieux car VAN DER STRAETEN n’était pas là. Il a proféré des menaces claires à l’encontre de la femme et des enfants  de VAN DER STRAETEN, simulant une agression avec deux véhicules et des personnes armées de mitraillettes qui tiraient dans le tas. Là, je me suis rendu compte que nous avions affaire à un type dangereux.

 

Je ne peux plus exactement replacer cette réunion dans le temps ; est-ce après le match contre GBA ou après celui contre ANDERLECHT chez nous ? Je ne me souviens plus exactement. Ce dont je me souviens, c’est que Marius MITU avait un problème pour rendre son argent car il l’avait envoyé en ROUMANIE. »

  Que s’est-il passé lors du match LIERSE/FC BRUGES ?

  Nous avons perdu 0-2. Nous avons perdu ce match sans trop de difficulté. Malgré cela, le Chinois n’était pas contant. A ce moment, nous nous rendions compte que nous n’étions plus dans le contexte du gentil investisseur car une défaite entraînait une descente dans le classement et ici, il y avait un problème d’écart de but.

  — Que s’est-il passé lors du match MONS/LIERSE ?

  Nous sommes battus 4-1. Le Chinois nous avait demandé de perdre. Nous avons refusé car MONS jouait pour sa survie. Le Chinois était alors d’accord, mais il nous a proposé une prime de victoire de 30 ou 40.000 euros, à diviser entre les 18 joueurs. Nous n’avons donc rien reçu car nous avons perdu. J’ai vu le Chinois, dans le couloir du vestiaire, une demi-heure avant le match. Je lui ai serré la main, sans plus.

  — Que s’est-il passé lors du match LIERSE/ANDERLECHT ?

  Il s’agit d’une rencontre que nous devions perdre et le résultat final a été de 1-1. En fait, à la mi-temps nous menions 1-0. Nous avions l’occasion de battre ANDERLECHT et, tant pis pour le Chinois, nous avons crânement joué notre chance. Je ne me souviens pas d’instructions particulières pour perdre avec un écart précis. Je pense que nous avons reçu l’enveloppe avant le match. (…)

  — Que s’est-il passé lors de SAINT-TROND/LIERSE ?

  Après ANDERLECHT et l’incident de l’hôtel, tout le monde s’est rendu compte que cela ne pouvait plus durer. Le groupe voulait arrêter de participer au manipulation des matches. Nous avons alors compris que le Chinois avait perdu de l’argent, quelques millions d’euro. Nous avions catégoriquement dit à PUT et à lui que c’était fini. Le Chinois a alors demandé qu’on fasse un dernier match, mais qu’on joue le jeu complètement pour qu’il puisse se refaire et récupérer ce qu’il avait perdu. L’argent que nous lui avions rendu allait servir à se refaire. Nous étions encore hésitants, mais vu les menaces qu’il avait proférées, nous avons pensé que nous pourrions nous en sortir sans trop de dégats en acceptant cette dernière manipulation. Nous avons perdu ce match 4-0. Je ne me souviens plus si, cette fois, l’enveloppe a été donnée avant ou après le match, mais, pour nous, c’était très clairement la dernière fois.

 

Je tiens encore à dire que lorsque le Chinois nous a demandé de rendre l’argent, il nous a dit que nous rendions ce que nous pouvions et que nous le donnions à PUT Paul. J’avais un peu utilisé d’argent et j’ai donc demandé à mon père de me donner la différence qui manquait pour rendre ainsi la somme entière au Chinois. Il est exact qu’un climat de méfiance venait de s’installer entre PUT et nous car, ne connaissant pas le montant exacte que le Chinois avait donné à PUT pour nous le remettre, nous avons voulu rendre nous-mêmes les enveloppes au Chinois en personne.

 

A ce moment, nous sommes au début mars 2005. Durant tout le mois de mars, il ne se passera plus rien. Arrive donc le match de CHARLEROI qui se produit avant la demi-finale aller à BRUGES le 16.04.2005. Nous avions discuté du fait de mettre l’équipe B pour pouvoir épargner l’équipe A qui devait jouer contre le FC BRUGES. A cette époque, en avril 2005, il était maintenant évident pour moi que le Chinois était le directeur sportif du club. J’avais été blessé durant la semaine et avais demandé à PUT de jouer ce match pour me mettre en jambes et être fin prêt contre BRUGES. PUT me dit alors que le fait d’aligner l’équipe B était motivé par le fait de perdre le match à la demande de YE. Etant donné que j’avais besoin de compétition avant le choc contre BRUGES, j’ai dit que j’étais d’accord pour jouer une heure. PUT avait fait comprendre clairement que nous devions perdre avec un score de 2 ou 3-0. A ce moment, MARDULIER a été mis complètement au courant des propositions du Chinois, ainsi que MILENKOVIC.  J’ai reçu une enveloppe avant le match, nous avons perdu 1-0. Le Chinois était de nouveau mécontent et a demandé de lui rendre l’argent, ce que j’ai fait. Je ne me souviens pas où cela s’est passé ni combien j’ai reçu. Je tiens à dire que chaque fois que je rendais l’argent, je rendais tout la somme que j’avais perçue. Je n’ai jamais fait attention si les billets avaient un cachet ou un signe distinctif. Je me souviens que le but marqué par CHARLEROI l’a été par notre défenseur SMET, qui n’était pas du tout au courant de ce qui se passait. »

  Que s’est-il passé lors du match BRUSSELS/LIERSE ?

  Nous avons perdu 3-2 alors qu’une prime de victoire de 30.000 euros nous a été proposée à diviser par le noyau des 18 joueurs. Je tiens encore à dire qu’après le match de SAINT-TROND, excepté la parenthèse CHARLEROI, le groupe de base avait cessé toute manipulation. En fait, après SAINT-TROND, nous étions convaincus que le Chinois était le directeur sportif et qu’il avait tenu ses promesses d’investissements. Ceci nous a été dit par PUT. En même temps, il ne nous sollicitait plus pour perdre et donc les choses rentraient dans l’ordre. Il est exact qu’on ne nous a jamais notifié officiellement que le Chinois était le nouveau directeur sportif. Suivant les dires mêmes du Chinois, il préparait déjà la saison prochaine en annonçant la venue au LIERSE de CRUZ, =MESSOUDI et LUCIANO. Suite à cela, je vous rappelle que le Chinois nous a approché individuellement afin de discuter des prolongations ou des révisions à la hausse de contrats. Je tiens encore à dire lors de ce match, j’ai vu le Chinois en compagnie du groupe TYSKENS et du Président de l’époque, DENIJN. »


 

09:06 Écrit par michelbouffioux | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |