08/04/2006

Football

Entretien publié dans l'hebdomadaire belge Ciné-Télé Révue, le 30 mars 2006

 

Stéphane Pauwels, ex-manager général de La Louvière, l'un des clubs concernés par l’enquête sur les matches truqués se confie :

 

«Gaone et Denis ont transformé un projet sportif en pompe à fric»

 

Les personnalités qui ont quelque chose d’intéressant à dire sur les «affaires du foot» sont une denrée extrêmement rare en Belgique. Entre les «je sais tout mais je ne dirai rien» ou inversement, les défilades diverses («je parlerai plus tard», «mon avocat m’a conseillé de me taire») et les fins de non recevoir, les journalistes doivent généralement se contenter de commentaires convenus, plats et très généraux sur le mal du football belge. Bien sûr, pour la grande «famille» du ballon rond, le temps du «linge sale lavé en famille» - à moins que ce ne fusse plutôt celui du «pas vu pas pris»…- est désormais remis en question par l’instruction fouillée de la juge Sylviana Verstreken. Bien sûr, certaines vérités sautent aux yeux, mais pour les dires c’est le «courage fuyons» qui préside le plus souvent dans ce milieu où la valeur principale semble bien être celle du… portefeuille. Dans un tel contexte, l’interview que nous accorde Stéphane Pauwels, l’ex-manager de La Louvière est à la fois courageuse et riche en enseignements.

 

- Vous naviguez dans le monde du foot professionnel depuis de nombreuses années. Quel regard général portez-vous sur ce milieu ?

- Actuellement, je travaille en France où je suis recruteur pour le club de Metz. C’est d’ailleurs outre-Quiévrain que j’ai fait la plus grande partie de ma carrière et j’ai toujours pu y œuvrer dans un contexte vraiment professionnel au contact de personnalités de premier plan (ndlr : Halilhodzic, Puel, notamment. Pauwels a aussi travailler avec Leekens et Waseige pour le compte de la sélection nationale algérienne). Je n’ai donc rien à redire de ce côté-là. Par contre, mon regard sur le monde du foot belge est très amer. C’est le royaume du non-dit. Pour y faire une «belle carrière» qui se terminera par un poste à l’Union belge, il vaut mieux être lisse, poli et passer sa vie à dire que «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil». Pauwels, avec ses longs cheveux, sa barbe de trois jours et ses coups de gueules, ça détonne un peu dans ce monde-là que je trouve très conformiste et où l’on aime peut-être un peu trop laver son linge sale en famille. On le voit bien dans les affaires actuelles : certaines personnes jouent aux «messieurs propres», admettant même qu’elles savaient des choses sur la corruption présumée depuis des mois. Mais qu’ont-elles fait pour alerter la justice? Rien.

 

- Ceci est une allusion à l’ex-manager de Mouscron et de La Louvière, Roland Louf qui a dit avoir alerté l’Union belge à propos des matchs truqués en avril de l’année dernière ?

- Faites vos déductions mais ne comptez pas sur moi pour lancer des attaques ad-nominem à propos des matchs truqués. Etant complètement étranger à ce dossier, et ayant moi-même été victime du véritable tir aux pipes médiatique auquel certains journalistes se sont livrés il y a quelques semaines, je ne désire pas participer à un exercice de délation. J’ai été particulièrement blessé par l’émission «Panorama» (VRT), en février, où l’on m’a mis en cause sans le moindre élément concret. Depuis lors, aucune presse sérieuse n’a osé reprendre de telles accusations gratuites. Mais je sais aussi que le travail d’intoxication de certaines personnes à mon endroit continue.

 

- «Certaines personnes» actuellement inquiétées dans l’instruction de Mme Verstreken ?

- Bien sûr, c’est de ce côté-là que cela vient. Mais encore une fois, je ne vais pas jeter des noms en pâture. Ce que je peux dire, c’est qu’il se trouve des gens aux abois en ce moment. Des gens qui ont un intérêt objectif à brouiller les pistes, à désorienter la justice et l’opinion en racontant d’énormes mensonges. Sur le plan humain, ce n’est pas facile à vivre mais pour autant, cela ne m’inquiète guère. Je suis parfaitement clean et ces gens qui sont prêts à tout pour se tirer d’affaire finiront par se manger entre eux.

 

- Ce que vous dites renvoie en effet à certains propos qui nous ont été tenus à votre encontre dans le cadre de nos investigations…

- Jouez cartes sur table. Je n’ai rien à cacher!

 

- Nous demandant de préserver son anonymat, une personne qui correspond au profil que vous décrivez puisqu’elle a été inquiétée dans le cadre de l’enquête sur les matches truqués nous dit ceci : «Pauwels connaissait le chinois. Il a d’ailleurs été le présenter en temps qu’investisseur potentiel au club de Courtrai» ?

- Sous le sceau de l’anonymat ? C’est courageux cela! C’est déjà une vieille intox que celle-là. Je n’ai jamais parlé à ce chinois. Je ne le connais pas. Comme bien d’autres personnes, naguère, j’ai constaté sa présence à côté de Pietro Allatta dans les tribunes du stade de Charleroi alors que l’équipe locale affrontait celle Roulers. Ni plus, ni moins. Le Chinois devait être à une cinquantaine de mètres de moi… J’aurais donc bien eu du mal à présenter une personne que je ne connais même pas aux dirigeants de Courtrai. D’ailleurs, vous pouvez vérifier auprès des dirigeants de ce club (ndlr : nous l’avons fait). C’est vraiment n’importe quoi! Mais c’est le genre de rumeur malsaine qui peut faire des dégâts : sans me donner la parole, un magazine spécialisé dans le foot s’est permis de la reprendre comme une vérité! Et depuis l’arrestation de Gilbert Bodart, l’intox à mon égard continue. Les personnes qui avaient déjà lancé l’histoire du chinois confient maintenant à des journalistes que «Pauwels est un grand ami de l’ex-entraîneur de La Louvière», en laissant entendre, bien entendu, que je serais impliqué dans les magouilles dont il se serait rendu coupable.

 

- En effet, c’était notre question suivante car on nous a fait aussi cette «confidence» sur vos «liens privilégiés avec Bodart»…

- Qui ne repose sur rien de vrai non plus! Je connais Gilbert, comme des tas d’autres gens dans le monde du foot. Mais sans plus. On n’est jamais allé manger au resto ensemble. Gilbert Bodart, comme Emilio Ferrera avant lui, m’a téléphoné avant de signer à La Louvière. A tous les deux, je leur avais déconseillé de travailler dans ce club. Cela s’arrête là. 

 

- Pourquoi est-ce vous qui est ciblé par ces accusations ?

- Lors de mon passage à La Louvière, je me suis opposé à certaines personnes qui n’aiment pas qu’on leur résiste. D’ailleurs, la campagne de dénigrement a commencé dès que je suis parti de ce club en mars 2005. A cette époque, déjà, on a lancé des rumeurs sur des commissions que j’aurais touchées à la suite de transferts de joueurs de La Louvière… Alors que je n’avais même pas participé aux transactions dont on parlait. Des clubs qui étaient intéressés par mes services en France ont même été l’objet de démarches ciblées pour qu’ils se méfient de moi. Je me suis retrouvé à la rue. J’ai du vendre ma maison. Mais sans doute estimaient-ils que ce n’était pas encore suffisant. On a véritablement voulu casser Pauwels!  

 

- Comme Alain Delon, vous parlez de vous à la troisième personne ?

- C’est une manière de m’exprimer mais cela ne traduit pas un ego démesuré. Les joueurs qui ont travaillé avec moi peuvent en témoigner. Je n’ai jamais eu la grosse tête. D’ailleurs, l’un des reproches qui m’a été fait à La Louvière, c’était d’être trop proche du vestiaire… C’est vrai que j’ai très peu d’attrait pour les réceptions de dirigeants où l’on consomme de petits fours et des coupes de champagne. Je me sens mieux quand j’enfile mon jeans et mes bottes pour aller au bord du terrain. Je me décrirais comme un passionné, un «footeux» qui, lorsqu’il s’occupe d’une équipe, ne vit plus que pour la pousser à atteindre le sommet de ses possibilités. C’est dans cet esprit-là avec ces valeurs que je considère comme éminemment sportives que j’ai entamé ma collaboration avec La Louvière en juin 2004. Naïvement, je croyais que c’est cela que l’on attendait de moi mais j’ai rapidement déchanté. Pour «réussir» dans un tel club, j’aurais dû être une sorte béni oui-oui prêt à ravaler toute ambition sportive, prêt aussi à fermer les yeux sur une gestion chaotique dictée par les intérêts financiers et privés de certaines personnes qui ont d’ailleurs aujourd’hui maille à partir avec la justice (ndlr : le président de La Louvière, Filippo Gaone a été inculpé de faux et usage de faux, détournement de fonds et abus de biens sociaux. L'avocat du club, Me Laurent Denis a été pour sa part inculpé d'abus de biens sociaux en tant qu'auteur ou co-auteur).

 

- Pourtant votre aventure à La Louvière avait commencé comme dans un rêve ?    

- Un vrai miracle, vous voulez dire! Quand je suis arrivé, il n’y avait pas d’entraîneur et l’équipe était complètement décimée. Avec un budget dérisoire, il fallait tout reconstruire en très peu de temps. J’ai pu convaincre le président Gaone d’engager l’entraîneur français Albert Cartier et avec lui on a fait du recrutement intelligent. Avec 64.000 euros seulement on a pu transférer plusieurs joueurs pour former un noyau cohérent (ndlr : Zambernardi, Toyes, Espartero, Dainèche, Clamy, Brahami, Maton, Campi, Djebbour…) tandis que Odemwinghie était vendu à Lille pour 565.000 euros grâce à mes contacts privilégiés avec ce club. Sur le plan financier, on était donc sensé pouvoir voir venir et ce d’autant plus que les salaires négociés avec les nouveaux joueurs pro étaient très raisonnables (ndlr : entre 1000 et 6000 euros brut par mois). Restait le plus difficile : prouver qu’on avait le bon choix sur le plan sportif. Au début de la saison, tout le monde annonçait que l’on allait descendre. A Noël, non seulement on était déjà sauvé mais en plus on occupait la troisième place du classement! On avait un groupe de guerriers qui y croyaient avec des anciens et des gamins qui fonctionnaient en parfaite osmose.

 

- Voilà qui devait faire la joie du président du club !

- Pas du tout! Dès le mois d’octobre, alors que l’équipe pétait des flammes et qu’on était deuxième au classement, je me suis rendu compte que les dés étaient pipés. On gagnait trop souvent! Et cela ne faisait pas les affaires de Gaone qui n’avait pas envie de payer trop de primes de victoires (ndlr : 1500 euros pour les pro). De plus, malgré ce qu’on avait encaissé avec le transfert d’ Odemwinghie, les salaires commençaient déjà à être payés en retard ou avec des erreurs. Cartier et moi, on n’y comprenait rien. Dans ce contexte, ma mission de manager s’est fortement compliquée. J’ai commencé à me trouver en porte à faux avec mon employeur lorsque j’ai pris le parti de défendre la cause des joueurs. Je faisais pression pour que les engagements financiers soient respectés et, dans ce contexte difficile, j’essayais d’entretenir la motivation du groupe afin de continuer à engranger des victoires. Avec le président, cela a vite tourné au dialogue de sourd. Poussé dans le dos par l’avocat Laurent Denis, il n’avait qu’une idée en tête : tirer un profit rapide et maximum de beaux résultats du groupe en vendant un maximum de ces joueurs qui se faisaient un nom dans le championnat de Belgique.

 

- Quitte à déséquilibrer l’équipe et à compromettre ses performances sportives ?  

- Pour ces deux-là, le côté sportif de la question était parfaitement secondaire. Ils ne voyaient que l’aspect financier. Donc, au mercato de janvier 2005, ils ont vendu un maximum de joueurs (Klukowski, Ishiaku, Murcy, Assou-Ekoto…). Cela dit, Cartier et moi, on pouvait comprendre qu’il y ait un souci de rentabilité et que l’on vende des joueurs mais dans notre esprit cela devait bénéficier au développement du club. Ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. Ces ventes de janvier ont rapporté quelques 2 millions d’euro mais cela rien changé ensuite à la question lancinante des retards de salaire et rien ou presque n’a été réinjecté pour étoffer l’équipe avec de nouvelles recrues. Ce qui a nous a conduit pendant la seconde partie de la saison à devoir inscrire parfois jusqu’à 10 joueurs de moins de 21 ans sur la feuille de match! En plus, certains transferts, comme par exemple celui d’Assou Ekoto qui était un pion majeur dans l’équilibre de l’équipe, ont carrément été fait à l’insu de l’entraîneur et de moi-même. On l’a appris par la presse…  

 

-  Quelle était la logique de la direction ?

- Gaone a investit beaucoup d’argent dans ce club et sans doute que la priorité était d’en récupérer au moins une partie.

 

- Mais si LL continuait à gagner, ne pouvait-il pas espérer gagner plus d’argent ?

- Je suis persuadé qu’en continuant sur notre lancée, on aurait peut-être pu décrocher une qualification pour l’Europe. Mais il y avait un risque à prendre. Si il y a quatre places disponible et que vous terminé cinquième, ce n’est pas une bonne affaire financière. Cela aura juste contribué à gonfler les primes de matchs. Ce risque qui portait sur quelques 15 millions d’anciens francs, Gaone n’avait pas envie de le prendre.

 

- Où est passé l’argent des transferts de janvier 2005 ?

- Bonne question… Peut-être que la réponse viendra de la justice. J’ai lu dans la presse que l’on s’intéressait en ce moment à ce qui se trouve sur certains comptes, notamment au Luxembourg.

 

- Après le grand nettoyage du mercato 2005, comment a réagit l’équipe de La Louvière ?

- C’était couru d’avance, on s’est effondré.

 

- Et le président a eu moins de primes à payer…

- Ce qui n’empêchait toujours pas les retards de payement. En plus, ces gars qui croyaient pouvoir jouer l’Europe dans la première partie du championnat se voyaient complètement déforcés. Ils ont éprouvé un sentiment d’abandon, de trahison. Ils sentaient aussi que leur manager qui avait de bonnes relations avec eux ne faisait plus le poids face au tandem Gaone-Denis. A tel point qu’à un certain moment, l’un des joueurs (ndlr : Wagneau Eloi) m’a dit : «Pour les problèmes de paiement, je vais aller voir le comptable moi-même parce que tu ne pourras rien y faire». Cela s’est terminé par un échange de coups. Le comptable avait cru bon de lui lancé : «Tu seras payé quand tu mettras des buts»…

 

- Malgré tout, vous avez continué à travailler normalement?

- Bien que le climat devenait tendu, j’estimais qu’il ne fallait pas renoncer. On a lancé plusieurs jeunes dans le bain de la D1. Ils voulaient prendre leur chance. Je me souviens d’un match au GBA, fin mars 2005, où on a arraché un nul à la dernière minute avec nos tripes. J’étais fier de mes gars mais Gaone et Denis n’ont pas même pas trouvé nécessaire de les féliciter après le coup de sifflet final. Deux jours après, j’étais viré. Du jour au lendemain, j’ai du faire mes valises. On ne m’a même pas laissé le temps de dire au revoir aux joueurs. Malgré tout, j’ai accepté une transaction à l’amiable qui, bien entendu, n’a ensuite pas été respectée. L’affaire passera au tribunal le 28 avril prochain.

 

- Vous étiez surpris de la décision de Gaone ?

- Non, je savais depuis quelques semaines que j’avais signé mon arrêt de mort en m’opposant de front à son mentor, Me Laurent Denis. D’ailleurs Gaone me la dit au moment de m’annoncer mon licenciement : «Je devais choisir. C’était toi ou Denis».

 

- Quel incident précis vous a opposé au conseiller juridique de la RAAL ?

- Il a imaginé un piège visant à me discréditer et pour le mettre en œuvre il a utilisé les services de Pietro Allatta.

 

- Vous pouvez en dire plus ?

 - Le 25 janvier 2005, Pietro Allatta m’appelle : «Il faut que je te vois». On va manger une pizza ensemble chez Bertoni à La Louvière. Alors qu’on n’est pas encore assis, il me lance: «Ecoute si tu as un grand club pour Proto, tu pourras toucher une grosse commission». C’était une proposition tout ce qu’il y a de plus malhonnête. Je n’avais légalement aucun droit de toucher une quelconque somme d’argent en relation avec un transfert avec notre gardien. Ce n’est pas moi qui avait amené Proto à La Louvière. Je me suis énervé. J’ai dis à Allatta que je ne jouais pas dans ces magouilles. Il n’a pas insisté et au cours de la conversation qui a suivie, il m’a révélé le dessous des cartes : «C’est Laurent Denis qui m’a demandé de te faire cette proposition». J’ai aussitôt appelé l’avocat devant Allatta.

 

- Il a reconnu les faits ?

- Bien sûr. A cette époque, ce monsieur ne doutait de rien. Il a cru bon de balayer cette histoire d’un revers de manche en me lançant : «C’est vrai, on a voulu te tester». C’est très peu déontologique pour un avocat de se livrer à telles manœuvres de destabilisation! Quelques jours plus tard, devant témoins, lors de la cérémonie de remise du soulier d’or, j’ai pris Denis à partie. Je l’ai prévenu que j’allais consulter mon conseil et que j’informerais le président Gaone de ce qui s’était passé par un courrier officiel. Denis m’a dit si je faisais cela, je ne m’en relèverais pas. De fait, quelques semaines plus tard, malgré qu’il fut informé de ces faits, le président Gaone a choisit son camp. Quand on voit où tout cela l’a conduit aujourd’hui, j’espère que cet homme très manipulable commence à comprendre qu’il s’est trompé de chemin.

 

- Le courrier que vous évoquez est-il daté du 31 janvier 2005 ?

- C’est possible, oui.

 

- A notre connaissance, il porte la mention «strictement confidentielle et personnelle», et il est signé par votre avocat parisien Patrick Mochovitch. Ce dernier écrit ceci : «Monsieur le président (…), Stéphane Pauwels attaché profondément à la cause du club pour avoir contribué à son redressement tant sportif que financier, nous a fait part de fautes qui si elles s’avéraient confirmées ou établies seraient de nature à compromettre le club et voire certains de ses dirigeants. Plus précisément, (il) nous a indiqué avoir été sollicité pour s’entremettre dans le transfert d’un joueur évoluant en équipe première du club, dans des conditions financières anormales (…) Monsieur Pauwels a souhaité attirer votre attention sur des pratiques qui aboutiraient aux graves incidences que nous avons relevées»

- (Il s’énerve) Comment avez-vous ce document ?      

 

- Peu importe. Ce qui est intéressant, c’est la suite de l’histoire ?

- Je vous l’ai dit. Gaone s’est assis sur cette lettre et il m’a viré.

 

- Et si vous aviez accepté la proposition d’Allatta…

- (Il réfléchit un instant) A la lumière de ce que l’ont sait aujourd’hui, je me demande si ce fameux «test» ne visait à vérifier si j’étais malléable. En plus, il est évident que si j’avais mordu à l’hameçon, j’aurais pu être tenu en laisse.

 

- Certains ont émis l’hypothèse que n’étant pas assez docile, il convenait de vous écarter pour laisser la place aux trucages de matches commandités par le Chinois ?

- La seule chose que je puisse constater à cet égard c’est que les matchs présumés truqués sur lesquels la justice enquête en ce moment ont eu lieu après mon licenciement. Mais je ne suis pas dans le secret de l’instruction. Je me base sur ce que j’ai lu dans la presse.

 

- En mai 2005, mais sans citer Allatta, vous avez évoqué une première fois cette histoire dans «Foot magazine». A l’époque, Me Denis a démenti et vous a menacé de poursuites judiciaires ?

- Pour ma part, je confirme et, un an plus tard, j’attends toujours qu’il entame une action contre moi. Aujourd’hui, je crois qu’il a d’autres chats à fouetter.

 

- L’intervention d’Allatta, pour vous, c’était une première ?

- Comme tout le monde à La Louvière, je connaissais Pietro. Il venait voir des entraînements ou prendre des places pour les matches auxquels il assistait. La plupart du temps, il était accompagné des parents de Silvio Proto.

 

-Vous a-t-il fait d’autres propositions malhonnêtes ?

- Non. De mon temps, il n’a jamais voulu influencer la composition de l’équipe. Et pour que les choses soient claires, il ne m’a jamais menacé non plus.

 

Un quotidien écrivait récemment: «On ne voit jamais beaucoup Allatta à La Louvière, mais il est omniprésent à Courcelles, là où se prennent les décisions et se tient la comptabilité du club».

- Ca c’est exact. J’allais à Courcelles plusieurs fois par mois, notamment pour prendre les chèques des joueurs. Allatta était systématiquement présent ou presque. A quel point était-il influent ? Seuls ses amis Denis et Gaone pourraient vous l’expliquer.

 

- Quelle morale peut-on tirer de votre parcours de 10 mois à La Louvière ?

- Ce n’est pas vraiment une morale… Gaone et Denis ont transformé un projet sportif en pompe à fric; Au détriment des intérêts du club et en flouant des supporters formidables. Juste qu’à quel point ont-ils été prêts à aller pour se remplir les poches ? C’est désormais à la justice de répondre à cette question. Sur un plan personnel, je pense souvent à ce que me dit ma femme. Elle estime que ma passion pour le foot est très chère payée. Elle a pris ce milieu en horreur : «Quand on voit les sacrifices que tu as fait, tu n’en as que des ennuis et on a tous été salis». Elle n’a pas peut-être pas tort. En fait, j’ai été un grand naïf. Je croyais que ma passion suffirait à déplacer des montagnes… (ndlr : il se tait pendant un instant). Corrigez cela! A la réflexion, j’ai encore la faiblesse d’avoir la foi aujourd’hui! Le foot, c’est toute ma vie!  

11:02 Écrit par michelbouffioux | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

rever en photo bonjour, je voudrais juste que vs alliez faire un tour sur mon blog. Pourquoi ? mes photos relatent chaque jour(depuis 2 mois) mon humeur et ma vision de l'actualité. Je trouve le monde bien triste et avec mes photos je desire que le monde soir couleur et amour dans la tête et dans le comportement. Amitiés et bravo pour votre blog que je découvre.Merci

Écrit par : boutillot-cauquil | 12/04/2006

CHERCHE CLUB JE VEUX QUE VOUS M'AIDEZ A TROUVER UN CLUB JE SUIS DU TOGO MOI
MERCI

Écrit par : ESPOIR | 02/12/2007

de jeunes joueurs sont venus lancer ou relancer leur carriere, mais non seulement ils sont partis sans etre payes, mais surtout profondement changes et marques par cette histoire belge! pour un de ces joueurs que je connais tres bien je peux dire que cela a ete la fin a bien des niveux, professionel, personnel mais ce qui est le plus grave c'est qu'il a perdu les valeurs qui etaient les siennes, en un mot comme en cent il a perdu son ame!

Écrit par : antonia | 26/05/2010

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