13/03/2006

Affaire Gattesco (020306)

Entretien publié dans l'hebdomadaire belge "Ciné-Télé Revue", le 2 mars 2006. En marge de ce texte (voir plus bas), on lira aussi l'article que mon confrère Olivier Mukuna a publié dans le même numéro de Ciné-Télé Revue. Nous le reproduisons ici avec son aimable autorisation.

 

Mery Gattesco : «Au nom de tous les miens»

 

Disparu depuis le 23 avril 1988, Adriano Gattesco connaissait très bien les Allatta avec lesquels il avait été en relation d’affaire dans une entreprise de construction. D’ailleurs Pietro Allatta, le manager à la licence togolaise dont on parle tant aujourd’hui dans le cadre de l’affaire des matchs de foot truqués est le parrain de l’une de ses filles. Ex-gardien de but de Tilleur, de Mons et du RUS Binche, Gattesco était aussi en relation avec Carmelo Bongiorno. Tout porte à croire qu’il a été éliminé parce qu’il en savait trop sur les négriers de la construction qui sévissaient autrefois dans la région du Centre… Mais on n’a jamais retrouvé la moindre trace de son cadavre, d’aucun laissant entendre à sa famille qu’il aurait été «dissous dans l’acide dans le cadre d’un règlement de compte de type mafieux». Très peu de temps avant la disparition d’Adriano, Lauriana D., sa femme, s’est littéralement volatilisée en affirmant à des proches qu’elle avait «trop peur». Peur de qui, peur de quoi ? 18 ans plus tard, elle refuse toujours de parler. En 1988, perdant père et mère du jour au lendemain, Alicia et Selena, les filles du couple Gattesco, ont été accueillies et élevées avec amour par Angelo et Mery. Angelo ? C’est le beau-frère d’Adriano et, si longtemps après la dispariton d’Adrien, il s’interroge sur la nécessité de rompre le silence médiatique : «Est-ce que cela va nous apporter la vérité ou des ennuis ?» Mery, elle, est d’un autre avis : «Je ne sais pas qui a tué mon frère. Mais il est certain que ceux qui savent, ceux qui l’on fait aussi, vivent près nous. Je ne peux plus rester silencieuse, j’aurais l’impression de trahir Adrien. De trahir aussi ses filles dont l’enfance a été brisée, de trahir notre maman qui est morte de chagrin en attendant tous les jours son hypothétique retour, assise devant la fenêtre de sa maison». Après en avoir longuement débattu avec Angelo, avec Alicia et Selena mais aussi avec d’autres membres de sa famille, Mery a donc décidé de parler pour la première fois à un journaliste. Avec émotion, elle nous raconte Angelo et elle nous révèle des détails troublants sur les circonstances de sa disparition. Mais aussi, elle nous décrit un climat, une ambiance pesante teintée d’intimidations et de menaces voilées.«Dans le milieu qu’a fréquenté mon frère, il n’y a aucun respect pour les gens», explique Mery. «Ils ne vivent que pour le fric. Personne n’est correct. C’est vrai qu’Adrien connaissait beaucoup de monde. Pourtant, je ne pourrais pas vous inviter à aller vous renseigner sur ce qui est arrivé à mon frère auprès d’untel ou d’untel qui aurait été un de ses bons amis. Les loups ne se mangent pas entre eux et quand des comptes sont réglés, il ne reste que le silence, les rumeurs et l’intimidation. C’est l’omerta, exactement comme en Sicile». Un témoignage fort, courageux et très éclairant. Précision utile : tout cela ne s’est pas passé à Palerme ou à Agrigento mais, dans les envions de Binche et de La Louvière…

 

- Quel souvenir conservez-vous d’Adriano ?

- Mon petit frère était un garçon jovial et plein d’énergie. Il parlait beaucoup. Très vite. Parfois, pour ne rien dire. C’était quelqu’un de très entreprenant. Durant sa courte vie (ndlr : il a disparu à l’âge de 35 ans), il s’est lancé dans de très nombreuses activités commerciales. Il a exploité un magasin de sport à La Louvière et plusieurs magasins de vêtements dont l’un se trouvait à Liège. Il a aussi tenu un café à Binche, «L’Actuel» et même un dancing dans les Flandres, tout près du Pop Corn. Sa force, c’était de lancer sans cesse de nouvelles affaires. Il connaissait énormément de monde et il avait un sens inné des relations publiques; Cela l’aidait à se faire rapidement une clientèle. Sa faiblesse, c’est qu’il ne tenait pas en place. Après quelques mois, les commerces qu’il lançait avec succès ne l’intéressaient plus. Il ne les gérait pas rigoureusement parce qu’il pensait déjà à de nouveaux défis. Parfois avec beaucoup de naïveté. Un chien avec chapeau aurait pu facilement lui faire miroiter la perspective d’une belle affaire… Et il fonçait la tête en avant. Il se croyait invincible… Pour moi, ce manque de repères était lié à son enfance. Venant du nord de l’Italie, mon père s’était installé en Belgique juste après la guerre. Il a travaillé au charbonnage pendant vingt ans et il en est mort en 1967, juste après sa pension. Adriano n’avait que 13 ans. Ma mère a été dépassée par cette situation. Elle lui passait tout ou presque. Dans ce contexte, il a rapidement arrêté l’école et il a fait quelques bêtises de jeunesse. Rien de très grave : à ma connaissance, il n’a jamais eu de casier judiciaire. Mais je crois que c’est à cette époque qu’il s’est lié à des personnes appartenant milieu qui, plus tard, sera impliqué dans sa disparition. En tous cas, c’est ma conviction…  

 

- Adriano a aussi connu sa période de gloire sur les terrains de foot ?

- Oui, c’était un vrai fanatique de sport. Il a fait une très belle carrière de gardien de but en division II et en division III (Tilleur, Mons, RUS Binche…). Sur le terrain, Adriano avait énormément de classe et pendant longtemps, il a rêvé de devenir pro. Il en avait les capacités… Si mon père avait pu encadrer sa vie plus longtemps, il y serait certainement arrivé. Grande gueule, il rouspétait beaucoup ce qui lui a valu quelques exclusions, mais ce n’était pas bien méchant. Dans les vestiaires, c’était aussi un bout en train, un vrai coéquipier qui ne cessait de renforcer le moral de son équipe. Il s’était fait de solides amitiés dans le milieu du foot. Il y avait notamment Pino Scifo, le frère d’Enzo avec lequel il a joué à Binche. D’ailleurs, à un certain moment, il avait lancé une ligne de vêtements «Scifo»…

 

- Un hebdomadaire a récemment laissé entendre que Pietro Allatta était le manager de votre frère quand il jouait au foot?

- Pietro? Il le connaissait très bien, c’est vrai. Mais mon frère n’a jamais eu de manager pendant sa carrière de footballeur!   

 

- Cela dit, Pietro était aussi le parrain de l’une de ses filles ?

- C’est exact et je ne conteste pas qu’il ait beaucoup fréquenté cet homme, de même d’ailleurs que son frère Salvatore. Il a connu les Allatta mais aussi les Bongiorno alors qu’il était encore très jeune. Ils se rendaient dans les mêmes cafés, les mêmes discothèques…

 

- Les Allatta, les Bongiorno, ce sont deux familles qui ont joué un rôle central dans le système des négriers de la construction. C’est de ce côté-là qu’il faut chercher les raisons de la disparition d’Adriano ?

- Je ne sais pas qui a tué mon frère. Par conséquent, je ne veux lancer aucune accusation contre une personne bien précise. Dans le même temps, il est évident que c’est dans ce milieu-là qu’il faut chercher la solution de cette affaire. Tout le monde sait qu’à la fin des années ’80, plusieurs personnes qui avaient fréquenté ce milieu ont été l’objet de règlements de compte. Il y a eu d’autres disparitions, d’autres corps qu’on n’a jamais retrouvés… Et puis, en termes d’indices, il y aussi ce que mon frère m’avait raconté à propos de ses ennuis et tout ce que j’ai appris après sa disparition.

 

- Ces derniers jours, les feux de l’actualité se sont brièvement réorientés vers la disparition d’Adriano, c’est peut-être le moment ou jamais de dire publiquement ce que vous avez vécu et appris au cours de toutes ces années ?

- Je suis d’accord… Je traîne cela depuis trop longtemps. Et puis, si il y a un espoir que cela puisse délier certaines langues... Qui sait ?

 

- Prenons les choses par le début. A votre sens, quand apparaissent les «ennuis» de votre frère ?

- Vers 1986, soit deux ans avant sa disparition. Il a du quitter la maison de Saint-Vaast où il vivait parce qu’il avait des dettes. A l’époque, je ne comprenais pas très bien comment il en était arrivé là, vu qu’il gagnait bien sa vie. Où avait-il dépensé tout son argent ? C’est toujours resté un mystère. Toujours est-il qu’il est parti s’installer à Binche où il a ouvert son café. Et puis, un jour, il est venu nous dire qu’il allait devenir patron dans le secteur de la construction. Comme le montrent des documents que nous retrouverons plus tard dans son appartement, il est devenu gérant d’une société dénommé «Ent-Tra», fin mai 1986. Cette société a fait plusieurs chantiers, notamment au stade du Heysel à Bruxelles mais elle est rapidement tombée en faillite. Et mon frère qui y jouait sans doute le rôle de poulet (homme de paille) a commencé à avoir des problèmes avec la police et l’inspection sociale.

 

- Avec qui était-il en affaire dans la société «Ent-Tra»?

- Les documents que nous avons récupérés dans son appartement établissent qu’il était associé à Salvatore Allata (ndlr : Le petit frère de Pietro. Il a été condamné dans des affaires de négriers de la construction). Un autre nom apparaît également, c’est celui de Guiseppe Dell’Aera (ndlr : Il s’agit d’un ami de Carmelo Bongiorno qui a été assassiné, lire l’encadré intitulé «Gattesco allait-il parler?»). A l’époque où nous avons trouvé ces papiers, nous avons voulu les donner à des enquêteurs de l’ex-BSR de La Louvière, mais ils n’étaient pas intéressés. Nous, on ne peut en tirer aucune conclusion.  

 

- Dans quelles circonstances, votre frère a-t-il disparu ?

- A Binche, mon frère et sa femme habitaient dans un appartement au dessus de leur café. Le mercredi 20 avril 1988, en début d’après-midi, j’ai reçu un appel de la serveuse m’avertissant qu’il n’y avait personne pour s’occuper des filles d’Adriano. Leur mère était partie dans la nuit et elle ne savait pas où se trouvait mon frère. Je suis allée chercher Alicia et Selena et depuis ce jour-là, elles ont toujours vécu chez moi.

 

- Pourquoi leur mère était-elle partie ?

- Dans un premier temps, elle a prétexté une dispute violente avec mon frère. Mais plus tard, elle s’est contentée de dire qu’elle avait «peur». De qui ? De quoi ? Elle n’a jamais voulu le dire. Même pas à ses filles.

 

- Où s’était-elle rendue ?

- D’abord en région liégeoise, puis en Italie et ensuite elle est revenue s’installer dans le Hainaut. Elle a beaucoup bougé. Pendant six mois, on n’a eu aucune nouvelle. Plus tard, j’ai appris, notamment par Lauriana, que son voyage en Italie aurait été payé par Pietro Allatta.

 

- Ce fameux mercredi où vous avez récupéré vos nièces au café de Binche, avez-vous eu des nouvelles de votre frère ? 

- Oui, il est venu chez moi vers 19 heures. Il m’a dit qu’il ne savait pas que sa femme était partie. Il semblait très nerveux et il m’a demandé de m’occuper de ses filles pendant quelques jours. J’étais d’accord mais j’ai exigé que nous ayons une bonne discussion sur ce qui était en train de se passer. A ce moment-là, il n’avait pas le temps parce qu’il devait repartir «pour affaires». Finalement, la discussion a été reportée au vendredi. Il est venu à la maison et je lui ai fait un peu la morale, notamment sur le fait qu’il mettait ses filles en situation d’insécurité. Et il s’est mis à pleurer. Cela m’a surprise. Mon frère était un grand gaillard, un dur. Jamais, je ne l’avais vu dans un tel état. D’abord il s’est contenté de m’expliquer qu’il avait des ennuis d’argent. J’ai insisté et il m’a précisé que c’était à cause de ses affaires dans le domaine de la construction. Il m’a dit : «Je pensais gagner beaucoup mais au bout du compte j’ai d’énormes dettes sociales à payer à l’Etat. Je suis très mal mis. On me doit du fric. Ce week-end, j’arrange mes affaires où je suis foutu».  Ensuite il est parti et je ne l’ai plus jamais revu.

 

­- Où allait-il ?

- La seule chose que je sache, c’est qu’il devait notamment voir Carmelo Bongiorno. Bien sûr, cela n’est pas une preuve qu’il ait quelque chose à voir dans sa disparition. Il a connu tellement de gens dans ce milieu. Par contre, j’ai eu confirmation par la suite que mon frère avait des raisons de paniquer. C’est ma mère qui m’a expliqué avoir assisté à une dispute entre Adriano et sa femme dans les semaines qui ont précédé sa disparition. En colère, elle lui a lancé : «Tu n’a pas encore compris l’avertissement avec la voiture ?». Quelque temps auparavant, on lui avait volé sa Golf pour la jeter aussitôt dans le canal du Centre.

 

- A partir du vendredi 22 avril, vous n’avez plus revu Adrianno mais peut-être lui avez-vous encore parlé ?

- C’est exact, je l’ai encore eu au téléphone le samedi. Le matin, il était venu chez nous, en compagnie de L.P.,l’un de ses amis, pour porter des vêtements aux filles. Malheureusement, mon mari et moi, nous étions au marché. Vers midi, quand j’ai appris qu’il était passé en coup de vent, je lui ai téléphoné pour lui proposer de manger avec nous. Il a refusé parce qu’il devait aller à un rendez-vous important en compagnie d’un certain S.Sp. Adriano n’avait plus de véhicule. S. Sp devait donc faire la route de Thuin, où il habitait, pour le dépanner. Ensuite, je n’ai plus aucune nouvelle. Le surlendemain, j’ai commencé à m’inquiéter. J’ai pris contact avec S.Sp. Il m’a dit qu’il avait bien pris mon frère – ce que la serveuse du café pouvait confirmer- mais qu’il s’était contenter de le déposer quelque part…

 

- Où cela?

- Cet «ami» de mon frère a eu des versions différentes. Dans un premier temps, il m’a dit qu’il avait laissé Adriano au palais de Justice de Binche, soit à seulement 200 mètres du café. Si c’était le cas, il aurait bien pu aller à pied! Trois jours plus tard, je l’ai rappelé et il a changé de version. Cette fois, il prétendait avoir déposé mon frère sur la chaussée de Mons (à Binche) près d’une cabine téléphonique. Il ne pouvait soi-disant en dire plus parce qu’il avait «le couteau sous la gorge». A l’époque, j’ai confié cela aux enquêteurs mais je ne sais pas ce qu’ils en ont fait. A-t-il été seulement été inquiété ou interrogé ? Environ un an plus tard, j’ai revu S.Sp au marché des grossistes à Marcinelle. Je lui ai demandé s’il cela ne lui faisait rien que les filles d’Adrien n’avait plus de père. Il était très mal à l’aise… Ce qui n’était pas le cas de Bongiorno.

 

- Comment cela ?

- Dès le mardi matin je lui ai téléphoné. Il était en train de manger. Il m’a répondu la bouche pleine comme s’il voulait marquer son profond dédain pour ma personne : «Non, je ne l’ai pas vu. Mais je dois le voir dans 15 jours». J’ai téléphoné à plusieurs personnes : tout le monde devait le voir dans les 15 jours… J’ai donc alerté la police. Mais à l’époque, cela n’intéressait personne. Tout au plus, le cas d’Adriano a-t-il valu deux petites colonnes dans la presse locale… Du côté de l’ex-BSR de La Louvière, on nous a vite fait comprendre que - cette «disparition inquiétante» n’était pas une priorité. Bien sûr, les gendarmes de l’époque ont recueilli ma déposition et ils m’ont promis qu’ils feraient tout leur possible pour élucider cette affaire… Mais, après quelques mois, quand on demandait des nouvelles, on nous faisait comprendre que l’on dérangeait : «On vous préviendra si on a quelque chose, cela sert à rien de nous appeler tout le temps». Mon frère m’avait prévenu : quoiqu’il arrive, je devais me méfier de certains flics locaux, certains d’entre eux étaient corrompus. Il m’avait d’ailleurs cité deux noms de gendarmes qui ont été interpellé plus tard dans le cadre de l’affaire Steinier… L’un de ces deux-là était d’ailleurs présent dans le local de la BSR quand j’ai fait ma première déposition. Cela me fait encore froid dans le dos… Quelque temps plus tard, le  bruit a couru un peu partout que mon frère avait des papiers compromettants. Quoi exactement ? Je ne sais pas, mais il y a beaucoup de personnes qui se sont intéressés à cela…

 

- Des gens sont venus sonner à votre porte afin de vous demander si vous aviez des papiers que vous aurait confiés votre frère ?

- Oui, bien sûr… Il y a en a même un qui est venu avec une sorte de garde du corps. Je ne connaissais pas ce monsieur. C’était un week-end et j’avais les enfants à la maison. Je leur ai dit d’aller dans leur chambre et de ne descendre sous aucun prétexte. Même s’ils devaient entendre un énorme bruit. Je vous assure que je n’étais pas à l’aise… Ils voulaient savoir si mon frère avait laissé des papiers ou si cela se trouvait chez un avocat. J’ai téléphoné l’avocat  de mon frère, un certain P.V.: «Il paraît que mon frère vous a donné des papiers». Il m’a répondu : «Oui mais je lui ai rendu. C’était des documents sans importance». Quelques années plus tard, j’ai appris que cet avocat avait été rayé de l’Ordre pour des malversations et qu’il avait des connaissances dans le milieu des négriers de la construction… Quand à cette histoire de documents compromettants, je ne saurais trop dire si elle correspondait à quelque chose ou s’il ne s’agissait pas d’entretenir un climat de pression et d’intimidation autour notre famille. Parce qu’il y a bien d’autres choses du genre…

 

- Par exemple ?

- Très peu de temps après la disparition de mon frère, une voiture venait régulièrement se garer dans notre rue. Un homme restait à bord et regardait ce qui se passait. D’abord, je me suis dit que ce type attendait sa copine. Et puis, je me suis demandée s’il ne nous surveillait pas. Je ne me suis pas plus interrogée mais quand l’affaire Steinier a éclaté, j’ai tout de même été surprise en reconnaissant l’homme dans les journaux : c’était le turc qui a été condamné pour l’assassinat du journaliste de la «Nouvelle Gazette» (ndrl : il s’agirait donc de Necdet Demirkaya). Et puis, combien de fois Bongiorno est-il passé devant la maison dans son Audi bleue, au ralenti, carreau grand ouvert et en me fixant des yeux si j’étais sur le pas de ma porte… Ce n’est pas de l’intimidation?  Dans la période de l’affaire Steinier, j’ai été un jour convoquée par un service de police de Charleroi. Quand je suis arrivée dans le hall d’entrée, Pietro Allatta était là. Sans doute était-ce un hasard… Il m’a dit : «Qu’est-ce que tu viens faire ici ? Tu viens souvent ?» Pour crâner, je lui ai lancé : «C’est déjà la troisième fois». Il m’a dit : «Moi aussi j’ai été convoqué.» J’ai demandé aux policiers si c’était vrai. Ils étaient surpris. Non, Pietro ne devait pas être là. Et quand ils sont descendus pour aller l’interpeller, il était parti… Des gens, et pas du clan Bongiorno, sont aussi venus à la maison pour me dire que je ne devrais jamais citer leur nom dans mes dépositions à la police… C’est vraiment difficile de vivre dans un tel climat. Comment témoigner de cela ? Il y aura toujours des personnes bien pensantes pour affirmer que vous vous faites un film. D’ailleurs, c’est qu’un policier m’a dit une dizaine de jours après la disparition de mon frère. Je venais de recevoir un coup de fil d’un anonyme, la voix un peu cachée : «Votre frère a disparu. Envoyez la police chez untel. Son corps a été dissous dans l’acide mais il reste des traces. Ils ont fait la même chose avec un prénommé Jean-Claude» (ndlr : Cet entrepreneur proche du milieu des négriers a disparu en mars 1988. Comme Gattesco, des «amis» étaient venus le chercher à son domicile pour le conduire à un rendez-vous). Je l’ai déclaré au policier! A l’époque, il ne m’a pas pris au sérieux. Plus tard, quand l’affaire des négriers a éclaté, c’est pourtant bien de corps dissous dans l’acide dont on a parlé… Et on a commencé à avoir peur. Rien ne bougeait dans l’enquête sur la disparition de mon frère et, en plus, tout ce que je déclarais à la police, des gens venaient ensuite me le répéter à la maison. Alors mon mari et moi, nous nous sommes dit que le meilleur des choix, c’était de préserver ce qu’il restait de notre famille. Alicia et Selena avaient déjà perdu leurs parents. Notre devoir était de les élever, de leur donner la part de bonheur à laquelle elles avaient droit. Je crois que nous y avons réussi. Comme nos deux autres enfants, Alicia et Selena ont été au bout de leurs études. Ce sont des filles équilibrées mais, comme moi, elles restent avec trop de questions qui empêchent le deuil de se faire tout à fait. C’est pour cela qu’il fallait que je parle. Au nom de tous les miens.  

 

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Gattesco allait-il parler ?

 

Très peu de temps après la disparition d’Adriano, et avant même que la police n’en soit avisée, Mery Gattesco et son mari se sont rendu dans l’appartement du gardien de but à Binche. «On a constaté que tout avait été fouillé. Toutefois, on pu récupérer quelques documents. Notamment une convocation de la BSR de La Louvière, datée du 22 avril 1988, soit le jour précédent sa disparition. On n’a jamais voulu nous dire pourquoi il avait été convoqué. Devait-il faire des révélations ? Il y avait aussi des procès-verbaux de l’Onem datés de mai 1986. Adrianno devait se justifier auprès d’inspecteur pour ses activités au sein de la société Ent-Tra. Mon frère y explique qu’il était associé à Salvatore Allata. Dans d’autres PV, les inspecteurs se plaignent de ne pouvoir interrogé Adriano en dehors de la présence de Salvatore, lequel lui indique ce qu’il doit répondre. Cette enquête administrative révèle aussi la présence de Giuseppe Dell’Aréa dans la société. Je sais que mon frère le connaissait.» 

Dit «’Pépé le gaucher’, Dell’ Aera a été assassiné à Morlanwez le 8 novembre 1989, deux jours après une sortie de prison. Il a été présenté dans la presse de l’époque comme un proche de Carmelo Bongiorno. Plus tard, l’épouse de Dell’Area, une certaine Pascale Hector, a joué un rôle crucial dans le procès d’assises à charge de Bongiorno pour les assassinats du journaliste Stéphane Steinier (janvier 1989) et de l’entrepreneur Jean-Claude Boitiaux (mars 1988). Deux personnes disparues dont on n’a jamais retrouvé les corps… Selon Pascale Hector, leurs cadavres avaient été dissous dans l’acide. Pascale Hector disait aussi soupçonner le clan Bongiorno d'être responsable de l'assassinat de son mari et de celui d'Adrien Gattesco. Cette dame qui a bénéficié à plusieurs reprises d’une protection policière à la suite d’intimidations vit désormais à l’étranger sous une nouvelle identité. Pour sa part, Carmelo Bongiorno a toujours protesté de son innocence dans le cadre des disparitions de Steinier, Boitiaux, Dell’Area et Gattesco. Il affirme qu’Hector a été instrumentalisée dans un dossier fabriqué de toutes pièces contre lui par certains adversaires en cheville avec des gendarmes. Plusieurs éléments objectifs peuvent être relevés par rapport à cette thèse : avant l’éclatement de ces affaires, les Bongiorno et les Allata se partageaient le ‘marché’ des négriers de la construction, c’est l’époque il étaient les «pires amis» L’éviction des Bongiorno a libéré de la place pour les Allata qui, quelques années plus tard, ont été pris à leur tour dans les mailles de la justice. Depuis lors, les Allata et les Bongiorno sont devenus les «pires ennemis». On signalera aussi qu’en octobre 2002, Pascale Hector a été condamnée par la Cour d’appel de Bruxelles pour faux témoignage à la suite d’une action intentée par Carmelo Bongiorno. Il a été établi qu’elle a menti sur la nature de la relation qu’elle avait entretenue avec Bongiorno et avec un gendarme qui travaillait dans de ce dossier. Cela invalide-t-il tout son témoignage ? Le débat est en cours en ce moment au niveau judiciaire suite à la demande de Bongiorno d’une révision de son procès en assises. Décision, début mars prochain…

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Fins de non recevoir

Nous avons pris contact avec Pietro Allata pour qu’il puisse nous donner son point de vue. Désirant monnayer ses réponses, nous avons décliné l’offre. Via son avocat, Bruno Dayez, Carmelo Bongiorno dément avoir quoi que ce soit à se reprocher dans l’affaire Gattesco et il insiste sur le fait qu’aucune charge n’a jamais été retenue contre lui dans ce dossier. Dans le contexte actuel – demande de révision de son procès- il ne préfère pas s’exprimer. Nous avons aussi approché Lauriana, l’ex-femme d’Adriano Gatesco. Fin de non recevoir également : «Je n’ai rien à vous dire».

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Matches de foot truqués

Allatta : plaque tournante de la corruption ? Par Olivier Mukuna

 

Dans le scandale des matches truqués, le nom de Pietro Allatta apparaît comme une clé de voûte d’un système de corruption visant à s’enrichir grâce à des paris sur des rencontres dont le résultat était fixé à l’avance. Manager de plusieurs joueurs, Allatta nie fermement toute implication dans la tornade en train de noircir le foot belge. Mais son passé judiciaire, plusieurs témoignages et ses connections avec le principal corrupteur en fuite - l’homme d’affaires chinois Ye Zheyun - ne plaident guère en sa faveur. Qui est Pietro Allatta ? Portrait d’un homme sulfureux qui risque à nouveau le carton rouge…  

 

Pour quelqu’un qui a toujours aimé faire parler de lui, Pietro Allatta peut s’estimer servi. A condition de croire dans les vertus de la publicité négative. A 51 ans, malgré une apparence affable et souriante, le manager de Silvio Proto n’a jamais pu se défaire d’une image de malfrat. Elle lui colle à la peau depuis le début des années 90. A cette époque, Pietro Allatta tombe pour la faillite frauduleuse de la société de textile Miratex. Chargé de l’interroger, un commissaire de Charleroi se souvient d’un homme « très sympa qui n’a pas posé de difficultés » devant les preuves qui l’accablaient. Cette première condamnation n’est qu’un hors d’œuvre. 

 

Deux ans plus tard, Pietro et son frère cadet Salvatore sont épinglés par la justice dans le fameux dossier des négriers de la construction. Parvenus à évincer Carmelo Bongiorno, les frères Allatta ont repris à leur compte ses activités frauduleuses dans la Région du Centre. Entre 1987 et 1994, Salvatore et Pietro se feront les pourvoyeurs de main-d’oeuvre au noir à destination des entreprises de construction. En mettant sur pied des sociétés écrans et en utilisant des gérants de paille chargés de signer des documents vierges contre rémunération, ils exploiteront des centaines de clandestins. Au bout d’une longue chaîne de faux et usages de faux, contrats de travail bidons, infractions comptables, détournements, escroqueries et autres abus de confiance, l’association de malfaiteurs Allatta écope de 9 ans de prison avec sursis, dont deux et demi ferme pour Salvatore, cerveau du réseau négrier. Au final, l’estimation du préjudice subit par les services de l’Etat (Fisc, Onss, Onem, etc.) avoisine les 40 millions d’euros…

 

Curateur des faillites des SPRL des frères Allata, Me Xavier Dehombreux se souvient des audiences qui ont mené à leur condamnation, le 17 février 2000 : « Pietro Allatta a été condamné à 21,8 millions de francs belges (540.000 €) qui, à ce jour, ne sont toujours pas récupérés.  En audience, malgré son côté folklorique, je me rappelle qu’il était très calme. Il n’a pour ainsi dire jamais ouvert la bouche ». Faut-il s’étonner, six ans plus tard, de voir ressurgir le nom d’Allatta au centre d’une affaire de corruption touchant le football belge ? « J’ai lu dans la presse qu’il avait exercé toutes sortes de métier, ça ne m’a donc pas étonné de le retrouver dans le football », estime Me Dehombreux.  « C’est un passionné de foot et un amateur de belles choses pour lesquelles il faut de l’argent. Il a dû se reconvertir après la chute de son réseau négrier, mais pour l’instant, je le rappelle, il n’est pas inculpé ».

 

Si l’homme n’est pas encore inquiété par la justice, sa réputation l’avait bel et bien précédé dans sa nouvelle activité. Exemple : en juillet 2005, lors du transfert de son poulain Sylvio Proto passant du club de La Louvière à Anderlecht, Pietro Allatta se voit refuser à la table des négociations par les dirigeants mauve et blancs. Plusieurs cadres du Sporting se méfient de l’ex-négrier et craignent qu’il ne s’invite à chaque entraînement ou qu’il se mêle du fonctionnement interne du club. Mais Allatta résiste, joue la montre et finit par gagner la partie en forçant l’acceptation de sa présence pour faire aboutir les négociations. Le jeune gardien des Diables Rouges jouera pour Anderlecht. Pendant l’officialisation médiatique de la nouvelle recrue, Allatta parade et remercie « Roger Vanden Stock et Luciano D’Onofrio de [lui] avoir fait confiance ». Balayant les mois d’ostracisme anderlechtois sur sa personne, il ajoute : « Des complications ? Dans un transfert, il y a beaucoup de bluff, comme au poker. Et puisque je suis un grand joueur de poker, Anderlecht vient de réaliser un très gros transfert. Après la naissance de ma fille, c'est le plus beau jour de ma vie.»

 

Le lendemain, le président du club de la Louvière, Filippo Gaone, égratigne le négociateur du transfert de Proto. En résumé, le dirigeant louviérois s’estime heureux d’être « débarrassé de la mafia » et déplore que l’opération ait occasionné un « détournement d’argent ». Réponse immédiate du principal intéressé : « Si Gaone continue, je vais l’attaquer en justice pour diffamation. Pendant toutes ces années, il a été bien content de m’avoir. Qu’il n’oublie pas que c’est grâce à moi que le transfert s’est réalisé ! »

 

Il y a ceux qui s’en méfient et ceux qui veulent le voir disparaître… définitivement. Le matin de 24 décembre 2004, Pietro Allata échappe miraculeusement à une tentative d’assassinat. A peine installé au volant de sa voiture, le manager aperçoit une BMW surgir en sens inverse. Par la vitre, une rafale de coups de feu atteint la Berline du manager. Dans un réflexe de survie, l’homme se couche à la vitesse de l’éclair et parvient à s’extraire du véhicule. Les agresseurs prennent la fuite. Deux impacts de balles provenant d’un fusil-mitrailleur seront retrouvés dans la carrosserie… Sans plus de précisions, Allatta évoque un « règlement de comptes » et prévient : « J’ai demandé à la police de me couvrir. Si elle ne le fait pas, je prendrai mes dispositions. Je n’hésiterai pas à m’armer pour me protéger.»

 

Novembre 2005. Dévoilée depuis peu, l’affaire des matches truqués s’accélère avec le dépôt de plainte du Lierse. Les dirigeants du club flamand estime qu’un match (GBA - Lierse : 4 - 0) « pose problème » et s’étonne que, la saison précédente, le Lierse ait aligné son équipe B contre les clubs de Charleroi et du Racing Genk. Par crainte d’être accusé de complicité, les dirigeants du Lierse prennent les devants et interpelle la justice. Précédemment, le 30 octobre 2005, l’homme d’affaires chinois Ye Zheyun est interpellé par la police à l’hôtel Hilton de Bruxelles, en compagnie de … Pietro Allatta et d’Olivier Suray, ancien joueur professionnel de D1 et ex-poulain d’Allatta. L’intervention de la police est motivée par la plainte d’une jeune femme qui accuse le Chinois de coups et blessures mais également d’avoir contribuer à truquer des matchs en Finlande et Belgique. Allatta refuse de se laisser emmener par les policiers. Ye Zheyun et Suray sont, eux, embarqués pour interrogatoires puis relâchés. Depuis, le Chinois reste introuvable…

 

Autant d’éléments qui ne déstabilisent pas Pietro Allata. Que faisait-il en compagnie du premier suspect impliqué dans le plus vaste dossier de corruption ayant atteint le foot belge ? Il servait d’intermédiaire pour « lui acheter des fourrures » avant d’ajouter sans rire : « C’est impossible de régler des matches ». Dernière affirmation pour le moins contredite par les révélations en cascade qui rendront le dossier aussi explosif qu’incontournable. A cette époque, au sujet du Chinois, Pietro Allata croit bon d’ajouter : « Je l’ai rencontré deux fois. Une fois en tant qu’intermédiaire entre lui et Geel, mais le deal ne s’est pas fait. Et une seconde fois lorsqu'un ami bruxellois a voulu lui acheter un stock de fourrures. Il est à Shangai ? Qu’il y reste. Je ne pourrais pas me permettre de faire des choses pareilles. J’ai une image de marque à défendre, j'ai une famille. Ma gueule est dans tous les journaux. Qu’on arrête ! ».

 

Mais cela ne s’arrêtera pas. Chaque semaine qui passe résonne du nom de l’ex-négrier ou de ses connections. Fin novembre 2005, les premiers footballeurs évoluant en Division 1 - deux joueurs du Germinal Beerschot - avouent à la police fédérale que l’homme d’affaires Ye Zheyun avait tenté de les acheter. Une tentative de corruption qui remonte à la saison 2004-2005 et où la somme de 25.000 euros par joueur avait été proposée.

 

Le 5 février 2006, la VRT sort le feu d’artifice via son magazine Panorama. Titre du missile : « De tackel van de maffia ». Une enquête au long cours menée jusqu’à Shanghai et qui postule que la maffia chinoise truque des matches belges pour permettre à des parieurs chinois de décrocher d’énormes gains par l’entremise de paris sur Internet. L’émission sera rediffusée par la RTBF, trois jours plus tard. Au cours du reportage, sont martelés les noms de Ye Zheyun et de Pietro Allatta. Egalement dans le collimateur des journalistes flamands : le club de La Louvière, repris dans six des sept matches truqués (contre le Lierse, FC Bruges, Saint-Trond, Westerloo, Genk et La Gantoise). Enfin, une quinzaine de personnes sont citées nommément et présentées comme « au courant » ou ayant « joué un rôle » dans le système de manipulation et de corruption.

 

Cerise voyante sur la gâteau : un policier de Chapelle-lez-Herlaimont - commune qui abrite le domicile de Pietro Allatta - est filmé en caméra cachée tandis qu’il téléphone à Allatta pour lui demander s’il désire s’entretenir avec les journalistes de la VRT. A l’image, on voit que l’agent connaît par cœur le numéro de son correspondant et surtout, lui parle de façon très amicale. L’interview du manager n’aura finalement pas lieu. «Il demandait d’être rémunéré, il a aussi exigé 20.000 euros à un journaliste finlandais », confie un journaliste de Panorama. Réflexe vénal que nous confirmons pour l’avoir vécu à notre tour (lire encadré 2 : « Fins de non recevoir »).

 

Après la diffusion de l’émission explosive, Allatta remise ses velléités pécuniaires et se confie gratuitement à la Dernière Heure : « Et qui dit que ce reportage n’a pas été monté et que les témoins n'ont pas été payés? Donnez un peu d'argent à un Chinois et il dit n’importe quoi. Non, je suis un type correct, je travaille pour des clubs italiens. Je ne touche pas à ce qui est malhonnête. J’ai l’impression qu’on me cherche. C’est toujours quelqu'un qui doit payer pour les autres.» Après ses dénégations, l’homme ose en remettre une couche sur « l’impossibilité » de corrompre certains acteurs du foot belge  : « Tous les buts tombent après des erreurs de défense. Donc si Butina passe deux fois à côté d'un ballon, il a truqué le match ? Allez, allez. Où va-t-on? Qu’on arrête le foot, alors. Entre-temps, les joueurs perdent beaucoup d’argent à cause de ces bêtises. » 

 

Sans mauvais jeu de mot, le terme « bêtises » devient carrément impropre avec l’annonce de Paul Cremers du club de Lommel. Le 14 février, celui-ci révèle qu’en début de saison 2005-2006, il a reçu la visite de… Pietro Allatta accompagné d’un Asiatique. Le manager aurait présenté son acolyte comme un sponsor désireux d’investir dans Lommel à une hauteur maximale de 500.000 euros. Et à une condition : Lommel se devait engager des joueurs... proposés par Allatta. Désarçonné, les dirigeants de Lommel metttent fin aux négociations. A cela s’ajoute les révélations de Patrick De Man, ex-entraîneur-adjoint et ex-gardien du Lierse, qui reconnaît des comportements de corruption au sein de son ancien club.  

 

Alors que Pietro Allatta a déposé plainte contre l’équipe de la VRT auteur du reportage l’incriminant, l’enquête menée par le juge d’instruction, Sylvania Verstreken, progresse à grands pas. Désormais, parmi au moins sept joueurs ou ex-joueurs du Lierse, une majorité avoue avoir accepté jusqu’à 10.000 euros par match pour lever le pied lors de certaines rencontres durant la saison 2004-2005.

 

Enfin, le 21 février dernier, la chaîne de télévision VTM annonçait que les enquêteurs travaillant sur le dossier des matches truqués avaient répertorié cinquante noms de joueurs de Division 1 et 2 suspectés de corruption. Sur cette liste figurerait des noms de joueurs du Sporting d’Anderlecht et de l’équipe des Diables rouges. VTM affirmait aussi que l’ancien entraîneur du Lierse, Paul Put, aurait empoché une somme avoisinant le million d’euros à l'occasion de divers matches truqués.

 

Et Pietro Allatta ? Selon VTM, le relevé des conversations téléphoniques et de la messagerie  internet démontrerait qu’Allatta et le Chinois Ye Zheyun entretenaient en réalité des contacts quotidiens. En clair : l’habitant de Chapelle-lez-Herlaimont pourrait jouer un rôle de « plaque tournante dans le blanchiment d’argent de la mafia chinoise en Belgique ». Si cette information devait se confirmer, celui qui «ne touche pas à ce qui est malhonnête» se rapproche furieusement du carton rouge… judiciaire. 

 

 

 

 

14:43 Écrit par michelbouffioux | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

ne faites-vous pas un amalgame... entre ce qui se passe avec le foot maintenant et les problèmes de négrier à une certaien époque?

Écrit par : soloamor | 13/03/2006

Moriau ? Ce jour (14.03) la «DH» rapporte que différentes personnalités sont nommées comme ayant participé, peu ou prou, au grand cirque mafieu footbalistique. Entre autres cités, Patrick Moriau.

Il se fait que le nom de Moriau apparaît décidément souvent dans les dossiers « chauds » ( inexpliqués ) que compte la Belgique. Ainsi on retrouve le député socialiste dans les affaires Agusta-Dassaut, Dutroux, KB-Lux, etc.

Vous, monsieur Bouffioux, qui avez dû bien le connaître, notamment dans vos enquêtes autour de Dutroux & C°, auriez-vous une petite idée sur les raisons d'une telle visibilité du bonhomme sur les terrains mafieux et de la grande criminalité ( col blanc et moins blanc ) ?

Bien cordialement,

Charly Nyst

Écrit par : Charly Nyst | 14/03/2006

acide Vous savez comme tout le monde ce qui s'est passé chez moi pendant les années allant avril 1988 à février 1990. de l'acide à entous été utilisé !

Écrit par : Fauvage | 16/04/2006

je suis a la recherche de mais 2 cousins!!! bonsoir, mr dell area guiseppe etait mon oncle , et depuis sa mort , je n ai plus jamais revus mais 2 cousins, pouvez vous m aider svp ????

Écrit par : dell aera giani | 22/02/2007

recherche mes deux neveux Adrien et Angelo Au nom de mes parents et moi même, je cherche a retrouver mes neveux que nous n avons plus vu depuis le décès de mon frere DELL AERA Guiseppe.
Je sais qu ils avaient changer d'identité et ne sais pas quelle est leur nouvelle identité.

Écrit par : DELL AERA Pasqualina | 14/05/2008

A pasqualina et giani Bonjour, je ne vous connais pas et vous me connaissez pas. J'habitais aussi à Morlanwelz durant les périodes "chaudes" et ca restera toujours ma petite terre natale. Malgré les rumeurs qui courent encore aujourd'hui je sais que c'est devenue une commune plus calme et plus sereine à tout niveau. Malheureusement pour leur sécurité faudrait peut etre laisser cette famille tranquille et je pense que vous ne trouverez jamais leur vraie identité a moins de ne faire appel à une émission televisée mais si on change d'identité c'est pour aussi tourner le dos au passé et recommencer une nouvelle vie. Pour d'autres raisons encore, beaucoup de cas sont pareils dans le monde. C'est trsite mais c'est la vie. J'espere pour vous que vous retrouverez un jour vos cousins.

Écrit par : Fred | 14/11/2008

Pietro Allata 13/10/2009 Pietro Allata vit et sevit en ce moment meme a l'ile Maurice. Et fidele a lui meme, il a des demeles avec la justice mauricienne sur une affaire d'attouchements, qu'il nie categoriquement biensur

Écrit par : Jacques | 13/10/2009

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