01/03/2006

Violence scolaire (160206)

Entretien publié dans l'hebdomadaire belge "Ciné-Télé Revue", le 16 février 2006

«La violence dans les écoles, ça suffit !»

 

Ces dernières semaines, plusieurs affaires graves ont une nouvelle fois attiré l’attention des médias et du monde politique sur la question très polémique des violences scolaires. Dans un athénée de la Région bruxelloise, un élève âgé de 15 ans n’a pas hésité à utiliser un pistolet d’alarme pour prendre un professeur et sa classe en otage. Motif de son courroux : il était renvoyé à la suite d’une multiplicité d’indisciplines notoires. Dans un autre établissement scolaire, un gosse de 13 ans, a débarqué en pleine récréation, armé d'une fausse mitraillette, provoquant la panique générale en hurlant qu'il allait tuer tous les professeurs et le proviseur. Quelques jours plus tôt, il avait eu une altercation avec une enseignante qui l'accusait du vol d'un portefeuille. Précision utile : la mitraillette était une arme à billes qui aurait pu blesser des personnes… La même semaine, un enseignant d’un centre de formation s’est fait tabassé en classe par un ou plusieurs élèves – une instruction en cours tente de déterminer le nombre d’agresseurs- parce qu’il avait osé réprimander un jeune. «C’en est trop !», s’énerve la présidente du groupe MR au parlement de la Communauté française, Françoise Bertieaux. «La violence scolaire ne fait visiblement pas partie des priorités du gouvernement de Marie Arena. Dans trop d’établissements, profs et élèves n’en peuvent plus. D’urgence, les centres de rescolarisation (ndlr : autrement appelés «Ecole des caïds»), doivent entrer en action! Cela avait d’ailleurs fait l’objet d’un décret en mai 2004. Légalement, la ministre-présidente de la Communauté française est tenue de mettre en œuvre cette décision démocratique. Mais elle s’y refuse obstinément alors même que son parti avait voté pour!»

 

- Comment réagissez-vous à la multiplicité des agressions que l’ont vient de déplorer dans plusieurs écoles?

-  Ca suffit! Ce sont les deux premiers mots qui me viennent à l’esprit. Il est intolérable que de plus en plus de d’enseignants doivent se rendre sur leur lieu de travail avec la peur au ventre. Mais cette violence est aussi inacceptable pour les élèves sérieux – et ils sont les plus nombreux- qui ne peuvent suivre une scolarité sereine à cause de quelques fauteurs de trouble. Les agressions dont on parle actuellement et qui nourrissent les rubriques «faits divers» des journaux ne sont que la face apparente de l’iceberg. Il serait temps de prendre des dispositions claires et précises pour en finir avec ce climat de terreur et cela passe par la restauration de valeurs comme le respect, le travail et l’autorité. Soyons clair, je ne parle pas d’autoritarisme, d’écoles prison ou du retour de la cravache! Je préfère préciser cela, vu la tendance qu’ont certains partis politiques à caricaturer tout discours un peu ferme sur cette question de la violence scolaire.

 

­- Si trois agressions graves se sont succédées dans des écoles bruxelloises, cela témoigne-t-il nécessairement d’une augmentation générale de la violence dans les établissements de la Communauté française ?

- Très bonne question. Au travers des échos que je reçois du personnel enseignant, il est clair que la situation est très préoccupante. Ce n’est pas pour rien que, sur leur propres deniers, de plus en plus de professeurs en arrivent à devoir contracter des assurances pour se protéger des conséquences d’éventuelles agressions sur leur lieu de travail. Mais, bien sûr, comme d’autres parlementaires, j’aimerais disposer de chiffres précis. Malheureusement, ces données, le gouvernement actuel ne cherche même pas à se les procurer! Où alors, il les cache! Sous la précédente législature, le ministre Pierre Hazette (MR) avait créé un baromètre de la violence scolaire. Il s’agissait d’enquêtes de terrain qui recueillaient les témoignages des professeurs et des élèves. Cela permettait d’évaluer objectivement l’évolution du problème. Mais depuis la prise de fonction de Marie Arena, cela ne se fait plus. 

 

- Pourquoi ?

- Si on a pour politique de minimiser ou de dissimuler une situation préoccupante, mieux vaut ne pas la mesurer! Je suppose que le gouvernement Arena estime qu’il y avait trop de données dérangeantes dans le baromètre. Par exemple, le fait que les professeurs font quelques 200 déclarations d’accident de travail par an pour faits de violence… 

 

- Vous n’y allez pas avec le dos de la cuiller...

- Mais il y a de quoi ! Car, il y a plus grave encore : la première décision importante qui a été prise par Marie Arena après son entrée en fonction a été de mettre au frigo le décret mettant en place les «centres de rescolarisation»!

 

- Ce qu’on a appelé l’«école des caïds» ?

- C’est cela oui. Avant les dernières élections, un accord politique incluant le PS avait vu le jour sur cette question et un décret avait été adopté par le Parlement de la Communauté française. Marie Arena avait donc l’obligation légale de mettre ce décret en application. Mais visiblement, la ministre-présidente n’a cure de respecter la loi.

 

- C’est que, pour elle, «l’action contre la violence passe d’abord par la prévention et non par des sanctions. Et quand la prévention est un échec, les actes violents relèvent de la justice» ?

- J’ai lu ces propos tenus par Marie Arena dans un quotidien et je les trouve parfaitement révoltants. Je constate qu’elle admet que sa politique de prévention a ses limites et qu’au-delà de celle-ci elle ne veut rien tenter pour remettre ces jeunes en difficulté sur les bons rails. Jouant à Ponce Pilate, elle préfère donc que ces élèves à problèmes passent d’une école à une autre jusqu’à ce qu’ils se retrouvent pris dans un engrenage judiciaire qui condamnera définitivement leur scolarité. C’est un déni de responsabilité. C’est aussi de la démagogie parce que dans le même temps – et après l’avoir voté !- les socialistes laissent entendre que l’«école des caïds» serait la matérialisation d’une «politique répressive» dont il ne veulent pas. Pourtant, on le voit, ils n’ont pas d’objections à ce que ces mêmes jeunes soient l’objet d’une répression judiciaire qui risque de compliquer leur avenir.

 

­- C’est qu’on dit aussi que les «centres de rescolarisation» ne seraient rien d’autre que des «écoles-prison»…

- Mais pas du tout! L’idée de base est d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard. Il s’agit de garder ces jeunes dans le parcours scolaire le plus longtemps possible et de leur donner une dernière chance d’en sortir par le haut. Comment ? En leur donnant un encadrement spécifique : 1 professeur pour cinq élèves, des éducateurs, des psychologues.  Il ne s’agit en rien d’écoles prison ou de maison de redressement. D’ailleurs, les élèves rentreraient dans ces centres ouverts sur base volontaire; En passant un contrat clair et précis avec l’équipe éducative. Ils n’y resteraient que pendant une période transitoire, avant de pouvoir rejoindre leur école d’origine. A la limite, c’est l’école dont on pourrait rêver pour tout le monde : des petites unités où les élèves disposent presque de professeurs particuliers… Au travers de son discours confus qui confond des notions de base comme l’autorité et la sanction, les socialistes en arrivent à priver ces jeunes d’une dernière chance, les condamnant à être plus vite et plus certainement broyés par la machine judiciaire. Le pire, ce qui m’énerve le plus dans cette histoire, c’est qu’en plus ils ne sont pas dupes. J’insiste encore une fois sur le fait qu’Arena et ses sbires qui critiquent copieusement les «centres de rescolarisation» connaissent parfaitement le tenants et aboutissants de ce projet qui ne s’inscrit absolument pas dans une logique simpliste de répression à tout crin. Ils l’ont voté et ensuite ils ont mangé leur engagement. C’est une insulte pour le parlement mais aussi pour leurs électeurs. Qu’ils ouvrent enfin les yeux! La prévention dispersée qu’ils préconisent comme seul arme contre la violence montre clairement ses limites. Une réaction juste et équilibrée est aussi nécessaire pour aider ces jeunes violents ou en grave décrochage : ils doivent être aidés à prendre conscience de la portée de leur acte et réapprendre le respect de l’autorité. Pour l’intérêt général. C’est évident. Mais aussi pour eux, afin qu’ils bénéficient d’une chance supplémentaire de réussir leur vie d’adulte.

 

 « Il faut en finir avec une certaine omerta !»

«Certaines directions ont tendance à relativiser à l’extrême, voire même à cacher ce qui se passe réellement derrière les murs de leur établissement scolaire», regrette Françoise Bertieaux. Mais dans le même temps, la parlementaire estime que «ce n’est guère surprenant». «Les intérêts en jeux sont importants; Il en va de la réputation de l’école, des inscriptions de l’année suivante… Ensuite, et c’est très grave, certaines directions d’écoles de la Communauté française craignent les réactions du gouvernement dans le cas où ces problèmes de violence connaîtraient une trop grande publicité. On a vu l’année dernière que des directions ou des préfets pouvaient être déplacés très rapidement… Enfin, il faut aussi se rendre à l’évidence que beaucoup de choses se règlent en interne au travers d’exclusions; Tous les jours des élèves sont renvoyés et cela ne fait pas de bruits dans les médias… Déplacer les auteurs de faits violents d’une école à l’autre, ce n’est pas la solution. On ne fait qu’exporter la violence. Il faut donc en finir avec une certaine omerta et oser poser clairement le problème de la violence scolaire». 

15:50 Écrit par michelbouffioux | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

Les élèves emboîtent le pas ! Les premières violences connues dans le milieu scolaire venaient des institutions catholiques et des curtons ou nonettes qui frappaient violament les mains des gauchés à coups de règle. Plus tard, des "Maîtres" nous tordaient l'oreille ou nous canardaient de crée. Je vous passe les sévices jusqu'aux brûlures de cigarettes sur les parties intimes et ce jusqu'à la fin des années 70. Depuis, puisque l'exemple vient d'en haut, les élèves (qui ont bien appris la leçon) emboîtent le pas et font de même parfois avec leur professeur. Un juste retour des choses me direz-vous. On récolte ce que l'on sème mais il faut attendre un peu. Aujourd'hui la récolte est bonne. Elle correspont en tout ou en partie de ce qui a été semé jusqu'ici.

Écrit par : Pol Silentblock | 19/02/2007

scolarités foutues mon fils apprenait la mécanique dans une école technique et professionnelle à bruxelles, seul belge, il a été menacé (couteaux, harcèlement,...) par un groupe dont je tairai l'origine afin de ne pas stygmatiser. ensuite ce fût ma fille, qui en voulant se défendre sous le menace d'un cutter, ayant cassé le nez de son agresseuse, a été mise à la porte, afin que l'école ne soit pas traitée de raciste. ayant quitté bruxelles, mon troisième, lui, menacé de couteau dans un collège à Gembloux. Réfuté par l'école, je l'ai retiré à temps, il y a eu un cas de "sourire d'ange".
jamais qui que ce soit dans l'école n'a pris ses responsabilités, c'était donc ma faute, je les couvais de trop.
ne pas vouloir que ses enfants risquent d'être violemment agressé, c'est cela, les couver.

Écrit par : lyse | 20/02/2007

scolarités foutues mon fils apprenait la mécanique dans une école technique et professionnelle à bruxelles, seul belge, il a été menacé (couteaux, harcèlement,...) par un groupe dont je tairai l'origine afin de ne pas stygmatiser. ensuite ce fût ma fille, qui en voulant se défendre sous le menace d'un cutter, ayant cassé le nez de son agresseuse, a été mise à la porte, afin que l'école ne soit pas traitée de raciste. ayant quitté bruxelles, mon troisième, lui, menacé de couteau dans un collège à Gembloux. Réfuté par l'école, je l'ai retiré à temps, il y a eu un cas de "sourire d'ange".
jamais qui que ce soit dans l'école n'a pris ses responsabilités, c'était donc ma faute, je les couvais de trop.
ne pas vouloir que ses enfants risquent d'être violemment agressé, c'est cela, les couver.

Écrit par : lyse | 20/02/2007

Des parents agressent des enfants devant l'école Ma fille a ete agressée devant l'école à trois reprises par des parents, qui font la loi. La direction nous dit avoir la situation en main. La derniere fois, j'ai reçu une letre comme quoi elle etait grossiere. L'école veut se couvrire et nous accable. dans ce courier, il ne nous prévenait pas qu'elle avait de nouveau ete agressee. Nous ne savons pas, plus quoi faire. Attention de ne pas affaiblir les faible et renforcer les fort.

Écrit par : steph | 25/02/2007

Faut pas charié... Réponce a " Les élèves emboitent le pas "
M.Silentblock, je pense que vous mélanger les choses et les genres. Faire un amalgam entre un prof qui jette une craie et un "curton" qui torture a l'aide d'une cigarette est tres osé de votre part, j'aimerais que vous ayez un jour la possibilitée de vous trouver face a un auditoire de 20 jeunes a qui vous devez enseigner une matiere qui ne les interesses absolument pas (le plus souvent).
Les seules armes du prof sont la prestence et le point de comportement, rendezvous compte que face a une arme blache c'est relativement dérisoire, alors laissez leur au moin la craie...
Merci d'avence
Eric Dussart.

Écrit par : DUSSART | 05/12/2007

scolarité en péril bjr moi aussi ma fille va avoir sa scolarité foutue en l air si l on ne trouve pas rapidement une solution et si l école continue a mettre la tête dans le sable . les fait on commencer en juin de cette année alors quelle était en primaire une fille de sa classe a inciter cinq autre et il lui ont sauté dessus un la étranglée et les autres ont tapé l école la laissée rentrer en bus comme sa sans me prévenir quand ma fille est rentrée elle était en transe l école nous a pris pour des con et na donné aucune sanction aux élève maintenant ma fille est en secondaire et la conne est en secondaire aussi et récemment on ma téléphoner pour aller rechercher ma fille la conne lui a foncer dessus comme un veau résultat ma fille s est retrouvée 3 semaines dans le plâtre et l on ne sait pas si on va pas devoir l opérer elle a eu la cheville fracturée a plusieurs morceaux et un arrachement des ligaments l école na juste que réprimander l élève c est tout et na aucune intention de la renvoyer résultat ma fille ne veut plus y retourner et moi je ne sais plus koi faire la garder ou l envoyer malgré le danger je suis écœurée et jai mauvais pour ma fille l ona décidé de porter plainte contre l élève et l école

Écrit par : dominique detrooz | 01/12/2008

édition Bonjour, Madame Monsieur

Je suis Ahbiel Mohamed chercheur de sociologie au sujet la violence scolaire, j'ai rédigé déjà une thèse doctorat sur la violence scolaire chez les jeunes lycéennes, je voulais édition un article au sujet de la la violence scolaire internationaux.

Cordialement

Ahbiel mohamed

m_zaba4@yahoo.fr

Écrit par : Ahbiel | 23/02/2009

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