28/10/2005

Habitations sociales de Binches (201005)

Reportage publié dans l'hebdomadaire belge "Ciné-Télé Revue", le 20 octobre 2005

 

Des conditions de vie moyenageuses pour certains locataires alors que la direction des «Habitations sociales de Binche» jetaient l’argent par les fenêtres.

 

Les «taudis sociaux» de Bray

 

Alors que le directeur-gérant et le président des «Habitations sociales de Binche et environs» menaient grand train de vie –ils sont désormais en prison-, certains locataires de cette société de logement vivent dans une misère indescriptible. A Bray, notamment, où nous avons découvert avec horreur la «Cité du Levant de Mons». On connaissait déjà le phénomène des «marchands de sommeil», ces propriétaires privés sans scrupules qui louent des garnis infâmes à des personnes défavorisées. Notre reportage révèle qu’il faut aussi dénoncer une autre forme d’exploitation de la pauvreté : le «taudis social» géré par les pouvoirs publics. Cela se passe à moins de dix kilomètres du domicile du ministre-président wallon, Elio Di Rupo. Ne devrait-il pas y aller jeter un coup d’œil avec son ministre du logement ?

 

Déjà réputée pour son carnaval, la bonne ville de Binche connaîtra bientôt une nouvelle attraction touristique. En exclusivité, nous sommes fier de pouvoir vous faire découvrir le bateau «Gaillard». Vous pourrez l’admirer à proximité immédiate du centre ville, dans le fond d’une cour, au numéro 52 de l’avenue Wanderpepen. C’est très facile à trouver : l’adresse est celle de la société «Habitations sociales de Binche et environs» comme l’indique un grand panneau au dessus du porche d’entrée.

 

Pourquoi cet esquif de 12 mètres de long, alliant métal et boiseries, fait-il cale sèche sur le terrain d’une société de logements publics ? «Parce que c’est le bateau de Philippe Gaillard, notre directeur gérant», explique un membre du personnel des «Habitations sociales», tout en nous implorant de ne pas révéler son identité. Après avoir déployé des trésors de diplomatie, nous parvenons à en savoir un peu plus : «Philippe Gaillard a le pied marin. Il rêvait de faire le tour de monde à bord de ce bateau qu’il a entièrement construit lui-même après en avoir fait les plans. Pendant des années, il a pris sur ses heures pour mener à bien son projet. Le matin, il ouvrait son courrier et puis on ne le voyait plus. Tout le monde le savait : cela voulait dire qu’il était dans la cour où il construisait son bateau avec, notamment, de l’outillage et des matériaux appartenant la société».

 

Une autre source, tout aussi revendicative quand à son anonymat, nous confirme : «La construction du bateau s’est étalée sur plusieurs années. Pendant leurs heures, c’est-à-dire sur le compte de la société de logement, deux ouvriers ont aussi travaillé dessus : Christian N. pour les soudures et Alain G. pour les boiseries. Toutefois, Il y a deux ans environ, Gaillard s’est désintéressé du bateau. Cela correspond à l’époque où il venait de s’acheter une maison en Bretagne. Par la suite, des ouvriers de la société ont du travailler pendant plus de deux mois et demi à souder une charpente métallique pour la nouvelle maison du patron. C’est Etienne M. et Michel A. qui l’ont transportée à bord d’un camion loué par Gaillard jusqu’en Bretagne».

 

Pourquoi certains membres du personnel d’ «Habitations sociales de Binche» acceptaient-ils de telles prestations illégales? «Parce qu’on n’avait pas le choix», témoigne l’un d’entre eux. «C’était un vrai système.Gaillard nous disait qu’il fallait avoir ‘l’esprit d’équipe’. Si on participait et que l’on fermait sa gueule, on pouvait espérer quelques petites récompenses : pouvoir utiliser l’atelier de menuiserie à des fins personnelles, utiliser les véhicules de la société, bénéficier de complaisance sur les horaires lors de prestations extérieures… Par contre, celui qui n’entrait pas dans ce système était montré du doigt et il risquait de perdre sa place. C’est d’ailleurs arrivé à un menuisier de la société. Il refusait de travailler pour le compte personnel de Gaillard et, finalement, la direction a trouvé un motif pour le licencier.»

 

 On n’est jamais mieux servi que par soi-même

 

Ce «système» binchois impliquait aussi des traitements de faveurs pour certains locataires. Leur particularité? Généralement, il s’agissait de membres du conseil d’administration d’ «Habitation sociales de Binche» ou de personnes ayant des liens de famille avec ces administrateurs. A cet égard, l’un des nombreux cas épinglés dans un audit de la Société Wallonne du Logement (SWL) rédigé en juillet 2004 est particulièrement édifiant. Il concerne Michel Van Bastelaere.

 

Primo, ce monsieur est locataire d’une maison sociale à Bray (entre Mons et Binche). Secundo, Michel Van Bastelaere est membre du conseil d’administration de la société publique qui lui loue son logement, à savoir «Habitation sociales de Binche». Tertio : le même homme est aussi le frère du président d’ «Habitation sociales de Binche», à savoir l’échevin Albert Van Bastelaere.

 

Les présentations étant faites, on peut maintenant lire un extrait du rapport d’audit de la SWL : «Aucun dossier n’est constitué à son nom… Il n’a donc pas été possible de vérifier si le loyer réclamé à Michel Van Bastelaere, soit 128 euros par mois (seulement), était correct. Par ailleurs, aucune charge locative n’est réclamée par la société à ce locataire, alors que les autres locataires de Bray en font l’objet… Enfin, des travaux ont été réalisés dans le logement de Mr Michel Van Bastelaere par lui-même, et lui remboursés par la société en avril 2003 sur la base d’une estimation établie par le responsable technique de la société, soit 5.950 euros, dont 2500 euros de main d’œuvre (garnitures des plafonds, travaux électricité, ébrasements châssis, fausse cheminée, montage d’une douche et d’un wc, porte accordéon, coffrets électriques, chambres de visite, égouttage sous terre…). Si le remboursement de certains frais peut s’envisager, le remboursement de frais de main d’œuvre à un particulier est exclus (point de vue social : source de revenus pour le bénéficiaire ? – point de vue fiscal : pas de facture établie par un entrepreneur de travaux ?). D’autres travaux ont également été réalisés (facture Travimmo de février 2004 – réparation des murs de coin) pour la somme de 7.395 euros (décision du conseil d’administration de juin 2003, «vu l’urgence et le danger pour les locataires »).Des sommes importantes ont donc été consacrées à ce logement, bien que la société nous ait dit avoir pris la position de vendre les logements (de la cité ou se trouve Michel Van Bastelaere) ; ceci est d’ailleurs confirmé par décision du conseil d’administration de mai 2004»

 

Invité à justifier ces travaux très particuliers, le directeur-gérant d’«Habitations sociales de Binche», Philippe Gaillard argumente ainsi dans une lettre envoyée le 29 juillet 2004 à la SWL : «Doit-on, parce qu’on est le frère du président, vivre dans une maison qui s’écroule ? Il est à noter que nous avons hérité de ce logement, venant du «Foyer Louvièrois», dans cet état déplorable et dangereux. La décision a été prise en l’absence de l’intéressé en conseil d’administration du 5 juin 2003. Cette habitation est reprise dans un programme de vente de logement. Si le logement est vendu, la valeur de ces travaux sera ajoutée à l’estimation de monsieur le receveur de l’enregistrement».

 

La cité de l’horreur

 

Poursuivant notre enquête, nous prenons la nationale 90 en direction de Bray. Il s’avère que la maison de Michel Van Bastelaere se trouve dans la Cité du «Levant du Mons», un ensemble de vieilles maisons ouvrières qui appartenaient jusqu’il y a trois ans au «Foyer Louvièrois» et qui ont été transférées dans le patrimoine d’ «Habitations sociales de Binche». Au n°9 de la rue César De Paepe, nous frappons à la porte du frère du président, mais personne n’ouvre. C’est alors qu’une voisine nous interpelle :

 

-         «Vous pourriez attendre longtemps : Van Bastelaer n’habite pas ici. Il vit chez sa copine qui a un logement privé sur la route de Mons. De temps en temps, il passe pour entretenir son potager».

 

-         Pourtant, il paraît que Michel Van Bastelaer y a fait beaucoup de travaux ?

 

-         « Van Bastelaere y a fait beaucoup de travaux ? Il serait plus juste de dire que des ouvriers ont beaucoup travaillé dans cette maison. A plusieurs reprises, j’y ai vu des gens de la société de logement. D’ailleurs, cela nous choquait parce que le reste de la Cité est laissé dans un abandon quasi-total par les «Habitations sociales de Binche». Mais vous savez, c’est le frère du président alors…  

 

-         A votre avis, pourquoi fait-on des travaux dans une maison inoccupée ?

 

-         Sans doute que son locataire avait  pour projet de racheter sa maison à bon prix quand tout serait terminé. C’est la politique de notre société de logement : elle ne veut plus de cette cité et elle vend les maisons. Un vrai cauchemar pour certains locataires sociaux qui habitent ici. S’ils n’ont pas les moyens d’acheter, la société de logement les laisse vivre dans de vrais taudis qu’elle n’entretient plus. Vous devriez aller visiter les maisons de la Cité. Certaines personnes vivent ici dans des conditions moyenâgeuses. Il s’agit surtout de femmes seules, âgée et pauvres, et qui n’ont plus un homme à la maison pour effectuer les réparations que les «Habitations sociales» refuse de faire. C’est un vrai scandale de les laisser vivre comme cela!»   

 

A priori, les propos de cette dame sont étonnants. L’aspect extérieur de la Cité ne trahissant pas la quasi insalubrité qui s’est installée à l’intérieur de nombreuses maisons. Suivant ses conseils, nous toquons à la porte de Liliane, une femme de 53 ans qui vit seule au 22 de la rue des Sorbiers. C’est à moins de 100 mètres de la maison de Michel Van Bastelaere. Il y a cinq ans, Liliane vivait dans un logement social de la rue des Arquebusiers à Binche. Elle raconte : «On m’a mis dehors parce qu’il fallait faire des rénovations et j’ai abouti ici… Dans ce trou à rat. Quand mon ancien logement a été réparé, il ne m’était plus accessible. Il aurait fallu que je paye 400 euros par mois alors que je dispose d’un revenu mensuel de 600 euros. Donc, je reste ici. Pour 125 euros par mois. Je n’ai pas le choix. C’est ça ou la rue.»   

 

Officiellement, Liliane occupe un logement comportant deux chambres. Mais la réalité est bien différente : «Les chambres ? Elles se trouvent à l’étage mais on ne saurait pas y monter parce que le plafond est passé outre. Que se soit du Foyer louvièrois ou des Habitations sociales de Binche, personne n’est jamais venu réparer malgré mes demandes répétées. Alors, je dors dans le divan de la pièce du bas». Cette «pièce du bas», fait tout au plus 20 m2 et elle est prolongée par une «cuisine» de 12 m2 en comptant large. Il y a bien une sorte de véranda qui pourrait théoriquement prolonger l’espace à vivre mais elle est dans un tel état qu’un rat hésiterait à s’y installer. Naïvement, nous demandons à Liliane où se trouve la salle de bain : «Il n’en y en a pas!». Une cabine de douche au moins ? «Non, le seul point d’eau, c’est l’évier de la cuisine. Et, il n’y pas d’eau chaude». Mur défraîchis, raccords électriques dangereux, carrelage endommagé… Tout est à l’avenant. «Ce n’est pas facile de vivre ici», conclut Liliane alors que nous sortons de sa maison.       

 

A peine somme-nous sorti la maison de Liliane que plusieurs personnes de la Cité nous font des grands signes. «Venez voir chez moi! Venez voir chez moi aussi !». Ils semblent stupéfaits que quelqu’un s’intéresse à leur misère. Partout, c’est le même topo. Avec certaines spécificités. Chez Françoise, le WC n’est même pas raccordé à l’égout. «On m’a dit que si je le voulais, je pouvais faire les travaux moi-même. Mais ce n’est pas aisé pour une femme seule. Normalement, je devrais faire vidanger tous les trois ou quatre mois. Mais avec 600 euros par mois, ce n’est pas évident de payer à chaque fois une société privée pour faire cela. Alors, je me suis achetée une pompe, j’utilise du sulfate de fer pour éliminer un maximum et quand on ne me voit pas, je vide au fond du jardin».     

 

Le phénomène est connu. Lorsqu’une personne vit trop longtemps dans des conditions incompatible avec la dignité humaine, elle peut avoir tendance à renoncer, à s’avilir, à tomber toujours plus bas. Chez Françoise, comme chez Jeanne, quelques maisons plus loin, c’est donc devenu le bordel intégral. A quoi sert-il de ranger encore si c’est tout de même pour vivre dans l’inconfort total et dans cette humidité permanente qui ronge les murs de la plupart des maisons de la cité. (1) «Ici, aussi le plafond est passé outre mais la société nous a dit qu’elle ne refaisait plus rien. Alors, on l’a réparé nous-même. Vaille que vaille. En espérant qu’on ne va pas passer au travers», explique Jeanne. Pour elle, de toute manière, pas question de se priver de ses deux chambres. «Provisoirement, j’héberge ma fille et ses deux enfants. Ils étaient à la rue. Aux ‘Habitations sociales’, on a dit à ma fille : ‘Il n’y a pas que vous qui êtes à la porte’». Peut-être que la maison inoccupée par le frère du président Van Bastelaere pourrait convenir… Grand privilège : Jeanne dispose d’une petite douche et d’un boiler électrique. «J’ai fait mettre cela sur mon compte», précise-t-elle.

 

Luigi, quand à lui, refuse de se laisser aller. Il est arrivé dans cette Cité à l’âge de 8 ans et aujourd’hui, il en a 63. Durant toutes ces années, la maison qu’il occupe a connu deux interventions : la société de logement lui a refait l’électricité parce que cela devenait trop dangereux et on lui a aussi changé les châssis. «Seulement, c’était il y a bien longtemps», précise Luigi. Cet homme célibataire fait tout ce qu’il peut pour rafistoler sa maison. Il s’est construit une toute petite salle de bain, il a mis du crépis partout – le simple tapis ne tient pas sur les murs humides- et il a recouvert le sol de dalles autocollantes. Mais comme il le dit «Je ne peux pas faire des miracles. Il y a tellement d’humidité que tout à tendance à se décoller.» Il nous fait monter dans sa chambre pour nous montrer les châssis de la fenêtre. «Si au moins, on pouvait me changer cela. J’ai beau mettre du mastique, quand il pleut l’eau rentre à l’intérieur de la maison».

 

Juste en face, c’est maintenant Maria qui nous parle sur le pas de sa porte. 50 ans aussi qu’elle vit ici. Et des propos déjà entendus : pas de salle de bain («j’utilise une bassine), pas d’eau chaude, un wc rudimentaire («il faut évacuer à l’aide d’un sceau d’eau»), le plafonnage qui ne tient pas («quand on essaye de tapisser, il vient avec»), le plafond qui craque («moi, je sais encore aller dans la chambre mais ce n’est pas rassurant, le plancher est en train de rendre l’âme»), de l’eau qui rentre par le grenier… «Je vis encore comme à l’ancien temps», commente Maria avec un gentil sourire empreint de résignation. Non, madame. Une personne âgée de 75 ans qui a toujours payé son loyer à temps et à heure, ne devrait pas vivre comme cela!

 

Une femme seule avec un enfant non plus. C’est le cas de Muriel qui vit dans cette cité avec sa petite Romalia âgée de trois ans. «Quand je suis rentrée ici, j’en ai pleuré. Un copain m’a alors aidé à réparer ce qui pouvait l’être. Comme d’autres, je me suis construit une petite douche et j’ai acheté un boiler électrique. J’ai voulu aussi tapisser, mais rien ne tient sur ces murs pourris. Là on l’on peint, cela redevient jaune quelque temps après. Quand je nettoie le carrelage, il y a du sable qui ressort. Des tuiles du toit risque de tomber à tout moment mais la société de logement n’en a rien à faire. Le mur extérieur tombe en lambeau, mais cela ne les préoccupe pas plus. A cause de l’humidité, ma petite est toujours malade. Mon frère est gérant d’une ferme. Je trouve que son bétail est mieux traité que nous!»

 

Cela se passe au 21ème siècle. Dans du logement géré par le secteur public. A moins de 10 kilomètres à peine du domicile du ministre-président socialiste de la Région Wallonne… A quand un plan Marschall pour le logement ?

 

(1) : Dans cet article, il est question des maisons gérées par «Habitations sociales de Binche». D’autres maisons de la Cité du Levant de Mons ont été revendues à des particuliers. Celle-là ne connaissent bien évidemment pas un tel état de délabrement. 

 

Maman, si tu savais

Encore cette humidité qui tue à petit feu chez Marta qui occupe la dernière maison de rangée, rue des Sorbiers. «Je n’oserais plus aller au grenier, dit-elle. On y voit le jour à travers le toit. A la cave, non plus d’ailleurs. Il y fait tellement humide qu’on n’oserait plus y allumer une lumière de peur d’être électrocuté. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? J’ai 68 ans et je vis ici depuis si longtemps. Si je déménage, mes meubles pourris par l’humidité vont tomber en ruine». Chez Marta, la société de logement a concédé de faire deux améliorations : «Dans le hall, il ont remis un nouveau morceau de plancher pour éviter un accident. Ils m’ont aussi changé mes châssis de fenêtre». A force de ne rien avoir, on se contente de très peu. Marta est presque gênée d’avoir eu droit à des améliorations minimales de son très vétuste logement. «N’allez surtout pas croire que c’est parce que ma fille est à la commune. D’ailleurs, je ne peux rien lui demander. On dit qu’elle a fait faire des travaux chez elle sur le compte du logement social, mais ce n’est vrai». A voir le logement de Marta, on la croit volontiers. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que sa fille qui «est à la commune» préfère veiller à son confort personnel. Il s’agit d’Anne-Marie Calluwaert. Conseillère communale de la majorité et administrateur de la société «Habitations sociales». Le cas de cette personne qui occupe un logement social à Ressaix est évoqué dans l’audit de la SWL : «Son loyer mensuel a été fixé à 10 euros pour les mois d’avril à septembre 2003, période où elle aurait joué le rôle de «concierge». Ensuite, un loyer maximum (soit 327 euros par mois) lui a été réclamé. Ses arriérés de loyer s’élèvent actuellement à 3.265 euros (…) malgré cela aucun courrier de rappel ne lui a été adressé, et aucun plan d’apurement n’est apparemment prévu. Par ailleurs, la société a pris en charge, au bénéfice de cette locataire : en  2003, l’achat d’une cuisinière (279 euros) et des travaux pour un coût total, matériel et main d’œuvre compris de 5.728 euros. Cette administratrice ne se retire pas, en séance du conseil d’administration, lorsqu’il s’agit d’approuver les décomptes de charges et loyers de base.» 

 

 

Mieux vaut être en prison, c’est plus confortable…

 

Face à une telle misère, certains constats relevés dans le rapport d’audit des «Habitations sociales de Binche» réalisé par la SWL prennent toute leur scandaleuse dimension. En 2003, cette société à remboursé 18.045 euros de frais de restaurant à trois de ses dirigeants (Gaillard, Van Bastelaere et Jaupart). Philippe Gaillard s’est fait remboursé à lui seul un montant de 8.110 euros pour cette même année 2003, ce qui correspond à une moyenne mensuelle de 675 euros. L’audit relève qu’il rentre parfois deux notes de restaurant pour le même jour et que «sur la période du 8 septembre 2003 au 9 octobre 2003, soit un mois, Mr Gaillard s’est fait remboursé des frais de restaurant pour 1.778 euros». Les dépenses de restaurant d’Albert Van Bastelaere s’élèvent quant à elles à 8.456 euros en 2003, soit une moyenne mensuelle de 705 euros. Commentaire de la SWL : «Nous estimons qu’il n’y a aucune retenue de la part de Messieurs Gaillard et Van Bastelaere au niveau des frais de restaurant». Dans la comptabilité des «Habitations sociales de Binche», on trouve aussi nombre de factures surprenantes. Celle d’un fleuriste pour un montant de 1194 euros… Il s’agissait-là d’un cadeau pour le mariage de la fille du président Van Bastelaere. Une note de restaurant de janvier 2003 pour un montant de 2.438 euros. Elle est libellée : «repas administrateurs». On en passe et des meilleures : coût de l’important charroi de véhicules, frais de gsm, achat de vins fins, de champagne…  Au moment de conclure cet article, Albert Van Baestelaere et Philippe Gaillard, tout deux inculpés de faux et usage de faux et d’abus de bien sociaux, étaient encore prison. Pour eux, c’est certainement moins agréable que la vie de château qu’ils menaient auparavant. Pour autant, on ne les plaindra pas car il nous est évident que leurs cellules sont nettement plus confortables que les «taudis sociaux» de la cité du Levant de Mons!

 

 






16:01 Écrit par michelbouffioux | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

Commentaires

Souvent de passage voici un mot d'encouragement.

Écrit par : | 28/10/2005

Une réforme en profondeur. Il y a quelques semaines, dans un quotidien français, un rédacteur en chef belge écrivait la main sur le coeur que "la clé du succès du PS belge francophone passe aussi par un socialisme de proximité". Sur le terrain, les nombreuses affaires dénoncées dans le logement social ramènent bien vite à la réalité car n'oublions pas non plus que le portefeuille ministériel du logement dans la précédente législature était dans les mains d'un socialiste francophone ...

Il est indispensable que la réforme annoncée dans le logement social n'ait pas pour seul but d'empêcher la continuation des comportements scandaleux dénoncés actuellement. Il faut aussi une réforme en profondeur donnant aux plus démunis un logement digne de ce nom. C'est une simple question de décense et de respect des personnes.

Indépendamment des attributions de logements par "copinage", il faut également mettre fin à un système qui permet aux sociétés de donner l'accès au logement social aux personnes nettement moins défavorisées, dans le but d'équilibrer leur budget.

Cela demande une réelle volonté politique ! Existe-t-elle ?

Écrit par : Maryline Feron | 02/11/2005

Attribution de logements sociaux Je suis administrateur dans une société d'habitations sociales du Brabant wallon. Sur mon blog, j'ai fait un article sur l'attribution des logements telle que je la pratique. Venez-y faire un tour et laisser vos commentaires. Merci d'avance.

Écrit par : Jean-François Cosse | 03/11/2005

bonjour voila je suis mis a la porte de mon logement avec mes 3enfants et je suis une femme seul et on ma dit que vous avais des maison vide je me permet de vous ecrit car je ne voie que vous pour m aider je doit partir pour le 12/09/2007 et je veut pas me retrouver a la rue avec 3 enfants et en corre moin dans un foyer allor je vous demande de regarder si vous aurer pas un maison libbre dans bray ou estinnes merci de me repondre moniaux vittoria ch brunehautl 102 estinnes au val 7120

Écrit par : moniaux | 20/09/2007

Je connais Arlette, sa situation et je l'a felicite pour son c ourage. moi, je suis indépendant depuis plus de 15 ans et ai perdu mon logement il y a 2 ans car mes proprios (des gens honnetes et dont je n'ai rien a reprocher) voulaient récupérer le logement pour leur fils. rien à redire. Sauf qu'a Mons, on ne loue pas aux chomeurs... ni aux indépendants. pas de fiche de salaire. Ridicule ! Un salarié n'est pas à l'abris
d'une perte d'emploi. Finalement, après 4 mois de recherche, des dizaines de visite, la location d'un garde meuble et le squat chez plusieurs amis j'ai enfin trouvé un petit studio. 425 euros pour 25m carré. Heureusement, un jardin pour le chien et le chat que j'ai récupéré à l'aube des grandes vacances. A propos, ils sont interdis dans le bail, tout comme mes amis. Seul consolation, mon bail m'explique comment rincer mon evier... pour ne pas le boucher. A propos, j'ai eu de la chance pourtant. Mon proprio est aussi indépendant et comprend l'absurdité du système. Alors pour trois mois de caution, plus celle encore bloquée, j'ai pu signer mon bail.

Écrit par : Wantiez Frederic | 01/06/2008

bonjour ca fait 18mois que je me suis inscrit au habitation a binche toujour rien j ai deux enfants handicapee j ai etait sans abbri j ai du me louer un appartement mais maintenant je vais me retrouver de nouveau dehors car la proprietaire vend sont appartement dite moi un peux ce que je dois faire merci

Écrit par : di marco | 13/06/2008

bonjour nous sommes un jeune couple au chomage nous voulons une maison mais beaucoup de gens nous refuse car nous sommes au chomage on a 2 enfants pourriez vous nous aider merci

Écrit par : ceuppens | 19/05/2010

bonjour moi sa fait 2 ans ou plus que je suis aussi inscrite au demande de logement ? je suis avec deux enfants je paye un louer de 520euros sa devien trés trés dur ? a chaque fois que je me rend chez eux tt se qu il savent dir il faus atente votre tour alor que il en na plien a louer? sa devien loure

Écrit par : delval | 31/07/2010

bonjour en fevrier 2010 je me retrouve sans abris avec 3enfants le cpas devait me trouver une place dans un centre d'accueil mais plus de nouvelles me suis ionscrite aux habitations sociales de binche mais meme en ayant le papier sans abris ils ne m'ont pas aider ici j'ai trouver une petite maison avec 2chambres donc je dors ds le salon je ne men sors plus avec mon loyer de plus j'ai une leucemie et les frais d'hopital ne sont pas donner je croyais qu'on previlegier les belges qui sont dans la miseres mais je me suis bien trompee. Pourriez vous m'aider car la suis au bout du rouleau financierement et moralement je vous remercie

Écrit par : dubray | 29/09/2010

la société est pourrie, mais le PS et tout ses camarades le sont encore plus. le gouvernement ne fait rien et pourtant il sont au courant.
La bâteau de Mr gaillard exciste depuis des années et il y a pas que ça, au carnaval, on fait la fête sur le compte des logements sociaux. et de tout les binchois.
Tout le monde le sait mais tout le monde a peur. En faite votre silence convient bien à Mr Gaillard et toute sa suite, ils vous prennent pour de la basse classe et se disent entre eux quand il y aura d'autre élection, on ira sur le marché de Binche serrer toutes les mains des binchois et comme cela ils seront content et ce qui me fait vraiment rigoler, c'est que ça marche!!!!!!!
Alors un conseil à tout ces travailleurs de la commune et d'autre poste dans les logements sociaux, parlez , dénoncez tout cela, quand vous pensez que pour le même montant que votre salaire d'un mois, eux dépensent cette argent en passant 2 heures au restaurant .

Écrit par : De Bianchi | 29/09/2010

En effet j'ai souvent vu ce bateau du parking de la pasture et m'étonné qu'aucun binchois n'interpelé les autorités en place ? Mais la politique surtout a Binche ou le p s est roi et font ce qu’ils veulent et gare a ceux qui osent

Écrit par : nachtergaele | 01/11/2010

En effet j'ai souvent vu ce bateau du parking de la pasture et m'étonné qu'aucun binchois n'interpelé les autorités en place ? Mais la politique surtout a Binche ou le p s est roi et font ce qu’ils veulent et gare a ceux qui osent

Écrit par : nachtergaele | 01/11/2010

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