07/07/2005

Delphine Boël (300605)

Entretien publié dans l’hebdomadaire belge «Ciné-Télé Revue», le 30 juin 2005.

 

Sybille de Sélys Lonchamps : «Qu’on ne touche plus à un cheveu de ma fille!»

 

Ce jeudi 23 juin, Delphine Boël devait se rendre à une soirée de gala organisée par la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), dans le cadre des festivités liées au 175ème anniversaire de la Belgique. Elle y avait été invitée par une société carolorégienne qui voulait la remercier pour la réalisation d’une œuvre artistique vantant les mérites de ses produits. Las, à la dernière minute, la fille illégitime du souverain a été «décommandée». En cause ? Des pressions supposées du palais royal – comme de bien entendu très protocolairement niées par celui-ci- qui ne voulait pas que le Prince Philippe, également prévu au programme de l’évènement, dusse croiser Delphine! Il y a quelques semaines sur un plateau de télévision français, cette dernière s’était déjà plainte publiquement du véritable rejet que lui inflige le Roi : «Il m’a dit : ‘Ecoutes, je ne veux plus entendre parler de cette histoire. Tu n’es pas ma fille’. Cela m’a complètement cassé. Et j’ai gardé cela pour moi pendant pas mal de temps. Et puis quand j’ai eu ma propre fille, j’ai réalisé ce que c’était un enfant. Je me suis dit : ‘cela, c’est pas possible’. Quand on a un enfant, on est responsable. Que l’on soit Roi ou n’importe qui. Après tout, il m’a fait. Je l’ai adoré. Je l’ai respecté…».

 

Dans Ciné-Télé Revue, le 19 mai dernier, au lendemain de ces déclarations télévisées, Delphine confirmait sa détresse morale et comme une naufragée elle jetait une bouteille à la mer: «J’ai dit ce que j’avais sur le cœur et je ne regrette rien. En Belgique, certains auront peut-être mal pris mon intervention. Moi, je tiens juste à préciser qu’il ne s’agissait nullement d’une déclaration de guerre. Mon père m’est devenu complètement inaccessible. Par cette voie, je voulais lui lancer un appel. Mon espoir qu’il l’entende est très limité mais s’il m’appelle, je lui ouvrirai les bras. J’ai parlé dans un esprit positif, celui d’une réconciliation. Je veux simplement que mon père reconnaisse vraiment mon existence. C’est fondamental pour mon identité»  

 

Le dernier camouflet en date dont Delphine vient d’être la victime indique malheureusement qu’elle avait raison de ne pas se faire trop d’illusion. Sa bouteille remplie de bien plus d’amour que de rancœur, n’est pas arrivée jusqu’à Laeken… Voire pire : aurait-elle été purement et simplement jetée dans une oubliette? Après de nombreuses années de silence, motivée par le respect de la haute fonction exercée par le père de sa fille, la baronne Sybille de Sélys Lonchamps, la maman de Delphine, estime désormais que le déni va trop loin. 

«En empêchant ma fille de se rendre à un évènement public auquel elle était invitée, on porte atteinte à sa liberté. C’est la gifle de trop. Je ne l’accepte pas.». Rencontre avec une maman en colère, une femme pleine de classe et dignité également.

 

- Dans quelles circonstances, Delphine a-t-elle été invitée à se décommander de la soirée de gala organisée par la FEB ?

- Huit jours avant la date de l’évènement, de premières difficultés étaient déjà apparues. Delphine avait réalisé une sculpture pour la société Milioni (ndlr : un fabriquant de boudins) de Charleroi. La FEB avait fait savoir au patron de cette firme qu’il n’était pas souhaitable que cette œuvre soit exposée. 

 

- Pour quelles raisons ?

- Parce qu’elle en était l’auteur, c’est tout! Il n’y avait pas d’autre explication avancée. Pour moi, c’est vraiment la goutte d’eau qui a fait débordé le vase. La vie de ma fille n’a pas été facilitée par les circonstances de sa naissance. Elle n’a pas choisi ses parents. Elle en a déjà payé un certain prix sur le plan privé et voilà maintenant qu’on l’attaquait directement sur son travail d’artiste. Alors, la moutarde m’est montée au nez! Après avoir consulté un avocat, j’ai dit au propriétaire de la société carolo d’écrire une lettre féroce à la FEB pour leur signaler que le projet de censurer Delphine était totalement illégal. Il l’a fait et, dès le lendemain, cette question était réglée : Delphine pouvait exposer sa sculpture. De toute manière, la FEB ne pouvait pas refuser. Si elle avait persisté, j’aurais directement entamé une action judiciaire… Je tiens à la dire, même si elle a eu gain de cause, cet épisode a profondément choqué ma fille. Elle en a été malade, effondrée. Elle avait travaillé trois mois sur cette sculpture…  Bref, quelques jours ont passé et le jeudi après-midi, Delphine se préparait pour se rendre à la soirée de gala. Elle devait y être attablée avec une dizaine d’autres personnes. A 14 heures 30, son téléphone a sonné. C’était à nouveau le propriétaire de la société de Charleroi et cette fois il lui annonçait que le palais avait demandé la liste des quelques 2000 invités prévus pour la soirée de gala et qu’elle était priée de ne pas assister à cet évènement. En résumé, c’était Delphine ou le prince Philippe! Je trouve cela tout à fait inacceptable. Si le Roi organise un dîner privé, je peux comprendre qu’il se préoccupe des gens qui seront à sa table. Mais ici, il s’agissait d’une manifestation publique et il n’y aucune raison que Delphine soit l’objet d’une telle discrimination.

 

- La peur d’un éventuel scandale ?

- Allons donc! Ma fille est une personne civilisée. Elle a de l’éducation. Comme si elle allait se jeter sur son demi-frère dans je ne sais quelle démonstration de mauvais goût. Vous savez, de toute façon, Philippe et elle se sont déjà rencontrés dans des soirées. Ils ont des amis communs.

 

- Quel est le sentiment qui prédomine : la colère ou la tristesse ?

- Je suis en colère. Delphine est victime d’une injustice. (ndlr : Elle réfléchit un instant.) Encore une fois, on a cherché à l’atteindre jusque dans sa création artistique alors qu’elle s’y investit avec tellement de passion. En plus, ce qui vient de se passer n’est pas une première. Il y aussi des galeries qui ne veulent pas exposer son travail parce qu’elles sont tenues pas des courtisans de la cour. Ne parlons même pas de sa vie privée. Certains de ses amis - mais est-ce le bon terme ? – l’ont déjà décommandée à la dernière minute de tel ou tel mariage parce que le prince Philippe ou quelqu’un d’autre de la monarchie était finalement annoncé. Ce sont des affronts permanents. Ce n’est tout de même pas une pestiférée! La courtisanerie de certains est quelque chose terrible. 

 

- Imaginons que vous ayez Albert en face de vous. Dans les circonstances actuelles, qu’auriez-vous envie de lui dire ?

- Je vais vous dire : j’ai voulu l’atteindre ce jeudi-là. Coup de chance, il n’était pas là (ndlr : elle sourit). Je crois que je lui aurais montré une certaine colère. A vrai dire, une colère pas contenue du tout! Ma frustration était trop grande : je ne supporte pas que l’on touche à un cheveu de ma fille. C’était allé trop loin!

 

- Mais aujourd’hui, un peu plus de recul, que diriez-vous à Albert si vous l’aviez en face de vous?

- (ndlr : Après un moment de réflexion) Je lui répéterais ce que je lui ai déjà dit, il y a deux ans et demi : il faut lever les tabous et les secrets avant qu’ils ne vous tuent. C’est d’ailleurs un conseil qui est valable pour toutes les familles.

 

- Vous connaissez très bien Albert…

-Oui, bien sûr…

 

- A votre avis, il gère seul cette situation ou il est mal conseillé ?

- C’est une question très difficile. Elle me trouble beaucoup… J’aimerais tant savoir y répondre mais j’en suis incapable. Je ne sais pas ce qui détermine l’attitude du palais à l’égard de Delphine et ces inconnues alimentent encore plus ma colère. Celle-ci est encore renforcée par le fait que ma fille est parfaitement inoffensive. Elle ne demande rien à personne et elle n’a pas demandé de naître. Qu’on me critique moi, sa mère, parce que je n’ai pas respecté les dix commandements religieux, je comprendrais! Mais là… Et puis attendez, j’ai aussi une petite fille maintenant. On va continuer longtemps comme cela? Va-t-on exclure Joséphine d’un goûter pour enfants parce qu’un petit fils du Roi pourrait être présent? Ensuite, il y a ma famille aussi. Dans la noblesse et certains milieux courtisans, dès qu’il y a un de Sèlys qui arrive, c’est la panique! Tout cela, ça commence à bien faire.   

 

- En mai dernier, Delphine s’est exprimée sur le plateau de Marc Olivier Fogiel. Qu’aviez-vous pensé de sa démarche ?

- Delphine a été contactée un mardi et elle ne savait absolument pas qui était Monsieur Fogiel. Elle m’a demandé mon avis. Je lui ai dit que Fogiel était quelqu’un d’excessivement dangereux : «Tu vas tomber dans la gueule du lion!». Je l’ai prévenue qu’elle risquait d’être broyée et rendue ridicule. J’avais notamment vu l’émission où il a démoli une Brigitte Bardot qui n’a pourtant pas sa langue en poche. En résumé, j’étais donc très inquiète mais Delphine voulait tout de même y aller parce que c’était du direct. Surtout, elle en avait tellement marre qu’on raconte n’importe quoi sur elle…   

 

- Mais vous avez apprécié son intervention ?

- Oui! Je trouve qu’elle s’en est magnifiquement sortie. J’ai apprécié tant la forme que le fond. J’étais d’accord avec tout ce qu’elle a dit : de A à Z!

 

- Après l’émission, certains commentateurs ont laissé entendre qu’elle avait peut-être exagéré sur certains points. Elle a notamment déclaré : «Je suis née deux ans après la rencontre d’Albert et ma mère. Ils étaient très amoureux. Ils étaient tous les deux dans des mariages terriblement malheureux. Donc, ils se sont mis ensemble et leur histoire s’est développée : ils m’on eu, moi. Albert était séparé de sa femme, il vivait presque tout le temps avec nous; Il passait ses week-ends avec nous etc… Tout cela a duré jusqu’à l’âge de mes 9 ans… »

 

- Il n’y a rien à corriger.

 

- Delphine poursuivait en ces termes : «La situation devenait de plus en plus délicate. Et comme ma mère l’aimait profondément et qu’elle voulait absolument le protéger et protéger la monarchie, elle s’est dit que, n’en pouvant plus, elle allait partir en Angleterre. Quand elle a annoncé cela à Albert, qu’elle ne pouvait subir ce genre de vie, il a voulu absolument divorcer de Paola : il a fait tous les papiers. D’ailleurs même le palais et le gouvernement étaient d’accord. Mais il y avait certains trucs qu’on a dit à ma mère. Par exemple : «Vous n’aurez jamais le droit de voir les enfants d’Albert». On allait donc avoir une vie très compliquée. Cela aurait été une sorte d’exil. Il allait devoir démissionner, il aurait été rejeté par sa propre famille… (…) Elle a décidé de partir : il l’a terriblement mal vécu».

 

- Oui, je l’aimais profondément… Le récit de Delphine est parfaitement conforme à ce qui s’est passé. Il n’y a pas un mot à changer.

 

- Si vous le vouliez, à cette époque, vous auriez donc pu vivre avec l’homme que vous aimiez ? 

- J’ai fait passer certaines valeurs auxquelles je crois et l’intérêt de mon pays avant mon intérêt personnel.

 

- Delphine explique aussi qu’après votre rupture avec Albert, son lien avec son père n’a pas été rompu. Qu’elle recevait encore des lettres, des cadeaux…

- Oui, tout à fait.

 

- Et puis, il y a deux ans, Albert lui dit «Tu n’est pas ma fille». Vous en aviez parlé avec elle à cette époque ?

- Bien sûr. Je précise d’ailleurs que des intermédiaires du Roi m’ont téléphoné au même moment pour me signifier la même chose. Albert ne se considérait plus comme le père de Delphine.

 

- Au lendemain de l’émission de Fogiel, Delphine me disait ceci : «Je n’ai rien contre la famille royale. Je veux simplement que mon père assume. Ni plus, ni moins. Je ne demande pas d’argent. Pas de titre. Une simple reconnaissance. Je parle avec mon cœur, c’est tout». Vous reconnaissez votre fille dans ces propos ?

- Tout à fait. Mettez-vous à sa place. A 35 ans, son père génétique lui a dit : «Tu n’es pas ma fille» et ce, sans un mot d’explication. Ce qu’elle recherche, c’est son identité. Je crois que cela peut-être compris par tout un chacun. Quand Albert lui a infligé cet électrochoc, elle l’a plus ou moins encaissé en se disant qu’elle allait exorciser sa souffrance morale au travers de son art.

 

- Vous avez aimé cet homme. C’était donc une terrible nouvelle ?

- J’étais surprise. C’était incompréhensible. Le plus difficile, c’est de ne pas comprendre. S’il y avait une raison objective, un élément nouveau, on aurait pu se faire une raison. Mais là, il n’y avait rien.

 

- L’attitude d’Albert est-elle en correspondance avec l’homme que vous avez connu ?

- Pas du tout!

 

- Pour vous, c’est donc indéchiffrable?

- Cela l’est d’autant plus que je crois qu’il a retrouvé un bonheur avec son épouse. En tous cas, je l’espère sincèrement. Or, je crois que l’on détruit quand on est malheureux, mal dans sa peau. Pas quand tout va bien.

 

- Mais, dans le fond, le Roi a-t-il jamais publiquement l’existence de votre fille. Sur ce sujet délicat, le Palais renvoie systématiquement au discours prononcé le 24 décembre 1999 par le souverain. Je vous relis ce texte : «Cette fête de Noël est aussi l’occasion pour chacun d’entre nous de penser à sa propre famille, à ses périodes heureuses mais aussi à ses moments difficiles. (…) La Reine et moi nous nous sommes remémorés des périodes très heureuses mais aussi la crise que notre couple a traversée il y a plus de 30 ans. Ensemble nous avons pu, il y a très longtemps déjà, surmonter ces difficultés et retrouver une entente et un amour profonds.» Il est question des difficultés rencontrées par le couple royal mais il n’y a pas un mot pour la personne de Delphine…

-Je suis d’accord. A cette époque, on me le répétait sans cesse : il a reconnu Delphine! Les médias du monde entier ont dit la même chose. Mais moi, je ne voyais pas dans ce discours où il l’avait reconnue. A ça, on me répondait que le fait qu’il n’ait pas nié était une forme d’acceptation. En tous cas, je l’ai admiré de s’en être sorti comme cela parce que c’était une situation très difficile… L’essentiel n’était pas cette «reconnaissance publique». Ce qui comptait c’était que le lien avec ma fille existait encore. Mais, quelques mois plus tard, en privé cette fois, il a renié Delphine. C’est là qu’on est tous tombés par terre. D’autant plus qu’elle ne lui demandait jamais rien. Il n’y avait aucune pression de sa part. Juste un ou deux petits contacts par an. C’est un mystère total : de notre point de vue, ce revirement d’Albert ne coïncide avec rien. Il y a des cartes qu’on ne possède pas. Cela a peut-être un sens pour la famille royale mais pas pour nous.

 

- Pas facile à vivre pour Delphine, en tous cas !

- Très difficile, évidemment. Ces circonstances ont influencé sa création artistique et l’ont conduit à faire des expositions controversées où les thèmes de la Belgique et du Roi étaient devenus centraux. C’était une forme de thérapie, une manière d’exprimer son mal-être par rapport à l’attitude de son père envers elle. Mais le public n’a pas compris. Comment osait-elle attaquer son père puisqu’il l’avait reconnu ? Personne ne savait ce qu’il lui avait dit en privé et elle semblait ingrate. C’est pour en finir avec cette pesante ambiguïté, qu’elle a voulu aller dans l’émission de Fogiel.

 

- Jusqu’à ce jour, vous êtes toujours restée extrêmement discrète. Avec le recul, c’était le bon choix ?   

- Ma nature est d’être discrète. Quand Delphine est allé chez Fogiel pour dire de vérités qui dérangent, des amis m’ont interpellé. Il m’ont dit : «Comment a-t-elle pu faire cela alors que toi, tu est restée si discrète pendant tellement d’année?». Je leur répondu : «Est-ce que ma discrétion n’était par une forme de lâcheté?»

 

- Si il n’y avait pas eu les révélations d’un journaliste flamand en 1999…

- On n’aurait rien su. Delphine et moi-même, il faut tout de même le rappeler n’avons jamais rien fait pour que cette histoire devienne publique. Nous n’en parlions à personne. Quand Delphine avait un petit ami, elle ne lui disait rien. Bref, le secret était extrêmement bien gardé. Même des membres de notre famille n’étaient pas au courant de la situation. Le Roi n’avait pas besoin que cela se sache, pour sa fonction que nous avons toujours respectée. Moi non plus, je n’avais pas besoin de cette publicité. Les révélations de 1999 ont donc été un moment très difficile à vivre. Depuis lors, j’ai vendu la propriété que j’avais encore en Belgique et ma vie se passe essentiellement à l’étranger.

 

- En tous cas, vous ne semblez pas récompensée de cette grande discrétion ?

- C’est vous qui le dites et vous n’avez sans doute pas tort. Moi, je pense avoir agi de manière loyale. Mais c’est surtout difficile pour Delphine. Bon Dieu, elle est sa fille!

 

- Si l’on écoute bien Delphine, la relation que vous avez entretenue avec le Souverain s’est poursuivie jusqu’en 1984. Vous confirmez ?

- C’est exact.

 

- Mais en 1999, le Roi disait au peuple belge : «La Reine et moi nous nous sommes remémorés des périodes très heureuses mais aussi la crise que notre couple a traversée il y a plus de 30 ans… » N’y a-t-il pas un problème de date? 

-  1999 moins 30 ans, cela fait 1969. Je ne sais pas comment il a fait son calcul. D’ailleurs, c’était aussi l’idée de Delphine de rectifier le tir à cet égard car elle avait le sentiment que sa mère avait été présentée comme une femme de passage. C’est une démarche admirable de la part de ma fille. Moi, au moment où il a présenté les choses comme cela, je l’avais accepté en me disant qu’après tout il était retourné vers sa femme, qu’il avait de nouveau une famille unie. Je comprenais sa situation et je ne voulais pas en rajouter. Mais Delphine, elle, n’a pas accepté cette manière de présenter les choses.

 

- En France, c’est avec l’imprimatur de François Mitterrand que les premières photos de Mazarine, sa fille cachée pendant si longtemps, avaient été finalement publiées. Lors des funérailles du président français, personne ne fut choqué de constater la présence de la jeune femme et de sa mère aux côtés de l’épouse et des enfants légitimes de Mitterrand. Au contraire, l’image a touché les cœurs… Si Delphine entretenait une vraie relation avec son père, pensez-vous que les Belges ne comprendraient pas ?

- Je crois que les Belges comprendraient tout à fait. A mon avis, c’est ce qui se passe maintenant qu’ils ne comprennent pas. Sur le plan humain, ce que le Roi inflige à Delphine est tout à fait inacceptable. Soyons très clair, ma fille n’a aucune envie de vivre au Palais. C’est une fille libre, équilibrée. Sa vie est ailleurs. Mais être niée, c’est autre chose. Ne pouvoir se rendre librement à certains endroits aussi. Par exemple, il y aura en novembre une exposition sur la Reine Astrid. Pourquoi devrait-elle s’abstenir de s’y rendre. C’est sa grand-mère comme celle des autres enfants d’Albert! Encore une fois, Delphine ne cherche pas à parader avec la famille royale. Bien que cela ne l’impressionnerait pas. C’est la fille d’un Roi, elle n’est pas impressionnable.

 

- Espérez-vous encore un sursaut du Roi ?

- Evidemment que je l’espère. Mais les choses sont tout de même allées très loin. Je ne sais pas si c’est possible. Cela dépend d’eux, pas de nous.

 

«D’eux», dites-vous, pas de lui ?

- Je ne veux pas l’accuser personnellement puisque je ne connais pas le dessous des cartes.

 

- Vous pensez que Paola est pour quelque chose dans la situation actuelle ?

- Non ! Pas nécessairement du tout. Paola est aussi une maman. J’aurais beaucoup de mal à concevoir qu’elle soit à l’origine de ce qui se passe. Il se peut simplement que le Roi soit très mal conseillé.

 

- Quand l’existence de votre fille a été révélée, vous avez fait peu de déclarations. Vous disiez aux journalistes trop curieux : «J'ai toujours eu pour devise : ‘Pour vivre heureux, vivons cachés’. J’imagine que six ans plus tard, il vous en coûte de devoir vous exposer médiatiquement…

- Bien qu’il m’en coûte énormément. Je le fais pour ma fille… Pour ma fille et ma descendance. 

 

- L’historien Francis Balace estime que «Delphine et sa mère ont tué toute possibilité, non pas d’être admises, mais intégrées par la bande à la famille royale. Le tabou du «pas de scandale» est aujourd’hui brisé». Comment prenez-vous cette considération ?

- C’est hors de propos! On ne désire pas être intégrées à la famille royale. Simplement, je n’ai pas envie que ma fille continue à être rejetée comme une malpropre. Je n’accepte pas qu’elle soit l’objet de discriminations comme ce fut le cas lors de cette soirée de gala de la FEB. D’une manière plus générale, j’en assez que ma famille ait à pâtir de comportements que je qualifie de pathétiques. Je rappellerai ici que ma famille a rendu de grands services à la nation. En 1942, quand mon oncle Jean de Sèlys Lonchamps a pris d’énormes risques pour bombarder les locaux bruxellois de la Gestapo, il l’a fait pour son Roi et pour son pays. Et cet attachement à la Belgique et à la monarchie est toujours intact dans nos esprits et dans nos cœurs. Mais j’ai aussi hérité de tempérament de mon oncle. Pour le dire simplement, il ne faut pas pousser bobonne dans les orties! En fait, on est indestructibles!

 

- Dans un quotidien, vous avez déclaré : «Je n’ai rien dit pendant des années, mais il y a d’autres choses que je pourrais dire… » ?

- Mais c’est évident.

 

- Vous pourriez être très dérangeante ?

- Certaines choses ne se disent pas. Et je pense que je ne les dirai jamais. Il y a des limites. C’est pour cela que ce qui se passe en ce moment n’est pas malin du tout. D’autres personnes, dans des cas similaires, sortiraient des dossiers. Mais le Roi connaît aussi mon caractère, mes valeurs et mon souci de discrétion. D’ailleurs, durant toutes ces années, je crois avoir prouvé qu’il ne s’agissait pas qu’un discours… Mais dans le même temps, je préviens : qu’on ne touche plus à un cheveu de ma fille!

 

 





08:44 Écrit par michelbouffioux | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Association contre les injustices J'ai honte d'être belge...
En France ils ont eu Mazarine, en Belgique, nous avons Delphine, lorsque l'on voit ce joli visage à côté de la reine Astrid ou du Roi Léopold, nous n'avons pas besoin de faire un test A.D.N POUR VOIR QU'UN SANG ROYAL COULE DANS SES VEINES, alors que notre Roi montre un peu l'exemple à la population et qu'il ait le courage de reconnaître sa fille, il arrive à tout le monde d'avoir un passage à vide dans son ménage, mais unjour quelq'un a dit " que celui qui n'a jamais péché, lui jette la première pierre " et tout le monde s'en alla, mes parents m'ont toujours dit que l'exemple doit venir d'en haut, malheureusement, en Belgique je constate de plus en plus que c'est le contraire, avec tous nos politiciens et magistrats magouilleurs et notre Roi qui ne veut pas assurer sa paternité...pauvre Belgique ou nos responsables fuient leurs responsabilités.

Pour Egalité & Solidarité

Bouchez Jean

Écrit par : Bouchez | 28/10/2005

DelphinLand Bonjour, je trouve qu'au travers de cet article moins people que d'autres sur le même sujet, vous touchez à quelque chose qui dépasse le cas Delphine. En tant que plasticien ayant plusieurs fois collaboré avec elle, je ressentis chez Delphine, un poids, une douleur lourde comme le silence, la peur. C'est cette même peur qui fait préférer la voir comme une petite folle riche que que un être humain, artiste, qui s'exprime au travers de son autobiographie singulière. Une authentique artiste belge, vivant sa belgitude, comme elle peut.

Écrit par : Goldwicht | 09/03/2007

delphine Boel j' ai connu Delphine dans les années 1980 en Turquie ou elle passait des vacances avec ces cousines Stephanie et Valérie, nous avons passés des moments plutôt agréable et j 'ai eu la chance d'etre invité à Londres chez elle puis dans la banlieu Londonienne à la campagne dans une magnifique demeure pour le week end et je n ai jamais entendu parler de cette histoire c est dire que le secret était bien gardé, mais c est vrai qu'aprés reflexion j ai souvenir d'une jeune fille qui intériorisait un véritable manque...Je garde de mon week end à la campagne un souvenir inoubliable

Écrit par : Monnier Bruno | 03/11/2007

what a coward Albert is a total coward not to acknowledge Delphine as his daughter, particularly if he did so in the early years of her life. Shame on him.

Écrit par : Little Shiva | 13/07/2009

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