19/02/2005

Affaire Dutroux et consorts (150404)

Chronique "Si on me laisse dire" publiée dans le quotidien belge "La Dernière Heure" en marge du procès de Marc Dutroux et consorts

 

Les misérables (remake) - 31- Le 15 avril 2004

 

«Pourquoi ne vendrais-tu pas tes filles, cela rapporterait beaucoup d’argent!». Bienvenue dans l’univers relationnel de Dutroux… Vous venez de découvrir, ci avant, un extrait de conversation entre deux de ses connaissances, le dénommé Gérard Pinon et son pote Daniel Jacobs. C’est Christelle D. qui rapporte cette discussion. Elle l’a entendue alors qu’elle avait 13 ou 14 ans. Selon elle, c’est Pinon qui prodiguait ainsi un «conseil d’ami» à Jacobs. Un souvenir marquant pour Christelle. Et pour cause ! Elle était concernée au premier chef. Certes, cette femme qui est aujourd’hui âgée de 25 ans n’a pas fini sur le trottoir. Pour autant, elle n’a pas échappé aux sévices corporels. Comme ses frères. Comme sa sœur. Elle n’a pas pu éviter non plus d’être violée par son beau-père. Ce dernier se trouve désormais à sa juste place. C’est-à-dire qu’il croupit en taule. Pour utiliser le langage de circonstance, Jacobs va en être «extrait», ce jour, pour raconter au jurés d’Arlon le vieux temps des «copains».

 

Car, parmi les amis de ce Thénardier, il y avait aussi un certain Bernard Weinstein. Le Français s’était mis en tête de séduire Christelle. Mais la jeune fille n’avait guère d’intérêt pour ce truand bien trop âgé, bien trop sale, bien trop bizarre. Mais ces gens-là, on ne choisit pas. Christelle a donc reçu l’ordre de fréquenter Weinstein. Daniel l’exigeait. Sans doute, un «service entre amis». Comme le disait Dutroux, la semaine dernière, «entre gangsters, on trouve toujours un arrangement».

 

Ce procès s’enfonce dans un milieu de plus en plus glauque. Une sorte de «quart-monde moral» pour reprendre l’expression de Me Quyrinen, l’avocat de la famille Marchal. Les témoins que l’on entend ont un trait commun : rien ne semble vraiment les choquer, leurs souvenirs sont fragiles et l’on sent très bien que leurs problèmes de mémoire sont plus liés à un instinct de protection qu’à l’usure du temps. A cet égard, il est frappant d’entendre le témoignage d’Eric B. Certainement un brave homme que ce retraité. Il est venu raconter ses expériences de voisinage avec Weinstein. Notamment que «tous les soirs vers 22 heures, Bernard partait avec son camion plateau. Régulièrement, il  revenait le matin avec un véhicule dessus». Cela va de soi, non ? Une autre fois, Monsieur B. s’est senti interpellé par le fait que Weinstein «découpait» un camion. Soyons précis : ce n’est pas cette activité particulière qui avait attiré l’attention du témoin car «Bernard faisait souvent ce genre de travail. En deux ou trois jours, il faisait disparaître un poids lourd». Mais cette fois là, le camion lui semblait tout à fait neuf. Pourquoi, c’est vrai, casser un si beau camion ! Weinstein lui expliquera que le moteur était mort et qu’il était plus évident de revendre les pièces. Evident, non ? Passons notre chemin.        

Chez Jacobs, Pinon et Weinstein, entre deux discussions sur les filles, on parlait beaucoup de voitures et de camions. Mais Dutroux est formel; Il n’a rien à voir avec ces histoires. D’ailleurs, il n’a pas tué Weinstein et il n’est responsable de la mort d’aucune de ses victimes… Pour suivre un procès comme celui-là, on devrait fournir ces petits sacs qui se trouvent aussi dans les avions.


11:35 Écrit par michelbouffioux | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

!!! il n'est responsable de rien si on doit l'écouter et surtout le croire ...pas bcp de tps pour l'instant mais je reviendrai pour lire vos articles plus en profondeur...bonne journée à vous

Écrit par : baby | 19/02/2005

Cet acharnement sur cette affaire honore le boulot de journaliste, il n’y a qu’une infime partie de la vérité révélée lors des enquêtes, je pense sincèrement que la vérité des actes commis se trouvent dans la tête des accusés et y resterons a jamais, les langues se sont déliée que bien tard, d’autres éléments restent en suspends , les rumeurs vont bon train sur d’autres complicité ou même clientèles, mais ce ne sont que rumeurs et Cie rien de bien concret malheureusement,

Les zones d’ombres, resterons ombres, les rumeurs resteront rumeurs, les réponses se trouvent sous terre ou enfermée…

Cet acharnement est une bonne chose, la population belge s’est réveillée par la proximité de cette affaire, ces noms qui semblaient si familier, elle est sans doute devenue parano a force de voir des Dutroux et Cie et aujourd’hui Fourniret, ces actes ne doivent pas rester impuni, je souhaiterais que les témoins et victimes de ces actes horrible ne restent pas dans l’ombre, et agissent pour que d’autres personnes ne se retrouvent pas dans une situations.
Merci a vous pour ce blog qui me semble très intéressant et utile…

Écrit par : scoodi | 19/02/2005

Les commentaires sont fermés.