31/01/2005

Affaire Dutroux et consorts (230304)

Chronique "Si on me laisse dire" publiée dans le quotidien belge "La Dernière Heure" en marge du procès de Marc Dutroux et consorts

 

Si on me laisse dire (16 - Le 23 mars 2004)

J’ai peur. Vraiment !

 

Le 17 août 1996, deux petits corps étaient retirés de terre à Sars-la-Buissière. C’était ceux des petites Julie Lejeune et Melissa Russo. Toute la Belgique était sous le choc. Mais dans un bureau d’Arlon, une femme qui aurait pu sauver ces enfants, une femme qui savait où elles se trouvaient alors qu’elles étaient encore en vie, une femme qui avouera plus tard qu’elle fût «incapable» d’aller les nourrir alors qu’elles étaient séquestrées dans un cachot de Marcinelle, une femme qui s’appelle Michelle Martin… gardait tout son self-contrôle.

 

Interrogée par deux enquêteurs, elle leur déclarait ceci : «Vous m’informez que, sur indication de mon mari, Marc Dutroux, trois cadavres ont été découverts dans mon jardin à Sars. Selon Marc, il s’agit des corps de Julie et Melissa et de Weinstein Bernard. Je suis consternée. C’est horrible de la part de mon mari. Je ne comprends pas pourquoi il a tué des petites filles comme ça. Je vous certifie que je n’étais pas au courant de la présence de ces corps dans mon jardin (…) Vous me dites que les enfants enlevés par Marc étaient enfermés dans une pièce cachée dans la maison de mon mari à Marcinelle. Je connais cette maison pour y avoir habité entre 1991 et mi-1994. Je n’ai jamais vu de pièce cachée dans cette maison.» 

 

Martin a menti de cette manière du premier jour de son arrestation (13 août 1996) jusqu’au 28 août 1996. Martin a menti notamment quant les perquisitions du 13 août à Marcinelle n’avaient pas permis de libérer Sabine et Laetitia. Exactement de la même manière qu’auparavant quand elle aurait pu sauver Julie, Melissa, An et Effje… Mais hier, un enquêteur répondant au nom de Masson, est venu dire aux jurés de la cour d’assises d’Arlon qu’en fait Martin ne mentait pas vraiment… En effet, et je vous avoue que je n’y avais pas pensé, il faut comprendre qu’à ce moment-là, Mme Martin était tout simplement victime d’un «blocage».

 

Comprennez-bien explique cet enquêteur-psychologue (à moins que ce ne soit l’inverse ?), elle a «revécu des sensation de 1986. Quand elle a été arrêtée, elle avait sa petite Céline sur les bras. En 1986, c’est Frédéric qu’elle avait sur les bras. Elle était en sanglot. Elle était fatiguée nerveusement et physiquement dès lors elle se montrait renfermée. (…) Elle a d’ailleurs fait une crise d’hystérie quant il a fallu qu’elle se sépare de son enfant».

 

Plus loin dans l’exposé, M. Masson soulignera dans la même phrase que «Martin

avait peur. Elle avait peur de Dutroux, elle avait peur d’aller en prison, elle avait peur de perdre ses enfants, elle avait peur des enfants dans la cache.»

 

Moi aussi j’ai peur! Vraiment. J’ai peur d’avoir entendu un exposé particulièrement orienté hier à la Cour d’assises d’Arlon. On sait que pour certains enquêteurs les rôles dans cette affaire  sont clairement définis : Dutroux, le monstre. Lelièvre, le tox manipulé. Martin, la femme soumise qui a tellement aidé les investigations et, bien entendu, Nihoul qui n’a rien à voir avec toute cette sinistre affaire ou si peu. On a eu confirmation de cela, hier, avec les témoignages de MM Demoulin et Masson, deux ex-«chef d’enquête». On a eu une autre confirmation hier. Certains policiers récitent bien. Mais leur texte est décidemment mauvais. Parfois même de mauvais goût. 




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30/01/2005

Affaire Dutroux et consorts (190304)

Chronique "Si on me laisse dire" publiée dans le quotidien belge "La Dernière Heure" en marge du procès de Marc Dutroux et consorts

Si on me laisse dire (15 - Le 19 mars 2004)

Stephen Langlois et René King

Sept ans et sept mois! Il aura fallu sept ans et sept mois pour, qu’officiellement, l’un des dogmes les plus incroyables de l’instruction chestrolaise de l’affaire Dutroux s’effondre. Cela fait autant de temps d’ailleurs que les parents de Julie Lejeune et de Melissa Russo le dénonçaient. Plusieurs fois, ils l’ont fait savoir au juge Langlois, plusieurs fois, ils l’ont crié dans les médias : Non, disaient-ils en substance, la version de Dutroux et de Martin sur les derniers mois de vie de nos enfants n’est pas crédible. Et, fort logiquement, ils imploraient la justice de chercher à aller au-delà des déclarations des inculpés. Ils se sont heurtés à un véritable mur.

Depuis l’exposé du juge Langlois à Arlon, lequel nous a révélé que des «déclarations concordantes et constantes» de deux au moins de ses inculpés pouvaient être considérées comme une «donnée objective», on comprend aisément comment ce mur d’incompréhension s’est construit.

Ainsi donc, Dutroux et Martin prétendaient que Julie et Melissa étaient restées seules dans la cache de Marcinelle entre le 6 décembre 1995 et le 20 mars 1996. Ainsi donc Dutroux, prétendait leur avoir laissé de la nourriture pour deux mois et Martin prétendait les avoir réapprovisionnées à la mi-janvier 1996. Ainsi donc, les deux petites filles seraient mortes, peu de temps après la libération de Dutroux. Après n’avoir jamais vu personne. Sans être jamais sorties de ce sinistre réduit humide et froid.   

Peut-être, pourrait-on trouver ce type de récit dans un roman de Stephen King. D’autant que, pour être complet, on signalera les «aveux» de Dutroux et Martin, tant sur la quantité de nourriture que sur la qualité de celle-ci n’ont, en fait, pas toujours été «constants»… D’autant enfin, que ces «aveux» étaient de toute façon invérifiables.

A moins, bien entendu, de recourir au deuxième grand principe de l’instruction Langlois : le vécu de Sabine Dardenne qui est restée quelques quatre-vingt jour à Marcinelle suffirait à se faire une idée de celui qu’eurent à subir Julie et Melissa. Et comme Sabine n’est jamais sortie de la maison de Dutroux… C’est notamment sur base d’un tel raisonnement que M. Langlois a refusé –dès octobre 1997!- une perquisition dans un endroit de Charleroi où Julie et Melissa auraient été aperçues. Avec ce même raisonnement, le juge demandera –en 1998 !- à un expert nutritionniste de se forger une conviction sur la crédibilité des récits de Dutroux et Martin, en tenant compte notamment de la quantité de nourriture qui se trouvait dans la cache… à la libération de Sabine et Laetitia.

A cette demande spécieuse, succédera un rapport fort ambigu du professeur Kolanowski de l’UCL. L’expert nutritionniste indiquait que les bases qu’on lui donnait pour fonder son analyse n’étaient pas sérieuses et, dans le même temps, il concluait que, sur de telles bases, «il n’était pas impossible» que les petites aient pu survivre pendant les 104 jours.

Dans son instruction, puis dans son rapport aux jurés de la Cour d’assises, M. Langlois n’a retenu que des dernières lignes du rapport : «Il n’est pas impossible que… ». Hier, M. Kolanowski a levé toute ambiguité : «c’était impossible!».  

« En fonction de ce que vous nous avez exposé, il ne reste que trois hypothèses : soit elles sont mortes avant que Dutroux rentre en prison. Soit quelqu’un est venu de l’extérieur pour leur donner des apports en eau et en nourriture, soit elles ne sont pas restées dans la cache durant les 104 jours de détention de Dutroux», lui a fait remarqué en substance Me Beauthier.

Je ne peux exclure aucune de ces trois possibilités.», a répondu l’expert. Le juge Langlois l’avait de toute façon déjà fait avant même de l’avoir consulté. Sept ans et sept mois… Et revoilà les questions des premiers jours d’enquête.

Pour couronner cette journée peu glorieuse pour la justice de ce pays, l’avocat général Andries a versé de nouvelles pièces au dossier Dutroux. Il s’agit d’informations rapportées récemment par le gendarme… René Michaux au parquet de Charleroi : Julie et Melissa seraient mortes en novembre 1995, avant la mise en détention de Dutroux. Plus de problème de conscience pour ce gendarme qui était passé à côté de la cache et qui y avait «entendu des voix d’enfants». Surtout, cette nouvelle version –je ne dis pas qu’elle est forcément fausse, mais je me borne à constater ses conséquences sur la lecture que l’on peut avoir de l’affaire Dutroux- induit qu’il ne faudrait plus se poser se demander comment, où et avec qui, Julie et Melissa auraient survécu entre le 6 décembre et 20 mars 1996. Voilà donc que l’un des premiers rôles dans les dysfonctionnements des enquêtes de 1995 donnerait, in fine, la clé de l’énigme. Cela, je ne suis pas certain que Stephen King l’aurait envisagé dans l’un de ses romans!


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29/01/2005

A propos du "Paris-Dakar" (200105)

Entretien publié dans l'hebdomadaire belge "Ciné-Télé Revue", le 20 janvier 2005.

 

Jean-Marc Roubaud (député UMP du Gard) : «Le Paris-Dakar doit changer ou disparaître»

 

Depuis sa création, en 1979, le rallye «Paris-Dakar» a causé directement ou indirectement la mort de 47 personnes (1). L’édition 2005, qui vient de se terminer sur les plages de la capitale du Sénégal, a été particulièrement meurtrière. Le 10 janvier, le motard espagnol José Manuel Perez perdait la vie à la suite d’une chute. Le lendemain, le double vainqueur italien de la course, Fabrizzio Meoni subissait le même sort. Le 12 janvier, la série noire se poursuivait, en marge de la course, avec les décès de deux motards belges qui figuraient parmi les suiveurs de l’épreuve. Last but not least, le 13, c’est une petite fille africaine, âgée de 7 ans à peine, qui était renversée par un camion d’assistance qui avait quitté la course depuis quelques jours. «Le tribu humain que nous impose cette manifestation sportive est beaucoup trop important», s’indigne Jean-Marc Roubaud. Membre de l’UMP, ce député français a écrit une lettre au vitriol au premier ministre Raffarin et à son collègue du département des sports. Pour lui, à défaut d’une évolution du concept du Dakar vers plus de sécurité et moins de vitesse, ce rallye doit «purement et simplement disparaître».     

 

- Faites-vous partie de ceux qui, naguère, ont apprécié la chanson de Renaudintitulé «500 connards sur la ligne de départ»? Pour rappel, le chanteur entamait son cri contre le Paris-Dakar par ces paroles :«Cinq cents connards sur la ligne de départ/ Cinq cents blaireaux sur leurs motos/ Ca fait un max deblairs/ Aux portes du désert/ Un paquet d'enfoirés/ Au vent du Ténéré/ Le rallye mécanique/ Des Mad Max de bazar/ A r'commencé son cirque/ Au soleil de janvier/ Vont traverser l'Afrique/ Avec le pieds dans l' phare/ Dégueulasser les pistes/ Et revenir bronzés… ?

- Nullement. Je ne suis pas un «anti-automobile primaire». Quand, j’étais étudiant, j’éprouvais d’ailleurs une réelle passion pour le rallye. J’étais licencié de la Fédération française de sport automobile et j’ai participé à plusieurs compétitions. Mais aujourd’hui, l’évolution du Paris-Dakar m’apparaît tout à fait insupportable. Cela n’a plus rien à voir avec l’esprit qui avait été insufflé à cette épreuve par son fondateur, Thierry Sabine (ndlr : lui-même mort dans le désert africain en 1986, en compagnie du chanteur Daniel Balavoine). Au début, il était surtout question d’aventure, c’était essentiellement une épreuve de navigation. Aujourd’hui, c’est la vitesse qui prime. Les cadences sont devenues infernales. On voit des pilotes et des suiveurs au bout du rouleau, qui sont mis dans des conditions de courses qui favorisent l’occurrence de drames comme ceux qui ont encore endeuillé l’épreuve de cette année. A cela s’ajoute, bien évidemment, l’augmentation de puissance des véhicules. Le Dakar est devenu une épreuve de vitesse pure! On ne peut plus continuer dans cette voie : soit les organisateurs reviennent à plus de sagesse, soit le Dakar doit purement et simplement disparaître.

 

- Vous n’êtes peut-être pas un fan de Renaud, mais cette année encore, un couplet de sa chanson renvoie à la triste actualité de cette course : «Passe la caravane/ Et les chiens n'aboient plus/Sous les roues des bécanes/Y'a du sang répandu/C'lui des quelques sauvages/Qui ont voulu traverser/Les rues de leurs villages/Quand vous êtes passés…» Il y a quelques jours, au Sénégal, une petite africaine âgée de 7 ans a perdu la vie après avoir été renversé par un camion d’assistance?

- Tout à fait. Et cela doit déboucher sur une prise de conscience. Malgré le discours des organisateurs, il n’est pas possible de complètement sécuriser ce type de compétitions qui se déroulent sur une étendue aussi vaste. A tous le moins, dans la conception actuelle du Dakar. Certaines épreuves spéciales faisaient plus de 400 kilomètres, j’appelle cela tenter le Diable! Les pilotes en arrivent à être à bout de forces physique et intellectuelle. Hier encore, j’ai entendu un concurrent qui disait qu’il était vraiment temps que la course se termine parce qu’il ne disposait plus de la capacité de contrôler suffisamment son bolide. Il n’en pouvait plus! Or, on le sait pourtant très bien, les participants à cette course sont potentiellement dangereux pour eux-mêmes – ce qui est encore leur problème- mais aussi pour les populations locales! Il suffit de quelques secondes de relâchement pour qu’un accident se produise.

 

- Afin d'éviter les accidents, l'organisation du Dakar affirme mettre en place "un très lourd dispositif de sécurité". Des messages radios et des tracts sont diffusés, notamment auprès des écoles des régions traversées…

­- Je ne dis pas que les organisateurs ne se préoccupent pas de sécurité. Mais vu la conception actuelle de la course, cela n’est qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Pas définition, la piste n’est pas structurée et sécurisable à souhait. On ne peut pas dans le même temps favoriser la vitesse et la longueur d’étape en terrain difficile et dire qu’on fait tout pour accroître la sécurité. De toute façon, quelque soit les discours, il y a tout de même le bilan humain qui est là! C’est un tribu qui est nettement trop lourd au regard de l’intérêt relatif d’une manifestation sportive. On ne peut s’en affranchir. Et d’autant moins à une époque où l’ensemble des gouvernements européens mènent des actions fortes de lutte contre la violence routière. Je veux dire qu’il est extrêmement choquant qu’à un moment où nos sociétés prennent enfin véritablement en compte la dimension des dégâts humains provoqué par une mauvaise utilisation de la route, une épreuve comme le Dakar tend à banaliser des images de violence routière insupportables.

 

- Dire que le Dakar doit évoluer, n’est-ce pas équivalent à vouloir sa disparition. Le risque fait partie de cette épreuve ?

- D’une part, il y a les risques que les concurrents prennent pour eux-mêmes et ceux qu’ils font prendre à des personnes qui n’ont rien demandé. Cette simple donnée implique déjà qu’il y ait un débat à propos du Dakar. Ensuite, je crois sincèrement que la compétition peut évoluer ou plutôt revenir à plus de sagesse. On dispose tout de même de l’exemple de la Formule 1. Depuis l’accident d’Ayrton Senna, il y a neuf ans, il n’y a plus eu de décès dans ce type de compétition. On a revu les règles de sécurité, on est devenu plus raisonnable et, pour autant, la Formule 1 n’est pas morte! Je ne vois donc pas pourquoi les organisateurs du Dakar échapperaient à la réflexion que je préconise. Cela dit, je ne suis pas un intégriste. Je peux admettre que le risque zéro n’existe pas. Mais de là, à rester les bras ballant et à constater année après année l’alourdissement du bilan humain, il y a de la marge.

 

- Les organisateurs de la course estiment que plusieurs accidents de l’édition 2005 n’ont pas eu lieu dans le cadre du rallye proprement dit. Par exemple, il considère que la petite africaine a été victime d’une simple «accident de la circulation», vu qu’elle été renversée par un camion qui avait déjà quitté la course depuis quelques jours…

- C’est tout de même un camion qui était venu pour le Paris-Dakar ! En invoquant cet argument, les organisateurs se donnent bonne conscience pour pas cher. S’ils veulent nous expliquer que tout va bien, je ne suis pas certains qu’ils vont gagner la partie.

- Le 14 janvier 2004, vous avez écrit au premier ministre Jean-Pierre Raffarin…

­- Parce que c’est la plus haute autorité du pays. Mais j’ai aussi écrit au ministre des Sports. Mon intention est de lancer le débat… Avant la prochaine édition.

- Ce débat ne pourrait-il pas déboucher sur une réflexion de fond. A savoir, comment nos sociétés riches se positionnent par rapport à ce type d’évènements médiatico sportifs. Par exemple, ces derniers jours, à l’occasion du décès du motard Fabrizzio Méoni, sur toutes les chaînes, on eu droit à des documents spéciaux sur sa vie, sa femme, ses enfants. Pour une petite fille africaine de 7 ans, écrasée par un camion d’assistance, cela fait deux minutes dans les JT…

- Pour ma part, c’est surtout la mort de la petite fille qui m’a interpellé. Mais ce n’est pas à moi de dicter une conduite aux médias même si, en effet, une réflexion collective ne serait pas inutile.

- Dans le fond, à qui cela profite le Dakar ? Dans «L'Afrique étranglée», publié en 1980, René Dumont écrivait : "Le rallye Paris-Dakar est indécent. Je compare cela à une bande de fêtards qui organisent un banquet, mais pas chez eux, et qui entrent chez un pauvre pour ripailler sans l'inviter à partager. (...) La vraie aventure, c'est la lutte contre la faim." Vous êtes d’accord avec ce sévère jugement ?

- Je n’irais pas aussi loin. Disons plutôt qu’il conviendrait de trouver un juste équilibre. Il est vrai, en effet, que le Dakar est une course particulière qui traverse des contrées où les populations sont particulièrement démunies. Il serait logique de veiller non seulement à leur sécurité mais aussi à ce qu’elle bénéficie de plus de retombées en termes de développement. Ce serait, en quelque sorte, le juste prix à payer pour les émotions des concurrents et des téléspectateurs.

 

 

 

(1) Il s’agit d’un chiffre donné récemment par le quotidien français «Le Monde». D’autres sources mentionnent 22 morts et d’autres encore : «Une trentaine de morts»…

  


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28/01/2005

Il y a soixante ans Auschwitz

Entretien publié dans l’hebdomadaire belge «Télémoustique», le 19 janvier 1995

Maurice Goldstein : «Personne ne pouvait imaginer ce qui nous attendait» (Dernière partie)

 

«Les plaies, c’était mauvais. Etre maigre ou pâle également.» Maurice Goldstein sent bien qu’il vaut mieux retourner au travail et, cette fois, il est affecté dans un ‘kommando’ de construction. «Lever à quatre heures du matin. Travail : pousser des wagonnets, porter des briques et des sacs de ciment jusqu’à la tombée de la nuit.» Malgré l’épuisement, cette période est rendue un peu moins rude par une nouvelle amitié avec un jeune Slovaque. «En Allemand, nous parlions littérature, musique. C’était une véritable évasion qui rendait notre situation un tout petit peu plus supportable.»

 

Mais malgré l’amitié, la priorité est de survivre. Coûte que coûte. «Nous dormions tête-bêche sur le même châlit de 70 cm de large. Mon copain slovaque trouvait le moyen de se procurer un supplément de soupe froide, le soir. Jamais il ne m’en a donné une cuiller. Mais je ne lui en ai pas voulu. Il voulait absolument survivre… »

 

En mars 1944, Maurice Goldstein est contaminé par le virus de la grippe. Fiévreux, il est transféré dans une infirmerie du bloc 9 d’Auschwitz 1. Nouveau coup de chance : son ami, le médecin tchèque, travaille désormais dans ce bâtiment. «Il m’a pris sous sa protection. Dès que mon état s’est amélioré, il m’a désigné comme infirmier. Je le suis resté jusqu’à la libération du camp.» Prendre les températures, poser quelques actes médicaux simples, laver le sol, distribuer la soupe, l’endroit ressemble à une planque. Surtout Maurice Goldstein est à l’abri du froid et des appels : «Or, moins on avait de contact avec les SS, moins on avait de coups

 

Mais pour autant, l’infirmier Goldstein prend aussi d’énormes risques en restant au bloc 9. Car malgré sa fonction, il garde le statut de «malade» et par conséquent, à tout moment, il peut être envoyé à la chambre à gaz. Jusqu’à la libération d’Auschwitz, il passera encore au travers de quatre sélections. Une sorte de roulette russe.

 

A la fin avril 1944, Maurice Goldstein apprend que son frère, malade, est arrivé de Fürstengrube. «Je ne sais comment je l’ai appris mais Max était alité avec une affection pulmonaire dans un bâtiment voisin du mien. J’ai pu le voir avant qu’il soit mis du mauvais côté lors d’une sélection. Le jour de son départ vers la chambre à gaz, j’ai pu lui donner un papier et un crayon. Je lui ai dit : «Tu vas dans le même camp que Papa, tu trouveras bien un moyen de m’écrire’. Et ils l’ont emporté.»

 

Quelques jours plus tard, Maurice Goldstein est réquisitionné, avec dix autres prisonniers infirmiers, par les SS. Il s’agit de décharger un camion pour l’hôpital des nazis. Une fois le travail accomplis, les prisonniers sont conduits dans l’ancienne chambre à gaz et crématoire d’Auschwitz 1 –cette chambre à gaz-là ne fonctionnait plus à cette époque- où ils voient des milliers d’urnes remplies de cendres. «C’était une ‘idée originale’ d’un SS. Cela l’amusait beaucoup», commente laconiquement M. Goldstein.

 

En mai, Maurice Goldstein vit encore une expérience qui le fait méditer sur la nature des hommes. «Un infirmier me donne une belle veste, bien taillée avec des lignes bien droites et des poches. Du jour au lendemain, cela change totalement ma vie à Auschwitz. J’avais une belle veste! Donc, je devais avoir un certain pouvoir. Donc, je pouvais être dangereux…»

 

En août, le dernier convoi belge arrive à Auschwitz. «J’ai pu parler à quelqu’un que j’avais connu à Bruxelles. Cette personne m’a appris que Jacques, mon frère qui avait échappé aux rafles… était mort. Il était l’une des victimes du bombardement de la place Liedts en mai 1944. Tous mes espoirs s’effondraient. Je rêvais de sortir de cet enfer, je me voyais revenir en Belgique où mon frère qui était médecin m’aurait aidé… »

 

Il y a encore des sélection jusqu’en novembre. Puis les nazis commencent à faire disparaître les traces de leurs crimes. «Ils ont brûlé des tonnes de papier et à démantelé les chambres à gaz.». En janvier 1945, des centaines de prisonniers sont encore exécutés sommairement dans le camp. Les SS décident d’«évacuer» ceux qui restent vers d’autres camps à l’ouest. Ce sera la ‘marche de la mort’ qui, dans la neige et par des températures de -15 à -20° verra disparaître près de la moitié des 62.000 personnes transférées. «J’aurais dû être avec eux mais là encore la chance était de mon côté», témoigne Maurice Goldstein. «Le 18 janvier 1945, avant le départ, tout le monde devait se mettre en rang devant les blocs. Mais ce jour-là, il y eut de nombreuses alertes aériennes. Le soir tombait. Chaque fois qu’il y avait un risque de bombardement les SS coupaient le courant électrique dans les barbelés. Nous étions donc tenus de rentrer dans les blocs pour éviter les évasions. A quatre reprises, nous sommes rentrés et sortis du bloc 9. La cinquième fois, quand on a frappé à la porte, le chef du bloc n’a pas répondu à l’ordre de sortir. Et les 350 prisonniers de ce bloc se sont réveillé le lendemain matin dans un camp vide de SS ! Une chance extraordinaire : j’étais de nouveau grippé et je n’aurais pas survécu à la marche de la mort.»

 

Avant l’arrivée de l’Armée rouge, le 27 janvier 1945, les prisonniers s’organiseront pour survivre. «On se servit notamment dans ce qu’on appelait le ‘Canada’ : 35 baraques dans lesquelles les Allemands avaient stocké tout ce qui était récupéré à l’arrivée des prisonniers. Il y avait de tout! Par ailleurs, l’eau courante avait été coupée par les bombardements. On fit donc la cuisine avec l’eau de la piscine que les nazis avaient fait construire derrière les blocs 4 et 5. Je me souviens notamment qu’on a mangé des macaronis. On avait plus vu cela depuis des années… »

 

Après la libération du camp, Maurice Goldstein revient en Belgique via Cracovie, Lublin, Odessa, Marseille et Paris.

 

 



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27/01/2005

Il y a soixante ans Auschwitz

Entretien publié dans l’hebdomadaire belge «Télémoustique», le 19 janvier 1995.

 

Maurice Goldstein : «Personne ne pouvait imaginer ce qui nous attendait» (2ième partie)

 

Point de vue hygiène, ce n’est pas plus enviable. « Pour toute commodité, il y avait un tonneau. Pour les besoins plus importants, on devait aller dans un fossé derrière le bâtiment. Il n’y avait évidemment ni papier, ni eau. On en était revenu à l’âge de la pierre.»

 

Dans un tel univers, mieux vaut toujours être sur ses gardes. Par exemple, «il faut être attentif à ne pas se faire voler ses galoches. Il faut aussi manger son pain quand on en dispose. Donc, on ne gardait surtout pas une partie de la ration du soir pour le matin suivant. C’était trop dangereux.»

 

Après quelques jours déjà, une faim profonde s’installe. «Ce n’est pas comme ce besoin que l’on ressent quand on saute un repas. Cela n’a rien à voir. Chaque cellule manque de l’essentiel. La faim occupe tout l’horizon. On en arrive à rêver de la ration de pain du soir.»

 

Au bout de quatre semaines de quarantaine, Max et Maurice Goldstein sont transférés à Fürstengrube. Un camp situé à 40 kilomètres d’Auschwitz où se trouve une exploitation minière. Affecté au fond avec un horaire de nuit, Maurice n’est pas d’abord pas trop mécontent de son sort. «On devait assister des mineurs polonais. Ceux-ci venaient travailler avec des grosses tartines recouvertes de graisse d’oie. Parfois, ils partageaient…». Malheureusement, Maurice n’a pas tiré le bon numéro : non seulement «son» Polonais ne partage pas mais en plus il le dénonce aux Allemands : «pas assez productif». Conséquence : bastonnade de 25 coups dans les reins et quelques jours sans pouvoir marcher.

 

Parmi d’autres souvenirs de  Fürstengrube, Maurice Goldstein rappelle aussi que «les prisonniers étaient obligés d’aller se mouiller le matin dans une salle d’eau qui se trouvait au milieu de la cour. Mais bien sûr, il n’y avait ni savon, ni essuie. En plein hiver, on était obligé de ressortir humide de la salle d’eau pour se présenter au kapo.» Autre activité de l’endroit, le «sport», comme disait les nazis : «C’était une sorte de drill. Notamment, on nous forçait à nous rouler dans la boue. Cela amusait le chef du camp…» De Fürstengrube, les prisonniers pouvaient envoyer une carte postale dans leur pays d’origine. Elle portait une mention stéréotypée en Allemand : «Tout va bien»…

 

Rapidement, pour Maurice, le régime de l’endroit devient insupportable. «Après une quinzaine de jours, je suis tombé malade. J’avais développé un œdème généralisé : mon corps était gonflé de partout et j’avais de la fièvre. Il n’y avait pas de médecin dans le camp, mais un infirmier qui m’a commandé un régime sans sel. Bien que, par ailleurs on exterminait des milliers de personnes tous les jours, il était possible d’obtenir un tel régime… Une semaine après, comme je n’allais pas mieux, on m’a transféré en ambulance cellulaire à Auschwitz 1. En toute logique, ce devait être ma fin. Comme tout entrant dans le camp, je devais en effet passer par la sélection et vu mon état, la décision n’aurait pas fait de doute. Mais, je ne sais pourquoi, ce jour-là, je n’ai pas été examiné par un médecin SS et je me suis retrouvé avec d’autres prisonniers malades à l’infirmerie du bloc 28.»

 

C’est là que Maurice Goldstein fait la connaissance d’un médecin tchèque. Un communiste d’une trentaine d’année, arrêté dès 1939, et qui avant Auschwitz avait déjà connu Buchenwald. «J’ai dit à cet homme que j’étais étudiant en médecine. C’était faux mais il m’a cru. Et comme il adorait la langue française, cela faisait deux bonnes bases pour entamer une relation d’amitié.» Deux semaines inespérées de report remettent Maurice Goldstein sur pied. Mais c’est alors que les SS réapparaissent. Tous les malades de l’infirmerie doivent se mettre en rang. Nus. En quelques minutes, une nouvelle sélection s’opère entre ceux qui iront à la chambre à gaz et ceux qui seront jugés «aptes au travail.»

 

La suite de ce récit sera postée demain.



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A lire dans Ciné-Télé Revue (270105)

A lire cette semaine dans Ciné-Télé Revue
 
Un entretien avec Marc Spruyt, animateur du site internet "Blokwatch" et auteur de plusieurs ouvrages sur le Vlaams Blok.  
 
 
 
 

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26/01/2005

Il y a soixante ans Auschwitz

 

Entretien publié dans l’hebdomadaire belge «Télémoustique», le 19 janvier 1995.

 

Maurice Goldstein : «Personne ne pouvait imaginer ce qui nous attendait» (1ère partie)

 

Quand je l’ai rencontré, Maurice Goldstein était président du Comité international Auschwitz. Aujourd’hui, il n’est plus parmi nous. Voici comment ce rescapé du camp d’extermination mis en place par les nazis avait tenté de m’expliquer l’enfer sur terre. Dans la mesure où l’enfer est racontable…

 

«Quand j’ai été arrêté par les nazis, le nom d’Auschwitz ne me disait absolument rien. Je crois que c’était la même chose pour l’immense majorité des déportés. Nous ignorions tout de l’inimaginable cauchemar qui nous attendait en Pologne». Il y a cinquante ans de cela… Mais le baron Maurice Goldstein n’a rien oublié. Et d’abord pas ce petit matin du 4 septembre 1944 : «Il était six heures. Un gestapiste allemand et un collaborateur belge sont venus à notre domicile, boulevard du Midi à Bruxelles. J’y vivais avec Hélène, ma femme qui était enceinte. Nous avons pu prendre une petite valise et on nous a emmené dans une voiture noire jusqu’au locaux de la Gestapo, avenue Louise. J’y ai retrouvé mes parents et Max, mon frère aîné. Ils avaient tous été arrêtés à peu près en même temps».

 

Les nazis sont pressés d’atteindre leurs quotas de déportés. Dès l’après-midi de ce 4 septembre, la famille Goldstein est transférée à la caserne Dossin à Malines : dans notre pays, c’est l’antichambre d’Auschwitz. «On nous y a mis dans une grande salle avec une centaine d’autres personnes. Il y avait une promiscuité inhabituelle. Des problèmes d’hygiène. Et déjà les cris, les coups et les insultes des SS…».

 

Le 19 septembre, Maurice Goldstein et ses proches font partie du 22ème convoi de 1425 personnes déportées à Auschwitz. «On ne savait toujours rien de l’endroit ou nous allions. Pour nous mettre en confiance, on nous avait ordonné d’emporter toutes nos affaires. Le voyage a duré trois jours et trois nuits. Nous étions une centaine dans un wagon à bestiaux. Les places près des rares ouvertures grillagées étaient très recherchées. Il n’était pas possible pour tout le monde de s’allonger. On devait manger ce que nous avions emporté nous-mêmes. Pour les besoins hygiéniques, il y avait une espèce de fût qu’on a pu vider une seule fois durant le voyage.»

 

Le 22 septembre au soir, le train s’arrête définitivement. «Les portes se sont ouvertes. Des espèces de zombies en uniformes rayés nous ont fait signe de descendre. On nous a dit de laisser nos bagages, que nos noms étaient inscrits dessus et qu’on les récupérerait. Sur le quai, on découvrait un monde inconnu, irréel. Il y avait des grands phares allumés, les aboiements des chiens et des haut-parleurs, ceux des SS. Et puis cela s’arrêtait. Il y avait alors des moments d’intense silence. On cherchait à comprendre ce qui se passait. Mais personne ne pouvait imaginer ce qui nous attendait.»

 

Comment alors une étrange sélection. Les hommes d’un côté. Les femmes et les enfants de l’autre. «Je me suis mis dans la colonne des hommes. Un SS demandait l’âge de chacun. Lorsqu’un garçon était trop jeune, il était envoyé dans le groupe des femmes. Idem pour les vieillards. Le tri a duré une demi-heure. Puis, il y eut aussi une sélection dans l’autre groupe. Au total, 179 femmes et 371 hommes avaient reçu l’ordre de rentrer à pied dans le camp. Le reste du convoi – avec ma mère et ma femme enceinte – devait monter à bord de camions. Je cherchais une explication logique à cette mise en scène. Je me suis dit qu’il était normal que les plus faibles soient motorisés… » (1).

 

Encadré par les SS et des prisonniers en uniformes rayés, les «aptes au travail» du 22ème convoi sont conduits dans l’enceinte de Birkenau. «Arrivés dans le camp, on a dû se déshabiller complètement. On pouvait juste garder la ceinture. Une fois nus, on nous a rasé les cheveux et les poils. Puis, on a été aspergé avec un produit antiseptique. Ensuite, on nous a placés à dormir, nus et sans couverture, dans une baraque de quarantaine. Le lendemain, nous étions tatoués et habillés d’un uniforme rayé ridicule. En ce voyant dans un tel accoutrement, plus personne ne se reconnaissait! Ils nous ont aussi donné un morceau de toile blanche sur lequel il y avait un triangle rouge croisé avec un triangle jaune. Cela formait une étoile de David. Puis, on a dû coudre notre numéro d’identification sur notre veste et notre pantalon. Il n’y avait plus de noms à Auschwitz-Birkenau…»

 

«Après 48 heures, nous avons enfin reçu un premier ‘repas’. Une écuelle de soupe claire pour deux personnes, avec une seule cuiller. Déjà apparaissaient les premières confrontations entre prisonniers. Qui avait mangé le plus?  C’était voulu par les nazis. Il fallait que dans cette masse de gens apparaissent des types qui commanderaient et qui taperaient sur les autres. Pour ma part, j’ai partagé la soupe avec mon frère.»

 

Durant ces premières heures, une inévitable question tracasse ceux qui sont rentrés dans Birkenau. Que sont devenus les autres ? Celles et ceux qui sont montés à bord des camions. Dans ce groupe, il y avait notamment la mère et la femme de M. Goldstein. Rapidement, d’autres prisonniers, plus anciens, donnent la terrible réponse : «Vous voyez les cheminées qui fument là-bas ? Ils ont tous été gazés et ils brûlent déjà». Maurice Goldstein se souvient : «Je me suis dit que j’étais arrivé au bout du monde. Dans l’enfer. Ici, il n’y avait plus rien d’humain.»

 

Malgré la période de quarantaine, les hommes du 22ème convoi sont mis au travail. On leur fait porter des cailloux, creuser des trous que d’autres rebouchent ensuite. Les prisonniers apprennent aussi les us et coutumes de l’endroit. Pas exemple : «Il fallait pouvoir claquer des talons et crier son numéro d’identification tant en allemand qu’en polonais. Parce qu’il y avait certains prisonniers polonais devant lesquels il fallait être aussi poli et réservé que devant les SS.» Parmi les premiers souvenirs de Maurice Goldstein, il y a aussi celui de «ces prisonniers soviétiques obligés de courir dans le camp. En loques. Battus. Affamés. Ces hommes avaient été réduits à l’état animal.»

 

Mais pour les survivants du 22ème convoi, la situation n’est pas plus enviable. «On logeait dans des anciennes écuries. C’était des bâtiments en bois. Comme mobilier, il y avait des châlits sur quatre niveaux, d’une profondeur de 3,5 mètres. On y mettait de 6 à 10 prisonniers l’un à côté de l’autre avec des couverture en commun qu’il fallait plier au carré après le lever. Le matin, on recevait une boisson tiède sucrée à la saccharine. Les SS appelaient cela ‘café’ ou ‘thé’, mais ce n’était jamais l’un ou l’autre. A midi, il y avait un demi-litre de soupe par personne. C’était un liquide infect dans lequel il n’y avait jamais un morceau de viande ou un légume convenable. Enfin, après l’appel du soir, on ‘touchait’ un morceau de pain de 225 grammes. Deux fois par semaine, on avait droit à une tranche de saucisson et à une petite portion de fromage. Le tout équivalait à 1100 calories. Un régime qui vous faisait perdre le quart de votre poids en quelques semaines…»

 

La suite de ce récit sera postée demain.


10:38 Écrit par michelbouffioux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |